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    Un an après, les Rohingyas traumatisés

    Les Rohingyas continuent de vivre dans des conditions déplorables dans des camps de réfugiés. ®MSF

    Il y a un an, jour pour jour, commençait l’exode massif des Rohingyas vers le Bangladesh, cette minorité musulmane victime de « nettoyage ethnique » en Birmanie selon l’ONU, 700 000 d’entre eux ont trouvé refuge dans des camps au Bangladesh, de l’autre côté de la frontière, après avoir subi les violences des militaires birmans. Et un an après, les traumatismes sont encore présents, notamment pour les femmes qui ont eu un enfant né d’un viol. Reportage de notre envoyée spéciale sur place, Eliza Hunt.

    À l’intérieur d’un abri en bambou, en contrebas d’une colline en terre, une femme rohingya donne le sein à une petite fille, l’enfant a la peau claire, bien différente de celle de son frère, qui dort à côté, nu, sur un drap étendu à même le sol.

    « Il était minuit environ, et beaucoup de militaires ont entouré mon village. Mon mari n’était pas à la maison. Les soldats ont cassé la porte, sont entrés. Ils m’ont violé. Cinq mois après, j’ai découvert que j’étais enceinte. »

    D’une main, elle berce sa petite fille. De l’autre, elle essuie ses yeux humides avec son voile. Car depuis la naissance de son enfant, né d’un viol par un soldat bouddhiste, sa famille et ses voisins ont pris leurs distances.

    « Je me sens tellement mal. À cause de cela, mon mari ne m’approche plus, mes voisins me considèrent comme une moins que rien. Je suis cassée à l’intérieur. Mais qu’est ce que je peux faire ? C’est mon bébé. Je dois prendre soin d’elle. »

    Dans cette société conservatrice, le viol est vu comme un événement honteux. Certaines femmes ont essayé de cacher leurs grossesses, d’autres ont eu recours à l’avortement parfois clandestin, difficile d’évaluer leur nombre.

    À quelques mètres de la, dans un autre abri, Aïcha surveille son petit garçon, suspendu dans un berceau qui se balance. Elle aussi a essayé de garder le secret.

    « On ne l’a dit à personne. Mais la semaine dernière, je me suis disputée avec ma voisine. Elle m’a alors dit : “de toute façon, tu t’es fait violer par les militaires”. J’ai répondu: “qu’est ce que tu en sais ? Tu m’as vu ?”. C’est difficile depuis mon accouchement. Dès que je regarde mon fils, je me rappelle ce que j’ai subi. Mais mon amour pour lui augmente petit à petit. »

    Pour ces deux femmes, il est inconcevable de revenir pour l’instant en Birmanie, le souvenir des horreurs vécues est trop grand et la peur encore présente. Si on revient, disent-elles, ils nous tueront.


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