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    La prochaine crise viendra-t-elle des pays émergents ?

    A Buenos Aires, un homme brandit une liasse de la monnaie argentine, le peso. REUTERS/Marcos Brindicci

    Les monnaies des pays émergents sont toujours en déroute face au dollar. Leurs marchés d'actions commencent à être contaminés. Cette tempête encore très localisée peut-elle provoquer une crise financière globale?

    Il y a bien une épidémie mondiale qui gangrène les économies des pays émergents. Des Philippines à la Turquie en passant l'Indonésie ou l'Afrique du sud, l'Argentine étant le cas le plus dramatique, tous ces pays voient depuis quelque temps leur monnaie flancher face au dollar. Toutes sont confrontées au même problème. Le billet vert étant, selon la maxime chère aux Américains, «la monnaie des Etats-Unis et le problème des autres pays». Un problème très aigu depuis que la Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-Unis a décidé de relever ses taux d'intérêts. Les investisseurs se sont donc remis à acheter des valeurs américaines et cela a propulsé le dollar.

    Pourquoi cette hausse du dollar est-elle particulièrement néfaste dans les pays émergents?

    La plupart de ces pays ont financé leur croissance ultra rapide en empruntant en dollar. Quand le dollar grimpe face à leur monnaie qui se déprécie, le remboursement de leur dette leur coûte de plus en plus cher et cela alimente la tendance baissière. Et leur dette a considérablement gonflé depuis la crise de 2008 ; elle a plus que doublé en dix ans, passant de 2 800 à 6 400 milliards de dollars pour un ensemble de 21 pays émergents. Enfin, dernier point commun à pas mal de ces pays, ils accusent souvent un déficit de leur compte courant: quand le dollar monte, leurs importations de pétrole ou d'autres biens facturés en billet vert deviennent là aussi beaucoup plus coûteuses.

    Ces pays considérés comme très prometteurs peuvent-ils résister à cette tempête monétaire?

    Comme l'a dit très justement le nouveau ministre égyptien des Finances oui mais jusqu'à une certaine limite. La plupart de ces pays en train de sortir du sous-développement sont en bien meilleure forme aujourd'hui qu'il y a dix, voire vingt ans. Mais chacun d'entre eux a ses propres fragilités. En Afrique du Sud le rand s'affaiblit à cause de la récession et de la déception causée par les choix économiques du nouveau président Ramaphosa ; en Turquie, Recep Tayyip Erdogan avec son discours et sa politique monétaire fantasque est en grande partie responsable de la chute de la lire, tandis que le peso argentin souffre de la défiance historique des Argentins à l'égard de leur propre monnaie. Toutes ces vulnérabilités, les investisseurs les ont longtemps négligées, mais maintenant que le marché américain est redevenu très attractif, ils ne voient plus que ce qui va mal.

    Il y a une soudaine crise de confiance dans tous ces pays?

    Une crise qui se réplique d'un pays à l'autre. Et que Donald Trump exacerbe avec son discours de va-t-en guerre contre la mondialisation qui leur a souvent profité. Mais ce n'est pas un virus qui se propage sur les marchés financiers comme les subprimes en 2008. Pour certains analystes, les émergents sont en train d'apprendre à se passer de l'argent facile qu'ils ont connu depuis dix ans. Ce sevrage est violent et il malmène donc leur monnaie mais cela n'a rien à voir avec la crise asiatique déclenchée à la fin des années 90. Les risques de contagion sont toutefois bien réels. Hier, mercredi, les bourses européennes étaient orientées à la baisse, en partie à cause des craintes suscitées par ces émergents. Parce que les Européens exportent beaucoup dans ces pays-là.

    ►En bref,

    Les crypto-monnaies comme le bitcoin dégringolent

    Et cette fois le dollar n'est pas responsable. La banque américaine Goldman Sachs a déclenché cette tendance baissière en annonçant qu'elle reportait l'ouverture d'un bureau dédié aux transactions de ces nouvelles monnaies. Résultat : -12% pour le bitcoin, qui a entraîné les autres monnaies cryptées dans sa chute.

    En mer Rouge, un navire marchand éthiopien a accosté hier dans le port érythréen de Massawa et c'est un évènement historique.

    Cela n'a l'air de rien mais c'est une première depuis vingt ans. Un nouveau signe tangible du réchauffement des relations entre les deux voisins est-africains. Le bateau est venu charger une cargaison de zinc érythréen destiné à la Chine.

    Starbucks ouvre aujourd'hui en Italie sa première boutique, dans la ville de Milan. Oser proposer un café long au royaume de l'expresso, c'est un pari risqué et c'est le nouveau défi que la chaîne américaine s'apprête à relever.

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