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    La Côte d'Ivoire veut transformer son anacarde

    Préparation au séchage des noix de cajou à Abidjan en Côte d'Ivoire (photo d'illustration). AFP/Sia Kambou

    Du 8 au 10 novembre, Abidjan accueille le salon des équipements et technologies de transformations de l’Anacarde. La Côte d’Ivoire, devenu premier producteur mondial de cajou, s’estime trop dépendante des exportation et a pour objectif de transofmer sur place la moitié de sa production d’ici 2020.

    Plus de 700 000 tonnes produites l’an dernier. Près de 800 000 cette année d’après les estimations de NKalo, un organisme de conseil spécialisé. Devant la presse il y a quelques jours, le directeur général du Conseil du coton et de l'anacarde ivoirien, Adama Coulibaly, s’est félicité de cette place de premier producteur mondial d’anacarde.

    Pour la campagne 2018 toujours en cours, 738 000 tonnes de cajous ont été commercialisées, dont 591 000 tonnes exportées. Et c’est là le maillon faible de la filière ivoirienne. Les autorités estiment qu’elle est trop dépendante des exportations. 7 % de la production ivoirienne d’anacarde seulement est transformée. Le reste part surtout en Asie, notamment au Vietnam pour y être transformé et répondre à une demande en hausse de la noix de cajou.

    S’affranchir de la dépendance aux transformateurs

    Depuis 3 ans, la demande croissante a tiré les prix vers le haut, jusqu’en mars 2018 où s’est amorcée une baisse continue. Le Vietnam, premier transformateur mondial a fortement ralenti ses commandes et les stocks se sont accumulés en Côte d’Ivoire. Le Conseil coton anacarde annonçait fin octobre 18 000 tonnes de cajous invendues. Ce à quoi il faut ajouter une partie de la production, difficile à estimer précisément, qui s’échappe frauduleusement vers le Ghana voisin ou la fiscalité permet un meilleur prix de revient.

    Quoi qu’il en soit, pour s’affranchir de cette trop forte dépendance aux transformateurs, la Côte d’Ivoire ambitionne de transformer d’ici 2020 la moitié de sa production d’anacarde sur place, contre 7 % l’an dernier. Pour ce faire, le gouvernement envisage de subventionner l’exportation d’amandes blanches, c’est-à-dire transformées, via notamment des exonérations fiscales. Mais surtout les autorités promettent 4 grandes plateformes industrielles à Bouaké, Bondoukou, Séguéla et Korhogo. Des plateformes disponibles dès 2019, a promis Adama Coulibaly, et destinées à attirer les industriels, à les inciter à y mettre en place leurs usines, en leur fournissant eau, électricité et téléphone, et en réglant en amont les éventuels problèmes de conflits fonciers locaux.

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