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    A la Une: comment lutter contre la pauvreté ?

    En France, le nombre de SDF a augmenté ces treize dernières années de 50%. Près de 2 sans abri sur 5 sont des femmes. AFP/Joel Saget

    En France, près de 9 millions de personnes, dont 3 millions d’enfants, vivent sous le seuil de pauvreté, soit 14% de la population. Pour ces ménages, dont le niveau de vie est inférieur à 1 015 euros par mois, les prestations sociales dans leur ensemble représentent 41% de leur revenu en moyenne. Et sans ces prestations, il y aurait 22% de pauvres, soit près d’un Français sur quatre.

    C’est dire tout l’enjeu du plan pauvreté qui sera dévoilé ce jeudi par le gouvernement. Nous allons y revenir.

    Tout d’abord, s’interroge Le Parisien, « comment fait-on pour joindre les deux bouts quand on dispose de si maigres revenus, voire moins ? » Le Parisien a recueilli plusieurs témoignages. « Il s’agit d’abord de faire une croix sur des plaisirs simples comme aller au cinéma, voyager, faire du shopping… Quand cela ne suffit pas, des besoins élémentaires sont sacrifiés : se déplacer, se laver, s’éclairer… Même l’alimentation y passe. “C’est loin d’être un poste de dépense sanctuarisé, auquel on ne toucherait qu’en dernier recours, souligne le Secours populaire. Au contraire, face aux dépenses contraintes comme le logement et l’énergie, c’est souvent la seule variable d’ajustement”. »

    On compte les centimes…

    Le Parisien a rencontré Suzanne, mère célibataire de 30 ans. « Victime d’un licenciement, cette ancienne vendeuse en boutique, qui a épuisé ses droits au chômage, vit avec 1 100 euros de prestations sociales par mois. “Quand je travaillais, on ne manquait de rien. Maintenant, on essaie de survivre avec ce qu’on a”, résume-t-elle. Avec un loyer de “500 euros après les allocations” et “plein de charges à côté”, cette résidente en HLM doit faire face à des fins de mois extrêmement difficiles. “On se demande toujours comment on va y arriver. On compte les centimes, quand on les a !”, souffle cette trentenaire parisienne. »

    Toujours dans Le Parisien, il y a aussi le témoignage de cet étudiant parisien en philosophie, Jonathan : en rupture avec sa famille, il n’a aucun revenu. Il est hébergé par une association dans le Val-de-Marne et espère décrocher une bourse de 550 euros par mois. « Son objectif : trouver un boulot étudiant et avoir de quoi se payer plus que les deux repas par jour fournis par la structure qui l’accueille. »

    Combattre le mal à la racine ?

    Alors, « le président des riches se penche sur les pauvres » : c’est le grand titre de Libération.

    « Reporté avant l’été, le plan pauvreté annoncé ce jeudi par Emmanuel Macron met l’accent sur les racines du problème, dès l’enfance, et entend lutter contre l’exclusion par une logique d’émancipation. »

    En effet, précise Libération, ce plan « comprend un volet important consacré à l’éducation et à la petite enfance. Objectif : combattre la reproduction de la pauvreté de génération en génération. Figurent ainsi une aide à la parentalité, des soins facilités pour les mères et les très jeunes enfants pauvres, un soutien aux centres sociaux qui font de l’aide aux devoirs, des activités d’éveil et de l’accès à la culture dans les quartiers défavorisés, une tarification sociale dans toutes les cantines scolaires (y compris dans les communes de moins de 10 000 habitants), ou encore l’obligation faite aux pouvoirs publics d’accompagner vers des qualifications et l’emploi des jeunes de 16 à 18 ans qui sortent du système scolaire sans formation ni diplôme. […] L’autre volet de ce plan, croit encore savoir Libération, porte sur le soutien aux pauvres qui travaillent. Le Président devrait confirmer une revalorisation progressive de la prime d’activité qui va aboutir d’ici à 2021 à un gain de pouvoir d’achat de 80 euros par mois pour une personne au SMIC. Enfin, une aide importante est prévue pour soutenir les entreprises et les associations qui font de l’insertion par l’activité économique. »

    Faut-il se contenter d’aider chacun à gravir les barreaux ?

    Pour Libération, tout cela ne suffira pas… « L’émancipation individuelle » et « le renforcement de l’égalité des chances » sont « des soucis louables. Mais, estime Libération, à moins que tous les pauvres, à courte échéance, réussissent à se hisser dans la classe moyenne grâce aux mesures prises, on doit craindre qu’il en reste beaucoup en bas de l’échelle sociale. Faut-il se contenter d’aider chacun à gravir les barreaux, ou bien s’efforcer aussi de réduire la distance entre lesdits barreaux ? Autrement dit, ne doit-on pas se fixer aussi comme objectif d’assurer à tous les citoyens les moyens de mener une vie digne, même s’ils ne sortent pas de leur condition ? »

    « Voilà l’approche macroniste de la pauvreté, s’exclame La Marseillaise : quand on veut s’en sortir, on peut. Et si ce fléau persiste, n’est-ce pas la faute des intéressés et du système de protection sociale qui les maintient dans leur condition, distribuant sans mesure un “pognon de dingue ? A nier le déterminisme social, à renvoyer sans cesse l’individu à sa seule responsabilité, réglera-t-on, enfin, la pauvreté comme entendent le faire les libéraux ? Rien n’est moins sûr, estime La Marseillaise. Pour s’attaquer aux racines du mal, c’est le logiciel même du libéralisme qu’il faut remplacer. »

    La Nouvelle République du Centre Ouest n’y croit guère non plus… ‘Les nombreuses ponctions réalisées depuis le début du quinquennat dans le domaine social et le pouvoir d’achat de certains de ces plus fragiles ont quasiment déjà condamné Emmanuel Macron à rester dans son rôle de Jupiter. Et les Marcheurs ont beau annoncer vouloir retrouver l’esprit de Michel Rocard, il est difficile d’imaginer que ce plan pauvreté contienne une annonce à même de faire changer le regard des Français sur le chef de l’État.

    L’Etat peut-il tout ?

    Enfin, L’Opinion n’a pas tout à fait la même approche : ‘qu’en 2018, la France compte près de 9 millions de pauvres, dont 20 % chez les moins de 18 ans, est un pur scandale. Mais il en cache un autre, plus dérangeant encore, pointe le quotidien libéral : au fond, la majorité des beaux esprits adeptes des envolées misérabilistes se contentent de cette situation, réclamant des milliards d’euros supplémentaires pour soulager leur conscience. Qu’importe si les résultats ne suivent pas, déplore encore L’Opinion, l’essentiel est de préserver son petit confort doctrinal. On feint de croire que taxer les riches soulage les plus démunis. […] Et que l’Etat peut tout.

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