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    Présidentielle au Cameroun: Joshua Osih, candidat du Social Democratic Front (SDF)

    Joshua Osih, le nouveau candidat du SDF. Joshua Osih/Wikimedia/CC

    Il est l'un des favoris à la présidentielle du 7 octobre au Cameroun. Logique, Joshua Osih est le candidat du Social Democratic Front, SDF, le premier parti d'opposition à l'Assemblée nationale. Joshua Osih, 49 ans, reprend le flambeau laissé par l'opposant historique John Fru Ndi et annonce que, s'il est élu, le salaire minimum sera multiplié par cinq. N'est ce pas une promesse démagogique ? En ligne de Yaoundé, le député Joshua Osih est notre invité.

    Vous êtes neuf candidats à cette élection, pourquoi pensez-vous être le mieux placé ?

    Je suis issu d’une formation politique, qui a une certaine expérience, je suis passé par des primaires et un congrès électif. Il n’y a que deux candidats qui ont une expérience élective et politique dans cette élection, c’est le président sortant Paul Biya et moi-même et je pense que mon expérience au niveau de l’Assemblée nationale, au niveau communal et en entreprise me permet de penser que je suis le mieux placé ou le mieux outillé pour diriger le Cameroun après cette élection.

    Vous promettez aussi le changement, mais est-ce que beaucoup des Camerounais qui ont peur d’une certaine aventure ne vont pas préférer la stabilité avec Paul Biya ?

    Je pense qu’entre l’opportunité et la stabilité dans la médiocrité, il n’y a pas vraiment match, et face à cette léthargie plutôt que cette stabilité, je pense que quand vous mettez les deux faces à face, vous choisissez toujours l’opportunité.

    Vous annoncez que si vous êtes élu vous multiplierez le salaire minimum par cinq, mais n’est-ce pas irréaliste ? Comment allez-vous financer cette mesure sur le plan budgétaire ?

    Alors, sur le plan budgétaire, il n’y a absolument aucun problème, parce qu’il ne s’agit pas uniquement des salaires de l’État, mais il s’agit des salaires de tous les Camerounais. Quand vous demandez aujourd’hui à un parent s’il accepterait que son enfant travaille pour 36 000 francs par mois, ça fait un peu plus de 50 euros par mois, c’est ça le salaire minimum aujourd’hui au Cameroun, un pays immensément riche, tout simplement mal géré, il n’y a personne qui accepte. A l’Assemblée nationale, je suis vice-président de la commission des finances et du budget, j’ai une petite idée des chiffres de ce pays et je peux vous garantir qu’il n’y a absolument aucun problème pour augmenter le salaire minimum à 160 000 francs CFA, au bout de cinq ans, progressivement, afin de hisser le Cameroun au niveau de la sous-région, nous avons le salaire minimum le plus bas de la sous-région et vous ne pouvez pas aspirer à diriger un pays quand le pouvoir d’achat est aussi bas. Et ce que je crée in fine, c’est la consommation pour relancer des investissements, pour créer du travail pour les jeunes. Demain ces millions de jeunes Camerounais qui n’ont aucun espoir, qui sont perdus entre Boko Haram et des ambitions sécessionnistes pourront finalement retrouver espoir et commencer à croire en un pays qui leur donne la capacité de fonder une famille, d’avoir une vie paisible.

    Dans l’ouest anglophone, le pouvoir veut réinstaller les fonctionnaires qui ont abandonné leur poste, il promet un scrutin apaisé, est-ce que vous y croyez ?

    Je n’y crois pas du tout et je pense que c’est suicidaire de renvoyer des fonctionnaires qui n’ont pas abandonné des postes mais qui sont des déplacés internes, suite à la situation catastrophique dans ces régions. La responsabilité de ce qui se passe dans ces deux régions appartient au gouvernement camerounais et à son chef Paul Biya, il a été incapable d’apporter des solutions de gouvernance pour apaiser la situation, il a plutôt appelé à la violence et maintenant nous sommes dans une spirale de violence qui semble devenir infernale et je pense que la seule façon d’arrêter cette violence, c’est de faire partir monsieur Biya le 7 octobre prochain. Et pour ce faire, il faudrait qu’on arrive à choisir un candidat qui a des solutions pour ce problème à travers un système fédéral qui donne à toutes les régions camerounaises la possibilité de finalement lancer son développement, de finalement financer son développement local pour qu’on n’ait pas peur d’utiliser la force même de cette diversité pour notre projet commun à tous, pour notre projet national.

    Dans l’opposition, vous n’êtes pas le seul candidat, que répondez-vous à ceux qui disent par exemple que Maurice Kamto est le seul à avoir une stature de chef d’Etat ?

    J’ai un adversaire dans cette élection, c’est le président sortant, et il y a des concurrents, je ne m’occupe pas des autres candidats, nous savons en ce moment déjà, sur la base des recherches que nous avons obtenues, que le parti de monsieur Biya, la candidature de monsieur Biya ne sera probablement pas la deuxième et prendra plutôt la troisième place pour sortir de cette élection. Et donc les 7 autres partis politiques peuvent se battre pour prendre cette deuxième place pour jouer le rôle de leadeur de l’opposition après notre victoire.

    Et qui vous parait le mieux placé pour arriver deuxième derrière vous, vous pensez plutôt à Maurice Kamto, Akere Muna ou à un autre ?

    Ecoutez, mon choix serait qu’il y ait une véritable transition générationnelle comme nous l’avons réussie au sein de notre parti et que ce soit plutôt un candidat jeune, qu’un pur produit du système actuel. Il y a des candidats en course qui malheureusement sont des purs produits du système, qui ont financé leur position politique par rapport au rang obtenu dans le système actuel et qui osent utiliser l’argent de monsieur Biya pour combattre monsieur Biya. Et je pense qu’il faut faire attention, ce n’est pas parce qu’on est candidat et qu’on n’est pas candidat du RDPC qu’on est forcément de l’opposition, donc il est important de comprendre que ceux qui ont juste changé d’habits pour se présenter ne représentent pas ce changement, cette aspiration profonde des Camerounaises et Camerounais.

    Quand vous parlez de ceux qui ont changé d’habits, vous pensez à un certain ancien ministre délégué à la justice ?

    Ils sont nombreux et ils se reconnaissent.


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