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    L’économie saoudienne ébranlée par la disparition suspecte de Jamal Khashoggi

    Des militants des droits de l'homme brandissent des photos du journaliste disparu Jamal Khashoggi lors d'une manifestation devant le consulat saoudien à Istanbul, le 9 octobre 2018. REUTERS/Osman Orsal

    La disparition suspecte du journaliste critique Jamal Khashoggi est en train de virer en cauchemar économique pour le royaume wahhabite. La monarchie saoudienne a brandi hier, dimanche, la menace de représailles encore plus fortes en cas de sanctions économiques.

    En réagissant aussi violemment le Palais laisse entrevoir à quel point il n'a pas du tout anticipé ce retour du bâton. « L'économie du royaume a un rôle vital et d'influence pour l'économie mondiale » a rappelé ce dimanche un cacique du régime, sous couvert d'anonymat. En clair il sous-entend que le robinet saoudien à pétrole pourrait bien se tarir. Une menace qui fait peur car l’Arabie est historiquement le premier producteur de pétrole, dépassé depuis peu par les Etats-Unis, mais c'est encore et surtout le seul pays au monde capable d'ajuster sa production à son gré en fonction de l’offre, de la demande, et de son bon vouloir. En venir à des propos si intimidants, quel contraste avec le rôle de modérateur du marché dont s’est toujours prévalu le royaume !

    Alors pourquoi un revirement aussi brutal ?

    La disparition suspecte de Jamal Khashoggi, entré dans un consulat saoudien d'Istanbul pour ne plus jamais en ressortir, a conduit une brochette d'hommes d'affaires américains à annuler leur participation au prochain rendez-vous du surnommé «Davos du désert», le grand rassemblement annuel du business où le prince héritier présente et vend des projets futuristes pour sortir son pays de la rente pétrolière. Cette année ce sera donc sans Jamie Damon, le patron de la banque JP Morgan, sans le patron de Ford, ni celui de Uber, dont le fonds saoudien est pourtant un actionnaire de référence, et sans les grands médias anglo-saxons qui, pour la plupart, boycottent l'évènement prévu la semaine prochaine. En réaction, la bourse saoudienne a décroché hier. Elle a perdu jusqu'à 7% de sa valeur.

    La transition économique chère au prince Mohammed ben Salman est aujourd’hui remise en cause ?

    La ville écologique de Neom tout comme les projets touristiques sur la mer Rouge présentés l'an dernier à ce Davos du désert viennent de perdre de précieux soutiens. Mais avant même cette affaire, plusieurs décisions du palais ont refroidi les ardeurs des investisseurs. Il y a eu l'arrestation des princes retenus de longs mois au Ritz Carlton, le temps qu'ils rendent l'argent détourné, convocation qui s'est transformée en prison pour Saad Hariri, le Premier ministre libanais ; l'embargo décrété contre le Qatar, et l'abandon de l'entrée en bourse de l'Aramco, la société nationale du pétrole. Son introduction à New York, Londres ou Singapour aurait permis d'avoir des informations transparentes sur la vache à lait du régime. C'est entre autre cette ouverture contrainte qui a fait reculer les saoudiens. Résultat: les investissements directs étrangers qui auraient dû exploser l'an dernier se sont au contraire contractés. On est passé de 7,5 milliards de dollars injectés en 2016 contre 1,4 en 2017. Tandis que les flux sortant ont explosé. Des investissements du fonds souverain, mais aussi des petites rivières de capitaux que des familles préfèrent mettre à l'abri hors de la péninsule.

    Faut-il prendre au sérieux les menaces américaines et saoudiennes de sanctions ?

    Donald Trump a commencé par évoquer des châtiments, mais il a déjà exclu le commerce des armes de la palette à sa disposition. Son entourage, est très lié au prince héritier. Que ce soit son gendre Jared Kushner, ou son secrétaire d'Etat Mike Pompeo, tous deux sont des habitués du diwan. Et puis historiquement son pays a besoin de l'Arabie et réciproquement. Aujourd'hui la Maison blanche compte sur le soutien de Riyad pour étouffer la production pétrolière iranienne sans faire exploser les prix, Riyad le sait mais n'a pas non plus intérêt à jouer contre son principal allié occidental. Les marchés pétroliers sont déjà chaud bouillants, le prix du brut a augmenté de 2% dans les dernières heures.

    ►En bref,

    Aux Etats-Unis Donald Trump redevient le meilleur supporter de l'aide extérieure

    Après avoir bruyamment annoncé qu'il voulait réduire les budgets dédiés à l'aide au développement, le président américain vient de signer discrètement un texte prévoyant la création d'une nouvelle agence « the United States International Development Finance Corporation », qui pourra injecter 60 milliards de dollars dans des projets d'infrastructure en Asie, en Afrique ou en Amérique, partout où les Américains veulent endiguer l'influence grandissante de Pékin.

    Le Japonais Soft bank dévisse à la bourse de Tokyo

    - 7% dans les premiers échanges. C'est encore un dommage collatéral de l'affaire Khashoggi. Le géant des télécoms nippon s'est associé à l'Arabie saoudite pour créer un fonds d'investissement technologique.


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