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    Les insectes soldats de la Darpa

    La Darpa, conçoit toute sorte de gadgets high-tech pour les forces armées des États-Unis. ©Facebook/Darpar

    Après la mise au point de drones invisibles, d’une ribambelle de robots guerriers, d’implants pour le cerveau de soldats augmentés, d’exosquelettes pour super-fantassins… Le nouveau projet de l’agence de recherche et développement du département américain de la Défense est certes 100% Bio mais inquiète la communauté scientifique. Il consiste à employer des insectes porteurs de virus, dont la mission serait de modifier le génome des plantes cultivées pour les soigner en urgence.

    Rappelons que l’agence de recherche et développement du département américain de la Défense, la Darpa, conçoit toute sorte de gadgets high-tech pour les forces armées des États-Unis. On lui doit, entre autres, l’invention d’Internet ou encore du GPS.

    L’un de ses projets initié en 2017 et financé à hauteur de 23 millions d'euros se nomme « Insect Allies ». L’idée à l’origine de la Darpa était d’utiliser des virus génétiquement modifiés capables d’altérer de façon temporaire les chromosomes d’une espèce ciblée, qu’elle soit animale ou végétale. Restait à trouver le vecteur idéal pour disséminer ces pathogènes artificiels, le choix de l’Agence américaine s’est donc porté sur les insectes.

    Au fur et à mesure du développement du projet, la Darpa a toutefois précisé ses intentions, elle compte utiliser une armée de ces bestioles infectées pour injecter des virus dans certaines cultures, afin de les modifier en urgence pour les rendre résistantes aux maladies ou qu’elles puissent survivre à une période de sécheresse, par exemple.

    « Il ne s’agit nullement de créer une nouvelle arme bactériologique, nos buts sont pacifiques et visent à assurer la sécurité alimentaire nationale.» se défend actuellement la Darpa mise en cause dans un article du magazine Science et sur un site Web dédié, qui a été publié par un collectif de scientifiques et de juristes.

    Parmi les signataires figurent plusieurs noms de chercheurs européens de l'Institut Max Planck en Allemagne ou encore de l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier en France. Les scientifiques estiment que ce programme contrevient à la convention sur les armes bactériologiques, ratifiée en 1975 par 22 États, qui en interdit le développement et le stockage.

    Leurs craintes concernent également les objectifs poursuivis par l’Agence américaine en constatant que ce procédé pourrait être détourné à des fins offensives afin de détruire les cultures de pays considérés comme ennemis des États-Unis.

    Par ailleurs, les chercheurs émettent aussi des doutes sur les capacités de la Darpa à juguler une éventuelle contamination accidentelle des végétaux à l’échelle mondiale. Des accusations qui n’ont pas empêché l’Agence américaine d’effectuer ses premiers tests sous serre, en inoculant un gène de fluorescence dans un plant de maïs à l’aide à un puceron porteur de virus.

    Avec ses insectes soldats, la Darpa semble pourtant déterminée à jouer les apprenties sorcières. Pour le meilleur ou pour le pire ? Telle est la question ! Que pose cette nouvelle menace qui plane désormais sur nos agricultures, présentant, selon la communauté scientifique, le risque éventuel de précipiter l’humanité tout entière dans la famine.

    Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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