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    La mémoire des images

    Alain Dister à San Francisco dans les années 60 Alain Dister Estate

    Que vont devenir les monceaux de photographies et de vidéos conservées sur nos téléphones, nos ordinateurs, nos disques durs ou en ligne, dans les nuages ? C’est en partant de cette question simple qu'Arnaud Contreras a choisi de nous proposer cet essai radiophonique. Il mêle l’intime, son amitié avec le photographe et écrivain Alain Dister, et l’universel, un questionnement sur la mémoire à l'ère numérique.

    « Il y a 10 ans, sur son lit de mort, mon ami Alain Dister m'a demandé de m’occuper de ses archives, de ses photos, pour qu’elles ne meurent pas. Avec sa femme et plusieurs autres proches, nous avons entamé un long travail de conservation et de réflexion autour de la postérité de cet auteur hors normes.

    Né en 1941 Alain Dister était photographe, écrivain, passeur de cultures. En 1965, il part à pour New York, file ensuite vers San Francisco, appareil photo en bandoulière. Les beaux hasards de la vie et sa curiosité ont fait qu’il a très vite rencontré les plus grands musiciens, écrivains, activistes du mouvement hippie.

    Il vivotait en envoyant en France des images et des articles sur le Summer of Love, la révolution culturelle américaine des années 60.

    Lorsque je me plonge dans les images d’Alain, je vois les photos des musiciens qu’il a cottoyé, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Pink Floyd, Frank Zappa. Je vois des images de soirées avec les grands penseurs de la beat generation, Allen Ginsberg, Michael Mc Clure. Mais je vois surtout des centaines d’inconnus, ce public de concerts, de festivals, de réunions qu’il a photographié pendant 50 ans. Et c’est vertigineux.

    Quand Alain m’a demandé que ses images ne meurent pas, il m’a aussi peut-être demandé que ces visages d’inconnus ne disparaissent pas.

    Une foule californienne dans les années 60 @ Alain dister Estate

    Je suis documentariste, photographe, mais quand Alain est mort en 2008, je n’y connaissais absolument rien en conservation et en transmission des images.

    J’ai dû apprendre sur le tas, et je me suis surtout rendu compte que cette histoire nous concerne tous. Cette envie que l’oeuvre d’Alain ne disparaisse pas dans des tiroirs, des boîtes ou des caves m’a amené à me poser des dizaines de questions.

    Que fait-on de nos images, de nos photographies ? Que faire de toutes les images que nous prenons avec nos téléphones, nos tablettes, nos appareils photos ?

    Est-ce que c’est si important que cela de conserver nos images ?

    Je n’ai toujours pas de réponses, mais j’ai rencontré de nombreuses personnes qui toutes, d’une manière où l’autre, se sont elles aussi posées ces questions. »

    Avec :


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