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    «Au Burkina Faso, on voit l'émergence d'un nouveau front» selon William Assanvo

    Funérailles de sept membres des forces de sécurité burkinabè tués fin août après que leur véhicule a été touché par une bombe placée au bord d'une route dans l'est du pays. AFP

    William Assanvo, chercheur principal à l’Institut d’études de sécurité (ISS), spécialiste de l’Afrique de l’Ouest, revient sur la situation au Burkina Faso, pays confronté à de nombreuses attaques terroristes depuis 2015. Récemment, les attaques ont frappés la région du sud-est, aux frontières avec le Togo et le Bénin. Pourtant, jusque là, l’insécurité concernait seulement le Soum dans le nord du pays. William Assanvo revient sur l’ouverture de ce nouveau front, au micro de RFI.

    Le Burkina Faso est confronté depuis 2015 à des attaques terroristes, dans le Soum notamment, le nord du pays où se trouve le groupe Ansarul Islam. Mais depuis plusieurs semaines, on voit l’insécurité se déplacer vers l’est du pays. Pourquoi ?

    William Assanvo : Tout d’abord, je pense qu’on pourrait parler de l’émergence d’un nouveau front. Les raisons qui expliqueraient cet état de fait seraient la proximité tout d’abord du Mali et du Niger, notamment de ce qu’on appelle cette zone des « trois frontières ». L’autre élément aussi qui explique cet état de fait, c’est l’état d’impréparation qui a caractérisé le Burkina, et plus particulièrement les forces de défense et de sécurité du Burkina à faire face à ce déplacement de la sécurité.

    Mais qui sont les terroristes qui sévissent dans l’est du Burkina ?

    Aucune des attaques qui ont été enregistrées dans l’Est n’ont pour l’heure été publiquement revendiquées. Donc il est difficile de déterminer avec certitude l’identité de ces auteurs-là. Cela étant, je pense que les modes opératoires et les cibles de ces attaques laissent penser qu’on pourrait avoir affaire à des éléments liés à l’Etat islamique dans le Grand Sahara qui pourrait être derrière cette insécurité.

    Vous parliez du Liptako-Gourma, de la zone des « trois frontières » entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. On sait que depuis un an, la force française Barkhane et les forces armées maliennes et nigériennes ont multiplié les opérations antiterroristes dans cette région-là. Cela a affaibli notamment l’Etat islamique dans le Grand Sahara (EIGS), installé dans cette région. Est-ce que l’ouverture de ce front, à l’est du Burkina, peut être liée à la déroute de l’EIGS dans la zone des « trois frontières » ?

    Je pense effectivement que l’émergence de ce front à l’Est est la conséquence de cette opération et de ces groupes qui ont migré vers le Sud, vers cette partie du Burkina Faso, et qui sont en train de tenter de mettre en place des camps ou une zone refuge tout au moins.

    Est-ce que c’est une nouvelle cellule ou est-ce que c’est une recomposition de forces qui étaient déjà en présence ?

    Je pencherais plus vers une recomposition, tout au moins du point de vue géographique, des forces qui étaient présentes initialement dans la région des « trois frontières ».

    L’émergence du mouvement Ansarul Islam dans le Soum, dans le nord du Burkina, a été favorisée par des conflits sociaux qui étaient spécifiques à cette région. Est-ce que le terreau est le même dans l’est du pays ?

    Il ne faudrait pas nécessairement établir des parallèles par rapport à la situation qui a prévalu à l’émergence d’Ansarul Islam dans le nord du Burkina. Là on assiste beaucoup plus à un groupe qui, en tentant d’échapper à une action militaire, s’est réfugié dans une région donnée. C’est de mon point de vue l’un des principaux facteurs qui explique l’émergence de ce nouveau front. Il y a aussi bien entendu des vulnérabilités dans le nord du Burkina et qu’on retrouve à l’est du pays. Il y a le fait que cette région est une région frontalière avec tout ce que cela implique généralement en termes de vulnérabilité du point de vue socio-économique : la présence ou en l’occurrence l’absence de l’Etat d’un point de vue sécuritaire. C’est aussi une zone de passage, caractérisée par une insécurité liée au banditisme, liée au braconnage, liée à l’orpaillage, et liée aussi à l’occupation illégale des forêts. Il faut aussi souligner que dans cette région, on a la présence de forêts difficiles à contrôler. On a le parc national du W à la frontière entre Burkina, le Niger et le Bénin. On a les réserves de Pama, de Singou qui représentent tout autant des lieux favorables à l’implantation de groupes jihadistes. Il y a aussi à ajouter à cela, un dispositif sécuritaire qui, de mon point de vue, n’était peut-être pas tellement préparé, ni à la hauteur pour faire face à l’émergence de cette forme d’insécurité.

    Y a-t-il eu des signes annonciateurs de ce qui allait arriver ?

    Lorsqu’on est frontalier d’une région où l’insécurité prévaut, il est toujours de bon ton de pouvoir prendre des mesures pour anticiper la menace de ces déplacés. Ce travail n’a pas été fait. On avait aussi noté à côté de ça, au cours des mois qui ont précédé, des mouvements d’individus à l’identité assez suspecte. Et ça je le tiens d’entretiens que j’ai eus avec certains ressortissants de cette région. Il y avait la présence d’individus qui étaient notés dans cette région-là. Donc c’est peut-être autant d’éléments qui poussaient à accroître la vigilance pour se prémunir contre l’expansion de l’insécurité dans cette partie particulière du Burkina.

    Comment se fait-il que les autorités aient sous-estimé l’importance que pouvait prendre cette région de l’est du Burkina ?

    Le Burkina n’a pas pris la pleine mesure de la nature de l’ampleur du problème lié à sa proximité avec le Mali et le Niger, lié aussi à ses vulnérabilités internes. Après il faut aussi rappeler le fait que rares sont les pays qui sont vraiment en mesure de faire face à ce phénomène. Il y a généralement un niveau d’impréparation des forces quant à la connaissance de certains modes opératoires, quant aux moyens pour pouvoir y faire face. Et là, on le voit depuis ces dernières semaines, la difficulté à se prémunir contre les engins explosifs improvisés parce que l’armée burkinabè ne dispose pas de blindés actuellement.


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