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    Portrait de Shahidul Alam

    Le célèbre photographe bangladais Shahidul Alam, âgé de 63 ans, fait un geste dans un hôpital de Dhaka le 8 août 2018. AFP

    A l'approche des élections législatives prévues en décembre, la répression se durcit au Bangladesh contre toute voix dissidente. Coup de projecteur sur Shahidul Alam, un grand nom du photojournalisme dans son pays et à l'échelle internationale, qui a été arrêté le 5 août puis mis en examen pour avoir critiqué le gouvernement.

    Le photographe et militant Shahidul Alam, n'en était pas à son premier coup de gueule lorsque la chaîne qatarie Al Jazzeera l'a contacté début août pour commenter les manifestations étudiantes. Une vague de protestation s'est propagée à tout le pays après la mort de deux lycéens percutés par un bus qui roulait trop vite. Dans l'interview, le célèbre photographe et défenseur des droits de l'homme explique que la colère des manifestants va bien au-delà du problème de l'insécurité routière.

    « Le pillage des banques, des médias baillonnés, des coupures de réseaux sur la téléphonie mobile, des exécutions extra-judiciaires, des disparitions forcées, le racket et la corruption à tous les niveaux, y compris dans l'éducation. C'est une liste sans fin ! Tout cela a accumulé les frustrations jusqu'à ce que la colère explose. »

    Et pour illustrer l'une des nombreuses dérives du pouvoir, Shahidul Alam cite l'exemple des quotas dans le service public qui a provoqué d'importantes manifestations dans le pays.

    « Ce système de quota permet uniquement aux gens qui sont proches du parti au pouvoir d'obtenir un emploi dans le service public et cela de manière tout à fait disproportionnée. Les manifestations contre ces quotas ont été violemment réprimées. Vous ne pouvez pas mater une nation tout entière. Et puis il y a bientôt des élections. Et à mesure que leur date approche, le degré de nervosité des autorités augmente. Ils savent très bien que si les élections sont libres et équitables, ils perdront. Ils n'ont de toute façon aucune stratégie de sortie ».

    La réaction des autorités ne s'est pas fait attendre. Au lendemain de la diffusion de cette interview, 25 policiers lourdement armés font irruption au domicile du photojournaliste à Dacca. Durant son audience il dénonce la brutalité policière lors de son arrestation. Placé d'abord en détention provisoire, il est mis en examen pour des « propos provocateurs », au titre de l'article 57 de la loi sur les technologies de l'information et de la communication. Une loi taillée sur mesure selon ses détracteurs afin de museler les dissidents et les journalistes.
    Son amie de longue date également militante des droits de l'homme, Kushi Kabir, revient sur la carrière de Shahidul Alam.

    « Il est très connu aussi bien ici au Bangladesh que dans le monde. Il a remporté une multitude de prix internationaux et en tant que jury, en a décerné beaucoup dans des concours de photographie à travers le monde. Il a fait de la photographie un métier, en fondant la première école de photo au Bangladesh. Un très grand nombre de jeunes journalistes y ont été formés. Mais Shahidul est aussi un militant, il aidait les enfants des rues à s'en sortir en leur enseignant la photo. Certains en ont même fait leur métier. En ce sens c'est vraiment quelqu'un d'exceptionnel ».

    Un professionnel très populaire au Bangladesh, l'un des pays les plus pauvres et les plus peuplés au monde. Toujours très proche des gens, il n'a eu de cesse durant sa carrière de 40 ans de dénoncer les multiples violations des droits de l'homme dans son pays. Sur la guerre d'indépendance de 1971, des cas de disparitions forcés, de meurtres extrajudiciaires, et bien d'autres affaires qui n'ont jamais été résolues. Kushi Kabir :

    « Nous élevons nos voix pour nous faire entendre et faire comprendre aux autorités que nous sommes au courant des dérives. Pour moi c'est ça la démocratie. Nous avons toujours considéré que la justice, le système judiciaire devait faire leur travail et juger les responsables. Shahidul est quelqu'un qui a le courage de soulever les questions sensibles, des sujets que d'autres n'osent même pas aborder et c'est ce qui fait sa popularité. Nous voulons que le gouvernement rende des comptes et nous voulons la démocratie. »

    L'arrestation de Shahidul Alam a suscité une vague de protestation dans le monde entier. De nombreuses personnalités, prix Nobel de la paix, acteurs, anciens chefs d'État se sont mobilisés ces dernières semaines pour demander la libération immédiate et inconditionnelle du photographe qui risque -s'il est jugé -une peine de 14 ans de prison.

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