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    MBS change d'image

    Le samedi 20 octobre 2018, l'Arabie saoudite a reconnu que le journaliste dissident Jamal Khashoggi avait été tué à l'intérieur de son consulat à Istanbul. AFP/Mohammed Al-Shaikh

    L'affaire Jamal Kashoggi continue d'animer le monde politico-médiatique cette semaine alors qu'elle soulève une problématique importante : qu'en est-il de la relation entre les médias internationaux et le royaume d'Arabie Saoudite ?

    C’est une anecdote, mais elle en dit long sur le mépris dans lequel le prince Ben Salmane tient la presse. Nous sommes en mars dernier et le chef du service étranger du journal Le Monde prend l’avion depuis Paris pour atterrir aux Etats-Unis où il a rendez-vous pour une interview avec Mohammed ben Salmane (MBS). Seulement voilà, sur place, le journaliste comprend qu’il ne pourra finalement pas interviewer le prince héritier. Il n’y a plus de créneau dans son agenda. Bien sûr, tout cela n’est pas grand-chose à côté de l’assassinat de Jamal Khashoggi imputé aux services saoudiens au consulat d’Istanbul. Mais il montre bien que Ben Salmane, qui était encore perçu il y a six mois comme un réformateur, n’avait alors que faire d’entretenir son image auprès d’un grand quotidien français.

    Aujourd’hui, le prince a complètement changé de visage auprès des médias internationaux. Certes, on savait que l’Arabie saoudite était un pays autoritaire, où les médias indépendants étaient inexistants, ou le blogueur Raif Badawi a été condamné à 1 000 coups de fouet et dix ans de prison en 2015. Mais certains croyaient aussi à la fable d’un pays s’étant plus réformé en deux ans qu’en quarante avec son permis de conduire pour les femmes et sa lutte anticorruption. Une image vendue en France par Havas, pour qui il s’agissait, avec ce pays, « d’égrainer les bonnes nouvelles et de concentrer les mauvaises ».

    Mais voilà que l’assassinat de ce journaliste saoudien, proche des frères musulmans, rebat les cartes. Non seulement parce qu’il a été commis dans un état étranger où il se croyait à l’abri mais aussi parce qu’il touche de près l’Amérique, dans la mesure où Jamal Khashoggi était éditorialiste au Washington Post. Donald Trump a menacé Ryad de « très graves » conséquences si sa responsabilité était démontrée. Surtout, de nombreux médias et entreprises américains ont déclaré forfait pour un forum économique surnommé le Davos du désert. Non seulement Uber, Google, Ford mais aussi tous les grands journaux américains.

    En France, les désistements arrivent aussi. Après Bruno Le Maire, des entreprises françaises ont déclaré forfait. Certes, on peut se demander pour combien de temps alors que 500 milliards de dollars sont en jeu dans le plan Vision 2030 de MBS. Mais Le Figaro, dont est actionnaire Olivier Dassault, vice-président du groupe d’amitié France-Arabie saoudite à l’Assemblée nationale, titre sur « L’onde de choc de l’affaire Khashoggi ». Cela rompt avec une situation, pas si ancienne, où Le Figaro, comme beaucoup de ses confrères, couvrait a minima la guerre au Yémen déclenchée par le même prince Ben Salmane.


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