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    Youba Sokona: «Le rapport du Giec intéresse à bien des égards le continent africain»

    Youba Sokona, vice-président du Giec. Getty Images/Thomas Koehler

    Le monde devra engager des transformations « rapides » et « sans précédent », s’il veut limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C... C’est la conclusion du Giec, le groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat qui a réalisé un rapport de 400 pages commandé lors de la COP 21 à Paris en 2015. Un rapport qui a été présenté lundi, mais finalisé la semaine dernière à Incheon, en Corée du Sud, là où se trouve encore le Malien Youba Sokona, le vice-président du Giec qui répond à Sébastien Duhamel.

    RFI : Quels sont les enseignements qu’on peut tirer au niveau africain du rapport du Giec ?

    Youba Sokona : Le rapport intéresse à bien des égards le continent africain dans la mesure où il aborde les questions de la lutte contre la pauvreté, il aborde les questions du développement durable. Et sa conclusion également intéresse le continent africain, notamment à savoir que le changement climatique affecte déjà les populations, les écosystèmes et les moyens de subsistance dans le monde entier. Et plus particulièrement, le continent africain est confronté à l’ensemble de ces éléments. La deuxième conclusion majeure, limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré n’est pas impossible, mais nécessite des transitions sans précédent dans tous les domaines de la société. Il se trouve que dans le continent africain, les infrastructures majeures qui structurent le développement ne sont pas encore en place. Le secteur agricole est à développer, l’industrialisation est à réaliser, le système de transport est à définir et l’urbanisation également est totalement à définir. Mais tout ceci, on peut l’intégrer dès la base à condition qu’on ait la volonté politique et qu’on ait les moyens financiers pour réaliser cela.

    Est-ce qu’il y a aujourd’hui cette volonté politique de faire bouger les choses ?

    On peut dire dans une certaine mesure que le politique commence à prendre conscience de l’importance des questions de changement climatique dans la mesure où au niveau des chefs d’Etat africains, il y a un comité de chefs d’Etat et de gouvernement sur le changement climatique. Il se trouve également qu’à Paris, lors du sommet de la Conférence des parties en 2015, particulièrement tous les chefs d’Etat africains étaient présents à Paris, ce qui n’était pas le cas dans les conférences des parties précédentes. D’une certaine manière, il y a une certaine sensibilité politique sur les questions du changement climatique.

    Donc il y a une prise de conscience au niveau politique. Mais aujourd’hui, est-ce que la mise en place, est-ce que l’application des solutions qui sont posées sur papier se font bien ? Est-ce qu’il n’y a pas un problème dans l’application ?

    En Afrique, à l’image des autres parties du monde, on avait tous à cœur qu’on allait utiliser le changement climatique pour changer le cours des choses. Et dès le début, il y a eu des balbutiements au niveau international. Ensuite avec le protocole de Kyoto, on pensait tous qu’on avait trouvé la bonne voie pour se lancer vigoureusement dans la lutte contre le changement climatique qui était la promotion du développement durable. Mais nous avons été obligés de nous désenchanter parce qu’on a abandonné le protocole de Kyoto. On essaie de mettre en place l’Accord de Paris. Au niveau international, il n’y a pas d’actions qui suivent les énoncés au niveau politique. L’Afrique est un peu à l’image de cela. Tous les pays en développement espéraient également qu’il y aurait des moyens financiers relativement conséquents. Ils sont également désenchantés parce que les moyens financiers n’ont pas suivi.

    Il y a justement une initiative africaine qui a été mise en place en matière d’énergie renouvelable. Mais certains observateurs, là aussi me disent, que finalement les financements peinent à arriver. Pourquoi il n’y a pas de financements alors que finalement il y a un consensus sur l’urgence à agir, il y a un consensus visiblement sur les solutions à adopter, mais le financement peine à arriver. Pourquoi cela ?

    Mais il se trouve que j’ai été un artisan de cette initiative. C’est moi qui ai coordonné le développement de cette initiative. Mais on se rend contre également que beaucoup de pays sont confrontés à des difficultés internes : les problèmes d’emplois, des problèmes de migration, des problèmes de développement, et qui sont tous un problème de court terme. Les questions du changement climatique sont des questions de long terme. Mais le long terme est en train de devenir le court terme. Si on n’agit pas dans les dix années à venir, il va être quasiment impossible de faire face aux conséquences néfastes, c’est-à-dire la question d’adaptation et de pouvoir limiter le réchauffement même à 2 degrés.

    Comment faire alors ? Cela peut passer au niveau continental par le Centre africain pour la politique en matière de climat, qui est sous l’égide de l’ONU ?

    Ce Centre africain également, c’est moi qui l’ai mis en place en 1990 à la Commission économique des Nations unies. Il était censé non seulement aider les pays africains sur les données climatiques et hydro-climatiques dans la mesure où le système d’observation de la plupart des pays n’est pas vraiment fonctionnel, et en même temps, servir d’instrument de politique pour les pays africains. Ce centre a relativement bien fonctionné dans le début. Puis, il a connu quelques difficultés à cause des moyens financiers et à cause d’un intérêt des différentes institutions. Il y a eu une forte démultiplication d’institutions et d’efforts.

    Il y a trop d’institutions qui œuvrent aujourd’hui en faveur du climat, une dispersion finalement des efforts ?

    Il y a beaucoup plus une dispersion d’efforts, une dispersion à travers des projets plutôt que de création de renforcement d’institutions au niveau national, au niveau sous-régional, et au niveau régional. Vous allez dans un pays, au lieu de mettre l’accent pour renforcer un service de la météo, on préfère avoir un projet à côté du service de la météo. Et de projet en projet, on a du mal à asseoir quelque chose de bien conséquent.


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