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    Lopes: Jacques Chirac a dit: «Denis [Sassou-Nguesso], arrête tes conneries»

    Henri Lopes invité de "la danse des mots" le 7 juillet 2015 RFI Henri Lopes sur RFI en juillet 2015. RFI

    L'écrivain congolais Henri Lopes est l'une des grandes figures de la Francophonie, dont il a failli devenir le secrétaire général à deux reprises, en 2002 et en 2014. Aujourd'hui, quel regard porte-t-il sur l'arrivée de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l'OIF ? L'ancien Premier ministre du Congo-Brazzaville publie aux éditions Lattès un livre de mémoires, « Il est déjà demain ». Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Quelle est votre patrie ?

    Henri Lopes : Ma patrie, c’est le Congo. Mais j’ai beaucoup de secondes patries : la France, la Guadeloupe, la ville de Nantes.

    La Guadeloupe, c’est le pays de votre épouse…

    Voilà.

    Vous êtes né à Léopoldville, l’actuelle Kinshasa, d’un papa métis et d’une maman métisse. Et vous avez ces mots « Etre métis, ce n’est pas une romance fleurie. C’est une expérience douloureuse ».

    Oui. En écrivant cela, je pensais surtout à la génération de mes parents. Ce sont des enfants qui ne connaissaient pas leur père, qui ont été abandonnés à eux-mêmes.

    Après vos études et votre arrivée à Brazzaville, vous devenez un technocrate, notamment dans l’éducation nationale au Congo-Brazzaville, puis Premier ministre sous la présidence Marien Ngouabi [1973-1975].

    Oui.

    Est-ce que votre condition de métis vous a servi ou au contraire, vous a handicapé ?

    Je n’ai pas senti dans le quotidien une hostilité à mon égard parce que j’étais métis. Mais lorsque des difficultés se présentaient, bien sûr que ceux qui m’adoraient utilisaient cela pour me faire plaisir.

    Vous écrivez « Mon nom et ma peau claire me rendaient suspect »…

    Oui, quand vous vous appelez Lopes et que vous avez cette couleur dans un pays qui vient d’être colonisé, je comprends.

    Il y a la carrière politique que tout le monde connaît. Puis il y a évidemment cette grande plongée dans la littérature pour laquelle évidemment tout le monde vous aime. Est-ce que Léopold Sedar Senghor, la négritude, [courant littéraire et politique, créé durant l'entre-deux-guerres, rassemblant des écrivains francophones noirs, comme Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor…], c’est vraiment un marqueur pour vous ?

    Absolument. C’est mal compris par exemple aux Etats-Unis et dans d’autres pays. Mais mon chemin de Damas, moi, ça a été la découverte de L’Anthologie et de la poésie nègre et malgache de langue française [1948] de Senghor. Ça a été pour moi une source d’inspiration très forte, même s’il m’est arrivé de me montrer critique à l’égard de la négritude. Mais c’était, je dois l’avouer, un regard politique et non pas littéraire. Et on ne dépasse que ceux dont on a besoin.

    Vous qui dites « j’ai plusieurs patries : le Congo, la Guadeloupe, la ville de Nantes », est-ce qu’au fond votre vraie patrie n’est pas la langue française ?

    Ça a été dit ça. Je ne l’ai jamais dit, mais c’est une qualification qui ne me gêne pas.

    Vous, l’auteur du Pleurer-rire, du Chercheur d’Afriques, vous êtes une grande figure de la Francophonie. Et page 497 dans votre livre de mémoires, Il est déjà demain, vous écrivez : « Dakar, octobre 2014, une fois encore on m’a refusé le poste de secrétaire général de la Francophonie. Il n’y a pas eu d’élections, mais une procédure opaque. Le moment de déception passée, je tourne la page ». Vous avez dû accuser le coup quand même ?

    Bien sûr. Vous vous souvenez les conditions dans lesquelles on me l’a annoncé. J’étais dans ma chambre d’hôtel à Beyrouth. Pardon là, nous parlons de Dakar.

    De fait, on peut parler de Beyrouth avant, c’est-à-dire que nous sommes douze ans avant, en 2002. C’est la première fois que l’on pense à vous pour prendre les rênes de la Francophonie. Et c’est Abdou Diouf [l’ex-président du Sénégal] finalement qui va s’imposer…

    Dans mon cas à Beyrouth, nous avions fait les décomptes de voix de pays, même en tenant compte de ceux qui changent d’avis à la dernière minute. Je devais passer. Or, ce jour-là j’apprends que, lorsque les chefs d’Etat sortent, la veille donc de l’élection, du banquet pour monter dans le bus, le président Sassou [Denis Sassou-Nguesso], qui avait présenté ma candidature, est interpellé par le président Chirac qui lui dit « Denis, arrête tes conneries et retire la candidature d’Henri » -parce qu’il m’aimait bien, à part ça, Chirac. Et ça a été dit devant tout le monde. Et le président Sassou a été stupéfait. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans sa tête, mais je sais qu’on me réveille à minuit et je suis devant tous les chefs d’Etat d’Afrique centrale, réunis, qui font une tête d’enterrement. Je suis le seul à sourire et ils me racontent la chose.

    Nous voilà douze ans plus tard, en 2014, et vous êtes à nouveau candidat. Vous dites avant le sommet de Dakar, vous êtes déjà dans ce studio de RFI : « ce n’est pas à moi de faire campagne, c’est à mon président Denis Sassou-Nguesso, car je représente le Congo-Brazzaville ». Justement n’est-ce pas à cause de la mauvaise image du régime de Denis Sassou-Nguesso que vous n’avez pas réussi à avoir le poste en 2014 ?

    Cela a joué pour beaucoup dans la décision. Je crois que l’autre raison, c’était ma conception de la Francophonie. Il y avait d’une part la Francophonie politique, et moi j’étais pour la Francophonie de la langue et de la culture. La Francophonie à l’heure actuelle, ou plutôt l’OIF, est une organisation francophile, une alliance d’un certain nombre de pays,  qu’on parle ou pas le français, peu importe. Le résultat, c’est que l’OIF fait ce que d’autres font déjà. La démocratie, il y a une organisation spécialisée des Nations unies à Genève qui s’occupe de cela. L’environnement, d’autres s’en occupent avec plus de moyens. Et je ne vois pas ce que la Francophonie apporte de mieux.

    Vous avez suivi le dernier sommet de la Francophonie à Erevan. Que pensez-vous de la mise à l’écart de Michaëlle Jean au profit de Louis Mushikiwabo ?

    En tant qu’Africain, je me réjouis qu’une Africaine, une femme soit à la tête de cette organisation. Et je pense que les idées de Louise Mushikiwabo ne sont pas loin des miennes.

    Pensez-vous que l’OIF va revenir à ses fondamentaux culturels et linguistiques ?

    Je le souhaite.

    Mais n’est-ce pas au détriment de la démocratie et des droits de l’homme ?

    J’ai eu, grâce à l’amabilité et à l’amitié du président Abdou Diouf, à me rendre une fois au Niger, une fois en Guinée pour suivre des élections. La Francophonie pesait peu en Guinée. Nous devions être 12, mais l’Union africaine avait une centaine de gens. Et l’Union européenne, plus de 300. Nous, nous faisions un sondage homéopathique.

    Quel a été dans votre vie votre plus grand regret ? Quel a été votre plus grand bonheur ?

    Mon plus grand bonheur, c’est d’être né à la fin ou plutôt à la moitié du XXe siècle [1937], et d’avoir participé à la construction nationale de mon pays et aux indépendances africaines. Mon plus grand regret, j’avais une mère et un père nourricier qui lui était Français. Ils m’ont éduqué dans cet esprit : ne jamais regretter ce qu’on a fait, sauf si on a écrasé quelqu’un dans la rue. Mais même les erreurs qu’on a commises, elles nous ont aidés à nous bonifier.

    Donc les vrais regrets, vous les gardez pour vous ?

    Voilà.


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