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    Géorgie: une succession de révélations gêne le pouvoir

    Le Premier ministre géorgien Mamuka Bakhtadze. REUTERS/Caitlin Ochs

    La Géorgie passe souvent pour un modèle de développement démocratique parmi les ex-Républiques soviétiques. Mais une série de scandales vient ternir cette réputation. Ils sont provoqués depuis quelques semaines par des gens qui ont servi le pouvoir et qui, mécontents, rendent publics des conversations et arrangements qui révèlent la face cachée de la gouvernance actuelle.

    Il y a eu deux séries de révélations. Elles ont été faites par quelqu’un entré dans des arrangements illégaux avec le pouvoir et qui, se sentant trahi, les dénonce aujourd’hui pour sa défense.

    La première série remonte au début du mois, lorsqu’un homme d’affaires, Zaza Okuashvili, a dit sur une chaîne de l’opposition Rustavi 2, que le gouvernement a essayé de lui extorquer plusieurs millions, via un ancien procureur général reconverti dans l’extorsion d’argent auprès des entrepreneurs. Au passage, il dénonce l’oligarque qui règne sur le pays, Bidzina Ivanichvili, qui finance directement des partis d’opposition.

    L’autre affaire en cours est celle de Mirza Subeliani, ex-cadre du Parquet général qui est en prison pour avoir couvert l’implication de son fils et de son neveu dans un double meurtre d’écoliers. Mais suite aux protestations des familles des victimes, le pouvoir a passé un accord avec M. Subeliani, lui demandant d’aller en prison afin de calmer la rue.

    Pensant que le pouvoir était en train de revenir sur sa promesse, il a décidé de « balancer » la vérité, précisant qu’il détiendrait des tonnes d’autres informations de nature à faire tomber le gouvernement, y compris des affaires de tortures.

    Des scandales au timing serré

    Du fait de la présidentielle du 28 octobre, il n’est pas étonnant de voir de telles affaires surgir à 10 jours du scrutin. Car bien que le chef de l’Etat n’a des fonctions qu’honorifiques, l’élection reste importante.

    Mais plus profondément, il y a le sentiment d’être arrivé aux limites de la gouvernance informelle de M. Ivanichvili, qui règne littéralement sur le pays sans exercer de fonction officielle. Cela favorise le retour des vieux démons postsoviétiques de la Géorgie : corruption, racket, justice manipulée...

    Le gouvernement dit que ces révélations sont fausses et l’on peut en effet avoir des doutes vu la personnalité des auteurs. Mais la défense maladroite du pouvoir, ou ses contre-attaques grossières conduisent les gens informés de Tbilissi, les cercles d’affaires par exemple, à être conforté dans ce que l’on croit savoir depuis des mois.


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