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    Algérie: les nouvelles dynamiques entrepreneuriales

    En Algérie, le secteur du bâtiment et des travaux publics est privé à 90% (photo : Alger le 12/09/2018), selon la présidente du Forum des chefs d'enterprises. ©REUTERS/Ramzi Boudina

    Alors que le pétrole et le gaz représentent encore 98% des exportations algériennes et le tiers de son Produit intérieur brut, le FCE, le Forum des chefs d'entreprises, la principale organisation du patronat, fait depuis quelques mois la promotion d'une « économie diversifiée », notamment auprès des opérateurs français. Le FCE a organisé le jeudi 13 septembre à Paris des échanges autour du thème : « Les nouvelles dynamiques entrepreneuriales ».

    Longtemps dominée par l’exploitation des hydrocarbures par la Sonatrach, un grand groupe public, l’économie algérienne a vu le secteur privé se développer depuis quelques années, selon Nacira Haddad, Vice-Présidente du FCE. « Le secteur privé est aujourd’hui déterminant. Il est majoritaire dans la création de richesses. Il y a plus de 65% dans la création d’emplois. Il est majoritaire dans beaucoup de secteurs d’activités. Le secteur de l’agro-industrie est entièrement privé. Le secteur du bâtiment et des travaux publics est privé à 90%. Et l’économie numérique ou la nouvelle économie, elle est par définition privée. »

    Les jeunes algériens et la culture d’entreprise

    Le numérique, l’un des secteurs dans lequel les jeunes entrepreneurs font de plus en plus leurs armes. Il est encore difficile d’insuffler la notion d’entrepreneuriat auprès des jeunes, même si « les jeunes commencent à se dire : plutôt qu’être salarié, je peux aussi créer une entreprise et moi-même créer des emplois », explique Mohammed Skander, président du Jil’FCE, la section dédiée aux jeunes au sein de la principale organisation du patronat algérien. Pour lui, « c’est un vrai phénomène aujourd’hui qui n’est peut-être pas si visible vu de l’étranger, mais qui à l’intérieur est de plus en plus important. Les jeunes commencent à découvrir aussi qu’après un échec on continue, parce qu’il y avait toute une phase où après un premier échec, les jeunes avaient tendance à rejeter la faute sur l’environnement, en disant que l’Etat ne les aide pas. Mais ça change aujourd’hui, les jeunes ont intégré cette dimension que pour réussir une entreprise, il faut peut-être plusieurs tentatives. Je pense que c’est là où on peut dire qu’on est en train de remporter un défi. » Il faudra encore que cette tendance se confirme sur la durée, avec un entrepreneuriat dynamique dans tous les domaines.

    Des difficultés à se projeter à l’international

    L’économie algérienne est aujourd'hui diversifiée, même si les caisses de l'État sont encore tributaires des hydrocarbures, selon Jean-Philippe Duval, Associé PwC en charge des activités Advisory en Afrique francophone. « Il y a une diversification de l’économie en Algérie. Il y a un secteur des services fort, un secteur du pétrole beaucoup moins fort par rapport aux années précédentes. L’économie algérienne a été résiliente. Mais plusieurs questions se posent, qui ne sont pas liées pour moi au pétrole : c’est d’abord le secteur industriel. Quel pourcentage doit-il avoir dans l’économie ? Deuxièmement, c’est la capacité de l’Algérie à exporter – on pense que c’est un élément extrêmement important de changement culturel et qui revient à son entrepreneuriat. Comment l’entrepreneur réussit à aller conquérir de nouveaux marchés ? Et c’est enfin la compétitivité de l’industrie algérienne par rapport à des produits manufacturés, par exemple en Chine. »

    Avec une population de 40 millions d’habitants, l’Algérie est un marché à taille significative pour ses entreprises, qui doivent en revanche améliorer les techniques de commercialisation pour conquérir de nouveaux marchés.


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