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    Les plastiques, nouveaux moteurs de la demande de pétrole

    Une plateforme offshore d'exploitation de pétrole. Getty Images/HeliRy

    Lorsque l'on parle de pétrole et de gaz, on songe habituellement à leur usage en tant que combustible ou carburant, dans les transports ou la production d'énergie. Pourtant, prévient l'Agence internationale de l'Energie (AIE), ce sont les plastiques et autres matières synthétiques qui seront les véritables moteurs de la demande de pétrole et de gaz dans les trente prochaines années.

    « Nous sommes déjà très dépendants des produits pétrochimiques », rappelle l’Agence internationale de l’énergie. Il s’agit de l’ammoniac, du méthanol, de l’éthylène, du benzène…, fabriqués à partir de pétrole et de gaz.

    Des briques de molécules présentes partout, sans que l’on s’en rende vraiment compte : dans les plastiques, les engrais, les emballages, les nouvelles matières textiles, le caoutchouc synthétique, les détergents, les coques de nos outils numériques... Et jusque dans les industries les plus vertes qui permettent de brûler moins d’hydrocarbures, mais qui utilisent des produits issus de la pétrochimie : l’isolation des bâtiments, les pièces des véhicules électriques ou leur batterie, et même les panneaux solaires ou les turbines d’éoliennes.

    « Angle mort du débat énergétique »

    Ces produits pétrochimiques reçoivent pourtant moins d’attention que les transports ou l’électricité. C’est « l’angle mort du débat énergétique mondial », déplore Fatih Birol, le directeur général de l’AIE.

    Certes la pétrochimie ne pèse encore que 14 % de la demande de pétrole, les transports représentent encore 56 % de la consommation. Mais c’est la pétrochimie qui sera responsable pour moitié de la croissance de la demande, devant les transports d’ici 2050.

    Plus rentable que le raffinage

    La fabrication de plastiques a déjà doublé depuis l’an 2000. Elle a dépassé la demande en hydrocarbures utilisés pour fabriquer de l’acier, de l’aluminium ou du ciment, pourtant très énergétivores. Le potentiel de progression est énorme dans les pays en développement qui consomment encore dix à vingt fois moins de plastiques et d’engrais que dans les économies avancées (5 kg de plastique par habitant et par an en Afrique, contre 100 au Canada).

    Les marges financières sont aussi plus intéressantes que dans le raffinage des carburants, d’où l’intérêt des compagnies pétrolières. Le Français Total vient d’annoncer coup sur coup deux méga-projets pétrochimiques, en Arabie saoudite et en Algérie.

    Défi environnemental

    Cet essor de la pétrochimie va poser des problèmes d’environnement. Même si la pétrochimie émet moins de CO2 que les carburants - il ne s’agit pas de combustion d’hydrocarbures, le défi environnemental est réel, pour le climat, pour la qualité de l’air et de l’eau.

    Il faudra réduire les plastiques à usage unique, prévient l’Agence, améliorer le recyclage... Et promouvoir les alternatives aux produits pétrochimiques, comme le bioéthylène à base de sucre, déjà compétitif au Brésil.

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