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    Rapport sur la politique d'immigration britannique post-Brexit

    La question de l’immigration s’était retrouvée au cœur du référendum en 2016 avec de nombreux électeurs britanniques en faveur d’un retrait de l'Union pour mettre fin à la libre circulation des travailleurs européens. REUTERS/Toby Melville

    Une fois n'est pas coutume, le Brexit et ses implications sont au cœur des discussions européennes ; la question de l’immigration s’était retrouvée au cœur du référendum en 2016 avec de nombreux électeurs britanniques en faveur d’un retrait de l'Union pour mettre fin à la libre circulation des travailleurs européens. Après le choix du Brexit, le gouvernement a donc demandé un rapport à un comité indépendant pour l’aider à décider quelle politique d’immigration adopter après le départ de l’UE.

    Le Comité consultatif tient à mettre à mal un certain nombre de mythes assénés par le camp du Leave durant la campagne : non, les migrants européens n’ont pas réduit les chances des Britanniques de trouver un emploi, ils n’ont pas non plus fait baisser les salaires des travailleurs britanniques ; leur inscription au sein du NHS, le système de santé britannique n’a pas entraîné une détérioration de la qualité des soins. Et, qui plus est, ces migrants contribuent plus au bon fonctionnement du NHS en travaillant dans ses hôpitaux et en payant des impôts qu’ils ne bénéficient eux-mêmes de soins. Ceci étant dit, le rapport préconise des changements de taille en conseillant au gouvernement de favoriser l’arrivée de travailleurs qualifiés au détriment de la main-d’œuvre non qualifiée, et de ne plus donner la préférence aux migrants venus d’Europe sur ceux venus d’ailleurs, alors même que les statistiques révèlent en 2018 une immigration européenne la plus faible depuis le référendum. Deux recommandations qui ont déjà provoqué de nombreuses réactions.

    Les grands patrons mécontents

    Les premières réactions viennent des représentants de l’agroalimentaire, de l’hôtellerie ou encore du bâtiment qui dépendent énormément des travailleurs non qualifiés et qui ont dénoncé un rapport « ignorant et élitiste » qui préconise de supprimer les quotas visant les travailleurs hautement qualifiés et d’étendre leur système de visas à la main-d’œuvre moyennement qualifiée, mais touchant un salaire d’au moins 34 000 euros par an. Ces entrepreneurs craignent de se retrouver à court d’employés peu qualifiés, eux qui dépendent de la main-d’œuvre étrangère parfois à hauteur de 20% et alors que la Grande-Bretagne est en situation de quasi plein emploi. C’est un risque dont est conscient le rapport, mais pour ses auteurs, la solution est d’améliorer la productivité de la main-d’œuvre et surtout d’augmenter les salaires pour attirer les travailleurs britanniques vers des postes occupés actuellement par des Européens de l’Est.

    La libre circulation en cause

    Ce sont les Vingt-Sept qui voient d’un mauvais œil les velléités de Londres de limiter l’accès de son marché du travail à leurs ressortissants, car, si le gouvernement applique cette recommandation, cela signifie qu’un citoyen européen ne pourra plus venir s’installer librement au Royaume-Uni et de là chercher du travail comme c’est le cas aujourd’hui, mais devra passer par le système de visas des ressortissants hors UE et justifier d’un emploi avec un salaire au-dessus d’un certain niveau pour venir vivre ici. C’est une idée qui plaît à Theresa May qui avait promis après le vote pour le Brexit d’abolir la libre circulation des Européens. La Première ministre pourrait d’ailleurs faire une annonce dans ce sens lors du Congrès des Conservateurs fin septembre. Cependant il n’est pas sûr que la dirigeante ait les mains si libres qu’elle le voudrait en pleines négociations de divorce avec Bruxelles et le bloc européen pourrait profiter de la volonté de Londres de garder une relation commerciale étroite avec l’UE pour demander en contrepartie un traitement de faveur pour ses travailleurs.


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