GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 7 Décembre
Samedi 8 Décembre
Dimanche 9 Décembre
Lundi 10 Décembre
Aujourd'hui
Mercredi 12 Décembre
Jeudi 13 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

    «Bérénice», création mondiale à l'Opéra de Paris

    Pour faire passer les mots et les émotions, l'opéra s'est doté de chanteurs-acteurs d'exception, dont la soprano canadienne Barbara Hannigan et le baryton danois Bo Skovhus. Monika Rittershaus / Opéra national de Paris

    C'est « La » création mondiale de la saison actuelle à l'Opéra de Paris : Bérénice, sujet antique remis au goût du jour au XVIIe siècle par le poète français Jean Racine, raconte l'histoire d'un amour impossible. L'oeuvre renaît ces jours-ci sous forme d’un opéra contemporain du compositeur suisse Michael Jarrell au Palais Garnier.

    C’est un amour féroce et tourmenté : celui entre Bérénice, reine de Palestine, et Titus, l’empereur de Rome qui sacrifie sa passion sur l’autel du devoir politique - sous la pression du peuple romain.

    Pour Claus Guth, le metteur en scène allemand de cette création mondiale, Bérénice n’a rien perdu de son actualité. « Ce sujet - indépendamment du contexte romain et de Racine - nous rappelle d’une part qu’un homme politique n’est pas une personne privée, mais soumis à la pression publique et morale, d’autre part - et en cela Racine est extrêmement moderne -, il montre une génération perdue, des protagonistes prisonniers de leurs obsessions qui deviennent des marionnettes du destin », explique le metteur en scène.

    Le plateau est divisé en trois pièces d’intérieur sobre et élégant dans lesquels Titus et Bérénice s’enlacent et se repoussent - un va-et-vient sans cesse et sans issue - malgré les portes qui s’ouvrent et se ferment inlassablement. Pour Claus Guth, « ce drame est justement célèbre pour ça : de ne pas avoir d’action, mais d’ouvrir une dimension psychédélique d’un voyage intérieur. »

    Voyage au cœur des émotions

    C’est ce voyage au cœur des émotions et des mots qui intéresse en premier lieu le compositeur genevois Michael Jarrell. « Je cherchais quelque chose qui était loin du français parlé de tous les jours. Et j’ai trouvé ce monde-là dans les alexandrins de Racine », raconte-t-il. Puis il ajoute : « Ce qui m’embêtait, c’était ce côté un peu "le prince aime une autre princesse, qui aime quelqu’un d’autre, puis à la fin tout le monde commence à se tuer" ».

    Michael Jarrell explique alors son choix pour Bérénice : « J’étais très attiré par Bérénice parce qu’on reprochait à Racine à l’époque qu’il ne se passait rien. Mais il se passe beaucoup de choses, mais c’est dans les mots. Les mots sont d’une force et tellement justes et d’une telle beauté, mais il faut se méfier du carcan d’alexandrins parce qu’on tombe dans un da – didi – dada – dada et moi, j’ai voulu ôter beaucoup du rythme de l’alexandrin justement pour faire passer les mots. »

    Rina Schenfeld dans le rôle de Phénice, et Barbara Hannigan dans le rôle de Bérénice. Monika Rittershaus / Opéra national de Paris

    Chanteurs-acteurs d’exception

    Pour faire passer les mots et les émotions, l’opéra s’est doté de chanteurs-acteurs d’exception, dont la soprano canadienne Barbara Hannigan. Elle incarne Bérénice avec une intensité rare dans une mise en scène très chorégraphiée où même le plateau se met à bouger sous ses aigus éblouissants et déchirants. « C’est une partition très particulière, très complexe, très virtuose, il y a le système mathématique, pour mémoriser c’était très difficile », dit Barbara Hannigan. « Alors, je donne ma voix, je donne mon corps, je donne tout et le cœur de l’histoire, ça me touche beaucoup. »

    Une partition dense et exigeante, mais une mise en scène onirique - grâce des jeux de lumière et un emploi de vidéo subtil - jamais surchargée et poignante jusqu’au bout.

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.