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    Aider les femmes cheffes d'entreprises, lutter contre les clichés et libérer la diaspora

    Denise Epoté. RFI/Pierre René-Worms

    1/Meya Ntolo, aux côtés des femmes cheffes d’entreprise

    Assane Diop : Bonjour Denise Epoté, avec nous par téléphone. En tête de vos sélectionnées cette semaine : la Gabonaise Meya Ntolo. Cette informaticienne de formation vient de lancer un magazine destiné aux femmes cadres et chefs d’entreprise.

    La jeune informaticienne peut être fière d’avoir pu relever ce défi. A l’heure du tout digital, lancer un magazine de 119 pages en papier glacé destiné aux cadres, aux chefs d’entreprise, mais surtout à toutes celles qui souhaitent entreprendre. Une boîte à outils comprenant trois clefs essentielles pour pouvoir atteindre l’objectif que se fixe la future cheffe d’entreprise : le travail, le réseau et la persévérance. Pour éviter les écueils, il faut surtout s’inspirer de l’expérience des autres. Afrocadre présente donc des portraits de femmes qui ont osé sauter le pas en prenant des risques. Le magazine n’oublie pas les mamans entrepreneurs comme les nomme Meya Ntolo. Celles qui ont su quitter leur zone de confort pour se lancer dans la création d’entreprises en surmontant toutes les étapes. En particulier celle de la recherche de financement. Afrocadre est également une tribune destinée aux femmes cadres, en particulier à celles qui s’interrogent sur la gestion de leur carrière. Les femmes artistes ne sont pas en reste. Des rubriques leur sont consacrées pour parler de littérature, de mode, de design et de cuisine. Un an après la création du site internet qui porte le même nom. Meya Ntolo a gagné son pari : lancer un magazine destiné aux femmes qui osent accomplir leurs rêves.

    2/Amandine Gay, émanciper et libérer la parole des femmes de la diaspora

    En deuxième position de vos têtes d’affiche, la réalisatrice Amandine Gay, l’auteure du film Ouvrir la voix. un documentaire qui donne la parole aux femmes noires de la diaspora, salué par la critique.

    Il faut remonter à la sortie nationale il y a trente ans de Rue Case Nègre, film signé par Euzan Palcy pour lire des critiques aussi élogieuses sur une production qui ne figure pas dans les anales du cinéma français.

    Dans Ouvrir la voix qu’elle a mis quatre ans à réaliser et produire, Amandine Gay a voulu donner la parole à 24 femmes Afrodescendantes pour évoquer leur identité de femmes noires vivant en France. Ces femmes, qui pour une fois n’ont pas besoin d’interprète pour parler à leur place. Elles sont toutes perçues comme appartenant à un groupe hétérogène. Toutes ont pourtant des trajectoires et des histoires différentes. Cependant, toutes soulignent la difficulté qu’il y a à vivre dans une société lorsqu’on ne fait pas partie de la norme. Mais alors comment éradiquer la discrimination s’interroge Amandine Gay ? La réalisatrice ne prône pas la discrimination positive, mais une égalité nouvelle en droits. Afin que chaque citoyen ait droit à la visibilité. Ouvrir la voix, une ode à l’afroféminisme saluée par le public qui, selon la réalisatrice, est en avance sur les institutions qui n’osent pas aborder la vérité en face.

    3/Chouna Lomponda, lutter contre les clichés

    Votre dernière sélectionnée est une spécialiste de la communication, la Bruxelloise Chouna Lomponda. Elle anime dans la capitale belge le site « De la réussite parmi vous » qui lutte contre les clichés obscurs et met en lumière les succès des minorités dites invisibles.

    C’est en parcourant une revue que Chouna Lomponda découvre un article traitant de la carence des diplômés parmi les jeunes arabes et noirs de Bruxelles. Une approche qui lui est apparue réductrice, voire raciste. L’experte en communication décide donc de lancer une campagne pour déconstruire ces clichés. Une réponse qu’elle voulait élégante, constructive, humoristique et pédagogique à l’adresse des jeunes, des médias, des décideurs et du grand public. L’initiative de celle qui est par ailleurs la porte-parole du musée juif de Bruxelles, lui a valu une campagne médiatique sans précédent dans son pays d’adoption. Les objectifs qu’elle s’était fixés ont été atteints : sensibiliser les médias aux images qu’ils véhiculent, présenter des modèles à la jeunesse, et lutter contre les clichés sur les minorités. Pendant un an la campagne « De la réussite parmi nous »  sera déclinée sur des affiches, sur un site, en vidéo, et sur les réseaux sociaux. Une caravane pédagogique fera le tour des écoles et des universités. Dix-huit portraits de jeunes belges originaires de RDC, du Rwanda, du Maroc, du Togo, d’Egypte, du Bénin , de Chine de Turquie, et de Pologne. Tous ont des parcours professionnels exemplaires et affirment être les nouveaux visages de la Belgique et de l’Europe.

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