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    Le nickel calédonien, un enjeu plus économique que politique aujourd'hui

    La mine de nickel de Kouaoua dans la partie française de la Nouvelle-Calédonie, le 18 septembre 2018. ©Claudine WERY/AFP

    Le nickel demeure un pilier de l'économie en Nouvelle-Calédonie. Mais à quatre jours du référendum d'autodétermination dans le territoire français du Pacifique, ce minerai n'est plus un enjeu politique aussi brûlant.

    Depuis les accords de Nouméa, le nickel a renforcé son poids dans l'économie de la Nouvelle-Calédonie. Ce territoire qui doit choisir son destin, avec ou sans la France, dimanche, est même devenu le troisième fournisseur mondial derrière les Philippines et l'Indonésie : 215 000 tonnes d'équivalent métal pour cet ingrédient galvaniseur d'acier. Le secteur fournit un emploi sur cinq sur le « Caillou ».

    En vingt ans deux nouvelles usines de traitement du minerai ont vu le jour, en plus de la centenaire usine de SLN, la Société Le Nickel, filiale du français Eramet, installée aux abords de la capitale.

    Stratégie payante de la province Nord

    La province Nord à majorité kanake, la communauté autochtone, exploite à son tour des gisements et elle a son usine. Des choix d'investissement judicieux, qui font, selon le spécialiste des métaux Didier Julienne, que le nickel n'est plus un enjeu aussi brûlant du prochain scrutin. « Le nickel est un enjeu politique moins essentiel car un rééquilibrage économique a réellement eu lieu depuis une vingtaine d'années. Avec d'une part la liberté qui a été conquise par les entrepreneurs kanaks du Nord d'entreprendre dans le nickel et puis d'autre part le succès qui a été celui de l'usine de Koniambo dans le nord, et puis surtout de l'usine de Corée en partenariat avec l'aciériste coréen Posco. »

    Ce partenariat était une première, les Calédoniens prenant une participation majoritaire au capital d'un client coréen. Une garantie de débouché du ferronickel, et de revenus sur les ventes d'acier.

    Difficultés de SLN et de Vale

    Le secteur connaît malgré tout des difficultés. Les cours du nickel font du yo-yo, ils sont deux fois moins élevés qu'en 2011. Difficile pour le nickel calédonien de résister à la concurrence des pays producteurs à bas coût, Philippines, Indonésie, qui dominent aujourd'hui le premier marché au monde qu'est devenue la Chine. Plus difficile aussi de nouer des partenariats gagnants avec les clients chinois.
    SLN sort péniblement d’un état de quasi-faillite, et son approvisionnement a été perturbé par des barrages d’opposants à la réouverture d'une mine, à Kouaoua (nord-est).
    Monter en gamme... c'est ce que tente le Brésilien Vale au sud de l'île, son usine produit du nickel très pur et du cobalt pour les batteries. Mais les coûts de stockage des résidus pourraient remettre en cause cet investissement si aucun actionnaire ne vient épauler Vale d'ici la fin de l'année.

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