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    Bitcoin: une décennie de succès et de turbulences

    Le bitcoin s'échange aujourd'hui à 6300 dollars. REUTERS/Dado Ruvic

    Le bitcoin célèbre ses 10 ans. Le 31 octobre 2008 était publié le « livre blanc », de la première monnaie virtuelle décentralisée. Manifeste rédigé par Satoshi Nakamoto, le père du Bitcoin dont on ignore toujours la véritable identité.

    Cette devise doit permettre écrit-il d’« effectuer des paiements en ligne d’un tiers à un autre sans passer par une institution financière ». Et pour cela, il prévoit d’utiliser un système de blockchain (chaîne de blocs en français), un registre partagé par des milliers d’utilisateurs. Pour faire simple, chaque bloc émis toutes les 10 minutes environ récapitule le détail des dernières transactions effectuées. Pour pouvoir pirater le système, il faut donc modifier l’intégralité des blocs et convaincre la majorité des utilisateurs qui détiennent une copie de la chaîne d’approuver la nouvelle version. C’est ce qui rend le bitcoin, en théorie, inviolable. En échange, les « mineurs » qui mettent leur matériel et leur force de calcul à disposition reçoivent des bitcoins.

     → A (RE)LIRE : Monnaies virtuelles: les «mineurs» de bitcoins en quête de nouveaux filons

    Mais dans la pratique, il faudra attendre le 3 janvier 2009 pour que soit émis le premier bloc et les débuts sont assez timides. La première transaction n’a lieu qu’une dizaine de jours plus tard et le premier achat dans le monde réel un an et demi plus tard, quand le développeur Laszlo Hanyecz se fait livrer deux pizzas en Floride.

    Une très forte volatilité

    Il faut dire qu’au début le Bitcoin ne valait pas grand-chose. La valeur du Bitcoin est basée, au début, sur le coût de production, celui de l’électricité. Le 5 octobre 2009, il ne vaut pas plus de 0,001 dollar américain, selon le site bitcoin.fr. Depuis, il a pris des couleurs, mais son taux fluctue énormément. Le Bitcoin a atteint en décembre dernier une valeur record de plus de 19 500 dollars avant que la bulle n’éclate. Il s’échange aujourd’hui à 6300 dollars. Pour bien se rendre compte de son évolution, il existe un indice informel : le compte Twitter bitcoin_pizza indique chaque jour la valeur actuelle en dollars du premier achat. Si Laszlo Hanyecz avait mis de côté ses 10 000 bitcoins plutôt que de se faire livrer deux pizzas, il aurait aujourd’hui pas loin de 63 millions de dollars.

    Entre fascination et inquiétude

    Une valeur très instable donc pour cette monnaie qui fascine autant qu’elle effraie. Le Bitcoin, créé juste après la faillite de Lehman Brothers qui avait jeté le discrédit sur les monnaies traditionnelles, est considéré par certains comme une philosophie voire comme « un nouveau régime de société avec plus de liberté » selon Anthony Lesoismier, cofondateur du fonds d’investissement Swissborg.

    Mais les institutions traditionnelles s’inquiètent aujourd’hui des risques présentés par le Bitcoin, même si ce n’est pas toujours suivi d’effets. La Banque Centrale européenne, par exemple, estime qu’elle n’a pas à le réglementer, mais elle met en garde. Elle ne le considère d’ailleurs même pas comme une monnaie. Il faut dire que sa très forte volatilité reste un frein à l’utilisation massive du Bitcoin. Il fait surtout office de réserve de valeurs ou d’actif de spéculation. Mais, c’est un pari très risqué d’autant que les vols de Bitcoin ne sont pas impossibles.

    Les partisans de la monnaie décentralisée espèrent que de l’autre côté de l’Atlantique, le gendarme de la bourse sera plus enthousiaste. La SEC doit se prononcer sur des fonds adossés au cours du Bitcoin qui pourraient être côtés à la bourse à New York. Jusqu’à présent elle n’a opposé que des refus. Il n’empêche que le Bitcoin a déjà acquis une légitimité avec l’arrivée fin 2017 de contrats à terme sur plusieurs plateformes boursières ayant pignon sur rue comme le Chicago board options exchange (CBOE).

    Mais le Bitcoin ne présente pas qu’un risque financier. A ses débuts, il a surtout été utilisé sur le darknet pour acheter des armes et de la drogue. Et les inquiétudes perdurent. Le Groupe d’action financière, le Gafi, a appelé ce mois-ci les Etats à « prendre d’urgence des mesures » pour éviter que l’anonymat permette des opérations de blanchiment d’argent, d’évasion fiscale ou de financement du terrorisme.

    Autre critique faite au Bitcoin : sa consommation en énergie

    Son fonctionnement requiert l’utilisation de nombreux ordinateurs. Selon le site bitcoin.fr lui-même, le réseau consommerait à l’heure actuelle au moins 31 terawattheure par an, ce serait la production de plus de 4 réacteurs nucléaires.

    Mais le système monétique classique consomme lui aussi « via les distributeurs de billets, et les systèmes de cartes bancaires », argue Owen Simonin, fondateur de Just mining. Et cela n’est pas une fatalité assure-t-il : « c’est l’objectif de tout mineur de Bitcoin de consommer le moins possible, car il gagne des commissions, mais si je gagne dix euros par jours, mon but ce n’est pas de payer dix euros d’électricité. » Jean-Paul Delahaye, professeur à l’université de Lille, considère lui qu’il faut faire en sorte que les cryptomonnaies adopter des systèmes de sécurité moins énergivores.  

    Le Bitcoin fait des émules

    Cela dit, le Bitcoin est aussi source d’inspiration. Plus de 2000 monnaies virtuelles ont germé dans son sillage. L’ethereum ou le litecoin par exemple.

    Et si le concept est un peu différent, une cryptomonnaie a également été lancée par un Etat. Pour tenter de relancer l’économie du Venezuela, le président Nicolas Maduro a voulu la création du Petro, une monnaie virtuelle adossée aux réserves de pétroles vénézuéliennes.

    Au-delà de la cryptomonnaie, c’est le système de blockchain qui intéresse. Huit banques dont BNP Paribas s’associent pour lancer une plateforme d’échange entre partenaires commerciaux et banques. Cela permettrait d’accélérer et de simplifier le commerce international.

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