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    A la Une : Biya forever ?

    Le président camerounais candidat à sa succession Paul Biya. Ici, à Yaoundé le 21 mars 2009. AFP/Getty Images

     

    « Biya forever ? » Biya pour toujours ?, s’interrogeait récemment Jeune Afrique . « Il n’a pas vraiment fait campagne, ni prononcé de discours, ni même détaillé son programme… Et pourtant, pointe l’hebdomadaire panafricain, le chef de l’État du Cameroun, au pouvoir depuis près de trente-six ans, a toutes les chances d’être réélu dimanche. »

    En fait, à part un meeting samedi dernier à Maroua, la capitale de la région de l’Extrême-Nord, endeuillée depuis cinq ans par les assauts répétés des jihadistes de Boko Haram, Paul Biya n’a fait aucune apparition publique.

    « Plusieurs fois annoncé à Buea, la capitale régionale du Sud-Ouest, les services protocolaires de la présidence de la République sont restés discrets sur l’agenda du Chef de l’Etat », rapporte pour sa part Cameroon Info. « Il faut dire que jusqu’ici, aucun candidat n’a tenu meeting dans les deux régions anglophones du pays. Le président Paul Biya est le seul capable de se rendre dans ces régions parce que bénéficiant des moyens de l’armée camerounaise. »

    « Faute morale » ?

    Finalement, le président sortant a renoncé à faire le déplacement…

    « Attendu mardi dans cette partie du Cameroun, en proie aux velléités sécessionnistes, il n’y est pas allé, pointe Le Pays au Burkina. Aucun des candidats, d’ailleurs, n’a fait le déplacement dans l’Ambazonie durant toute la campagne. Ce qui donne l’impression que cette partie anglophone est un no man’s land. »

    Dommage, pour le quotidien burkinabè : « si l’excuse peut être trouvée pour les autres challengers qui ont peut-être craint pour leur sécurité en allant vendre leurs projets de société à ces Anglophones du Cameroun qui vivent plutôt dans la terreur depuis un certain temps, le président candidat, lui, devait s’y contraindre de le faire, estime Le Pays. Non pas pour la pêche des voix, mais plutôt pour rassurer ses compatriotes de la présence de l’Etat à leurs côtés. En renonçant à aller à la rencontre de cette population anglophone, Paul Biya a commis une faute morale. » Qui plus est, pointe encore le quotidien burkinabè, « ce renoncement ne va certainement pas manquer d’apporter de l’eau au moulin des séparatistes qui risquent d’ailleurs d’interdire la présence de bureaux de vote dans cette zone. »

    Un système bien huilé

    Toujours est-il que Paul Biya n’avait pas vraiment besoin de se risquer dans les régions anglophones pour l’emporter dimanche.

    Le site d’information Slate Afrique, relève que le président camerounais, 85 ans, « a su mettre en place un système pour se maintenir au pouvoir depuis 35 ans, malgré des absences répétées. » Un système qui repose tout d’abord sur un « subtil équilibre des forces entre les différents corps des armées », selon les termes de Hans de Marie Heungoup, chercheur à l’International Crisis Group, cité par Slate Afrique. Selon lui, le système de défense au Cameroun est « conçu dans son fonctionnement pour que tout le monde s’auto-surveille et soit entretenu dans des rivalités d’ethnies et de générations. »

    Autre élément de poids pour expliquer cette longévité sans précédent au Cameroun, pointe encore Slate Afrique : « le placement de fidèles aux postes clés de l’administration. Le président de l’Assemblée nationale, Djibril Cavaye Yeguié, 74 ans, le chef d’état-major des armées, René Claude Meka, 79 ans, et le directeur de la société nationale d’hydrocarbures, Adolphe Moudiki, 79 ans, sont des proches du président et ont tous trois passé plus de 15 ans à leur poste. Au fil des ans, poursuit Slate Afrique, ce système s'est renforcé avec 'un mélange de fatalisme et de clientélisme chez certaines élites politiques qui ont rallié le régime petit à petit', selon les dires de Fred Eboko, politologue camerounais à l'Institut de recherche et développement. Pour lui, la principale ambition de Paul Biya depuis qu’il est en poste, est 'la conservation du pouvoir'. »

    « Brutalité, violence et prébendes »

    Enfin, analyse sans concession de l’historien et politiste camerounais Achille Mbembe, interrogé par le quotidien français L’Humanité : « c’est un pays où l’État a toujours dominé la société, où celle-ci éprouve de grandes difficultés à faire corps, où les acteurs politiques rencontrent d’innombrables obstacles pour construire des coalitions et, surtout, des coalitions multiethniques. La société civile est très affaiblie, poursuit Achille Mbembe, les partis d’opposition sont divisés et tout est fait pour maintenir ces divisions, que le régime exploite de façon très adroite. Sur la base d’une corruption systémique, conclut l’historien camerounais, Paul Biya est parvenu à se maintenir au pouvoir depuis bientôt trente-sept ans, en utilisant la brutalité, la violence et les prébendes. »

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