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    Cameroun: un bilan mitigé pour l’économie

    Le port de Douala, au Cameroun (photo d'illustration). RFI/Olivier Fourt

    Ce dimanche les Camerounais iront voter pour élire leur président, pour un nouveau mandat de 7 ans. Paul Biya, aux affaires depuis 36 ans, devrait être reconduit. Avec un bilan économique en demi-teinte.

    Le Cameroun a l’économie la plus forte, la plus diversifiée, et la plus résiliente d’Afrique centrale ; le pays a beaucoup mieux résisté à la chute des cours des matières premières qu’il exporte, comme le pétrole, le cacao ou le bois que les voisins de la Cemac, très dépendants des seuls hydrocarbures. C’est donc le pays dont on attend plus que les autres. Cette année, la croissance repart, elle est estimée à 4% par le FMI. C’est bien, mais très loin du compte pour accéder au statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2035. Un rêve caressé dans les années 80 au moment où Paul Biya est arrivé au pouvoir, quand la croissance était vigoureuse, comparable à celle des tigres de l’Asie du Sud-est. « Peut mieux faire » souligne aujourd’hui les observateurs extérieurs. Tandis qu’à l’intérieur du pays, les chefs d’entreprise s’impatientent face à l’inertie de l’Etat : ce mauvais payeur a encore une grosse facture à régler auprès des PME, et surtout il est très lent à mettre en place les réformes pour améliorer le climat des affaires et la productivité des entreprises.

    Quels sont les points forts du Cameroun ?

    L’agriculture est toujours le principal moteur de la croissance. Et les grands chantiers lancés par Paul Biya pour doper l’activité au début de la décennie commencent à porter leurs fruits. Le barrage de Memve’ele devrait enfin commencer à produire et distribuer de l’électricité dans les prochains jours ou les prochaines semaines. D’autres centrales hydroélectriques sont en projets. Les autoroutes notamment entre Douala et Yaoundé sont toujours en cours. Et puis le port en eau profonde de Kribi, le projet pharaonique dont la première pierre a été posée en 2011 avec l’argent des Chinois est devenu une réalité. Enfin les cimentiers accourent au Cameroun, au nigérian Dangote au turc Medcem dans l’espoir de participer au juteux marché de la Can, la Coupe d’Afrique des Nations que le Cameroun compte bien accueillir l’an prochain. La Confédération africaine de Football est encore réservée, elle donnera un feu vert définitif en novembre.

    Pourquoi la CAF hésite ?

    LA CAF a peur que les travaux en soient pas terminés dans les délais. Et à juste titre, tous les chantiers trainent en longueur, sont parfois à l’arrêt, parce que les factures n’ont pas été payées ou parce qu’il manque du financement, ou parce que la conception est à revoir. Pour faire face, l’Etat n’hésite pas à emprunter. Notamment auprès de la Chine, le premier investisseur, le premier partenaire commercial et le premier créancier extérieur du pays. Cette trajectoire commence à inquiéter les bailleurs. Car depuis que le pays a bénéficié d’un allègement de sa dette dans le cadre de l’initiative PPTE en 2006, son endettement remonte à vive allure. Cette année il représentera 38 % du Produit intérieur brut. Et surtout cet argent a souvent été bien mal employé. Malgré tous les efforts pour construire des centrales le Cameroun est toujours en déficit énergétique.

    Dernier point noir, les tensions politiques et sécuritaires

    Le cœur de l’économie camerounaise est concentré au sud du pays. Mais le terrorisme de Boko Haram et la présence de réfugiés fragilisent l’extrême nord du pays. C’est surtout la crise dans la partie anglophone qui est la plus pénalisante. Des dizaines de milliers de Camerounais ont fui la région mettant à mal tout l’ouest du pays, et surtout l’écoulement du cacao.

    EN BREF

    La Libye a annoncé hier son intention d’acheter du blé russe. Un million de tonnes pourrait être importé pour couvrir les besoins des boulangers et des éleveurs, selon le ministre libyen de l’Economie de passage à Moscou. Il a par ailleurs évoqué la construction d’un chemin de fer entre Syrte et Tripoli, un projet suspendu depuis la chute de Mouammar Kadhafi.


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