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    L'Argentine taxe le blé, la Russie y renonce

    Vue d'un silo de blé dans un champ près de la route 36, à la périphérie de San Agustin, dans la province de Cordoba, à 713 km au nord-ouest de Buenos Aires, en Argentine, le 20 janvier 2011. DIEGO LIMA / AFP

    L'Argentine vient de décider de taxer ses exportations de produits agricoles, pour renflouer les caisses de l'Etat. La Russie vient au contraire de renoncer à toute mesure qui pourrait ralentir ses exportations de blé.

    Quasi simultanément, deux grands fournisseurs de produits agricoles prennent des décisions opposées qui ont déjà un impact sur les marchés du blé. L'Argentine vient d'imposer des taxes sur ses exportations de produits agricoles, 4 pesos par dollar exporté. Au cours actuel de la monnaie argentine cela correspond à une taxe de 10 % sur le blé, le maïs, le boeuf, la graine de soja, et une augmentation de celle qui existait déjà sur les tourteaux et l'huile de soja, dont l'Argentine est le premier exportateur mondial.

    Revirement de Mauricio Macri

    Un revirement total de la part de Mauricio Macri, le président argentin s'était empressé à peine investi de faire plaisir aux agriculteurs en supprimant les taxes qui avaient longtemps limité les exportations de céréales sous les présidences Kirchner. Il a reconnu lundi que c'étaient de « très mauvaises taxes », mais qu'il y avait « urgence » face au déficit budgétaire et qu'elles seraient « levées dès que l'économie argentine serait stabilisée ».

    Cette mesure attendue dès vendredi par les marchés a dans un premier temps fait grimper les cours du blé et du maïs, dont l'Argentine est respectivement le 6ème et le 3ème exportateur au monde. On s'attend en effet à ce que les fermiers argentins diminuent leur contribution au marché mondial, parce que leurs exportations sont désormais moins rentables.

    Blé russe : 40 % d’exportations supplémentaires cet été

    Mais lundi, le marché du blé a dû encaisser une tout autre nouvelle en provenance du premier fournisseur mondial, la Russie. Après beaucoup d'atermoiements Moscou annonçait qu'il n'y aurait aucune contrainte sur les exportations de blé russe. Elles vont à un tel rythme depuis deux mois ( 40 % de ventes supplémentaires en juillet et août par rapport à l’an dernier ) qu'elles pourraient pourtant menacer à terme l'approvisionnement des Russes en céréale : la production est belle mais tout de même pas aussi abondante que l'an dernier. Pourtant la réunion du ministre de l'Agriculture avec les exportateurs a conclu qu'il n'y aurait ni taxe ni quota d'exportation pour ralentir les ventes russes à l'étranger. Cette nouvelle a eu l'effet d'une douche froide sur les cours européens qui avaient tendance à la surchauffe : mardi, le blé est repassé sous les 200 dollars la tonne.


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