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    Zimbabwe: «Mnangagwa pourrait tenter un geste vers l'opposition»

    Emmerson Mnangagwa (photo d'illustration). REUTERS/Philimon Bulawayo

    Dix mois après le coup de force de l’armée qui a contraint l’ex-président Robert Mugabe à démissionner, Emmerson Mnangagwa est officiellement le chef de l’Etat du Zimbabwe. Le président Mnangagwa a prêté serment hier, dimanche 26 août, en appelant ses compatriotes à tourner la page des élections et à se mettre au travail pour redresser tous ensemble son économie en ruines. Victor Magnani, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri), répond aux questions d’Alexandra Brangeon.

    Le président Emmerson Mnangagwa a été investi hier dimanche 26 août président du Zimbabwe. Il a désormais la légitimité des urnes. Mais est-ce une légitimité fragile ?

    Victor Magnani : Oui, tout à fait. Depuis le coup d’Etat de novembre dernier [2017], Emmerson Mnangagwa était en quête de cette légitimité et sa posture ouverte vis-à-vis de l’international notamment visait à reconquérir une sorte de légitimité. Et ces élections étaient le test principal pour obtenir une légitimité internationale. Le fait que de nombreux observateurs internationaux, de nombreux journalistes étrangers étaient présents pour cet évènement-là devait participer à cette nécessité de légitimité. Effectivement, elle est fragilisée parce que les évènements ne se sont pas passés aussi bien qu’il le souhaitait. On pense essentiellement à cette journée du 1er août qui a été sanglante avec une intervention militaire dans les rues de Harare. Bilan : six morts, au moment où les observateurs étaient présents. Les journalistes ont couvert ces évènements. Les images ont été diffusées dans beaucoup de pays étrangers, et cela a très certainement terni la légitimité recherchée par le président actuellement.

    D’autant plus qu'Emmerson Mnangagwa a été reconnu vainqueur par la Cour constitutionnelle avec 50,8% des voix, une avance très faible. Est-ce que cela ne va pas poser problème pour lui gouverner ?

    Oui. C’est évident, il a emporté cette élection avec une très courte majorité. Donc il va devoir composer maintenant avec un pays qui s’est montré très divisé durant cette campagne électorale. L’opposition représente une part importante : Nelson Chamisa a obtenu 44% des voix, un score extrêmement conséquent. En termes de voix, c’est également bien plus important que ce qu’avait réalisé Morgan Tsvangirai, son prédécesseur. Donc l’opposition monte en puissance, a une légitimité importante et aura son mot à dire dans l’avenir politique de ce pays. Et Emmerson Mnangagwa sera obligé de composer avec cette composante-là.

    Quand vous dites « obligé de composer » avec l’opposition, est-ce que cela veut dire qu'Emmerson Mnangagwa pourrait inclure dans son gouvernement des membres de l’opposition ?

    Certains estiment qu’il serait nécessaire, qu’il serait bon pour une idée de réconciliation au Zimbabwe d’inclure certains membres de l’opposition, mais il n’en a pas la nécessité. Le Parlement est largement acquis à la cause de la Zanu-PF. Il est assez difficile d’imaginer qu’il puisse le faire. Ceci dit, on indiquait que sa légitimité est écornée en raison de ce qui a pu se passer durant ces élections et à la suite des élections, notamment la lenteur avec laquelle les résultats ont été annoncés. Oui, peut-être pour récupérer un petit peu de crédit, il pourrait être tenté de tendre la main à l’opposition et ce serait un geste d’ouverture qui pourrait être salué et rassurer notamment la communauté internationale.

    Vous parliez de l'importante présence des militaires dans son gouvernement quand il est arrivé au pouvoir en novembre dernier, qui avait un peu effrayé la communauté internationale. A quoi on peut s’attendre aujourd’hui ? Est-ce que ces militaires seront toujours aussi présents ?

    C’est la grande question qu’on se pose quand on essaie de comprendre les jeux de pouvoir à la tête de l’Etat zimbabwéen. Il faut rappeler déjà qu’Emmerson Mnangagwa est revenu aux affaires politiques au Zimbabwe en fin d’année dernière grâce à une intervention militaire. De nombreux militaires ont été nommés au sein du gouvernement. On pense notamment à Constantino Chiwenga, qui était le commandant des forces armées sous Robert Mugabe, qui est désormais le vice-président. C’est une personnalité-clé qu’il faut étudier pour savoir qui prend les décisions dans ce pays. Le 1er août, c’est une intervention militaire qui est venue réprimer l’opposition. Il y a aussi le témoignage de l’influence de l’importance que peut avoir l’armée dans les questions politiques de ce pays.

    La présence militaire va-t-elle être le test pour savoir s'il s'agit d'un nouveau régime ?

    En tout cas, ces élections ont été un test. On le savait que si la Zanu-PF était contestée, fragilisée, il serait important d’observer de très près quelle serait la réaction de l’armée. Je crois que cette intervention militaire de soldats dans les rues pour réprimer une manifestation de l’opposition, c’était justement le signal que l’armée avait un rôle extrêmement important et serait directement impliquée dans la sphère politique. Emmerson Mnangagwa est revenu justement dans son discours d’investiture en disant qu’il y aurait une enquête qui aurait lieu et qu’il essaierait de déterminer les responsabilités. Je crois que tout le monde attend de savoir quelles sont les responsabilités.

    Lors de son discours d’investiture, il a beaucoup été question de relance de l’économie. Est-ce que cela va être son principal défi ?

    Tout à fait. Depuis qu’il est à la tête du pays, il a fait face à une situation économique exsangue. Je mets des guillemets sur le fait qu’il a « hérité » puisqu’il était lui-même associé au gouvernement précédent sous Robert Mugabe. Il est aussi redevable de cette situation économique. Mais aujourd’hui, quoi qu’il en soit, il fait face à un pays qui est dans un état assez critique d’un point de vue économique avec néanmoins beaucoup de potentiel, beaucoup d’attente de la part notamment d’investisseurs étrangers qui se tiennent prêts à investir dans ce pays et qui attendaient depuis le coup d’Etat de voir quelle serait la direction prise en termes politique, mais aussi en termes économiques. Bien sûr, c’est la priorité d’Emmerson Mnangagwa. Il a fait campagne sur ce thème-là. Je crois que c’est l’attente aujourd’hui de savoir si les investisseurs ont été convaincus ou pas par ce qu’ils ont pu observer jusqu’à présent, et si Emmerson Mnangagwa sera capable de les rassurer et de leur indiquer que des réformes importantes seront mises en place, et que les investissements seront sécurisés.


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