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    Au Mali, «la gestion rationnelle des ressources naturelles reste un défi»

    Un berger sur le Niger, près de Tombouctou en 2013. AFP/Pascal Guyot

    L’organisation néerlandaise de développement (SNV) a mis en place dans les régions de Gao et de Ménaka, au nord du pays, le programme Garbal, un service d’informations à destination des éleveurs nomades. L’Agence spatiale néerlandaise, des associations d’éleveurs sur le terrain et Orange Mali, joignent leurs efforts pour mettre à disposition des éleveurs des informations sur les ressources en eau ou pâturage. Lancé en novembre 2017, ce service présente ses premiers résultats et pourrait changer les modes de transhumance dans le Sahel. Jean de Matha Ouedraogo, directeur de la SNV au Mali, répond aux questions de Gaëlle Laleix.

    RFI : Vous avez lancé le programme Garbal, un service d’informations destiné aux éleveurs pasteurs en zone aride. En l’occurrence, vous avez démarré dans les régions de Gao et Ménaka, au nord du Mali. Est-ce que vous pouvez nous expliquer dans les grandes lignes comment fonctionne Garbal ?

    Jean de Matha Ouédraogo : Garbal, c’est un service d’informations au profit des agro-pasteurs et des pasteurs. Disons que c’est une agrégation d’informations provenant des satellites sur la disponibilité de la biomasse et de l’eau, qui sont traitées par un partenaire. Ensuite, des informations brutes venant aussi du terrain sur la qualité de la biomasse, sur la concentration du cheptel, sur le prix du bétail, le prix des céréales. Ces informations sont collectées par un partenaire local. Et tout cela est agrégé à travers un web sécurisé au niveau de Orange Mali. Pour accéder à ce service, on utilise des téléphones mobiles pour des appels directs au centre d’appel, ou alors à travers des requêtes par l’usage de SMS.

    Quel est l’objectif du service Garbal ?

    Garbal vise l’amélioration de la résilience des éleveurs pasteurs face aux évènements climatiques extrêmes. Donc ce service pourrait leur fournir alors les informations suivantes sur la disponibilité et la qualité de la biomasse dans le cadre de leur parcours, la disponibilité en eau de surface, la concentration du cheptel, le prix du bétail, les prix des céréales, les prix de l’aliment du bétail sur les marchés le long des différents axes de transhumance.

    Cela fait un an maintenant que Garbal a été lancé. C’est d’ailleurs pour cela qu’on en parle sur notre antenne aujourd’hui, parce que vous avez amassé maintenant un certain nombre de données sur la région. Est-ce que vous pourriez nous donner les résultats que vous avez obtenus ?

    Nous avons près de 1200 appels, mais aussi bien sûr près de 32 000 requêtes USSD [Unstructured Supplementary Service Data], 21 500 utilisateurs qui ont été enregistrés. Ce qui témoigne bien sûr de l’intérêt pour le service. Et ce qui est vraiment intéressant aussi depuis le début, c’est l’effectivité de cette information : plus de 90% indiquent avoir pris des décisions différentes en fonction des informations reçues. C’est un impact parce que par le passé, les pasteurs se fiaient à leur savoir ancestral. Mais avec les problèmes de changements climatiques, ils se rendent compte que de plus en plus, il faut d’autres informations additionnelles. Donc ces informations qui sont reçues leur ont permis de prendre des décisions beaucoup plus fiables, et beaucoup plus bénéfiques pour la transhumance de leur bétail.

    Comme quoi par exemple ?

    Changer d’itinéraire ou rester plus longtemps dans une zone de pâturage avant de bouger, c’est un exemple. Un autre exemple en termes d’impact aussi, c’est la question de la mortalité du bétail. Le taux de mortalité des bovins était donc de 24% inférieur comparé à ceux qui n’utilisent pas Garbal dans la même communauté. Garbal leur a permis de minimiser leur perte en termes d’animaux pendant la période même difficile, à cause bien sûr de la fiabilité des informations fournies et de la rationalité des choix du mouvement du bétail. Car nous sommes dans une zone de précarité parfois en termes de ressources naturelles qui est la base de l’alimentation du bétail, que ça soit le fourrage ou le pâturage ou alors l’eau. Donc bouger un troupeau d’une zone à une autre zone, c’est une prise de risque énorme et s’assurer qu’à l’arrivée et tout au long du parcours, on est en mesure de permettre aux animaux de paître et de boire, c’est très important pour la survie des troupeaux.

    Du point de vue des ressources en eau, pour les régions que vous avez pu observer - en l’occurrence vous avez démarré votre programme à Gao et à Ménaka, dans le Nord -, quelle est la situation ?

    Il est clair que cette zone est en proie à la sécheresse et à la désertification. Et nous constatons quand même que depuis plusieurs décennies, il y a un dérèglement chronique du climat : il y a des sécheresses, il y a des inondations fréquentes. Et cela joue sur les moyens d’existence des populations qui, majoritairement, dépendent de la culture et de l’élevage pour survivre.

    Les éleveurs sont confrontés à plusieurs défis. Je pourrais parler d’abord de l’alimentation des animaux. Au-delà de l’alimentation par le pâturage, il y a l’alimentation complémentaire. Cela demeure un défi pour les éleveurs. La question de l’amélioration de la santé animale.

    Il y a un développement des infrastructures et des équipements de commercialisation ou de transformation des produits d’élevage parce que ce n’est pas de l’élevage de contemplation. De plus en plus, tout le monde reconnaît que pour que cet élevage puisse survivre, il faut des considérations d’ordre économique, d’ordre commercial. Et la question des infrastructures et des équipements de commercialisation de transformation de ces produits reste quand même un défi.

    Peut-être le dernier, mais le moindre quand même, c’est la gestion rationnelle des ressources naturelles. Dans une situation de précarité, il y a parfois des conflits qui naissent autour de la gestion de l’utilisation des ressources naturelles. Donc la gestion rationnelle de ces ressources aussi reste un défi sur des grands ensembles comme celui du Sahel et parfois des grands ensembles de mouvements qui appartiennent à plusieurs pays à la fois.


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