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    Rétablissement des sanctions contre l'Iran: acte II

    Le président américain Donald Trump arbore la signature du retrait des Etats-Unis de l'accord sur le programme nucléaire en Iran et du rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran, le 8 mai dernier à la Maison Blanche. GETTY IMAGES

    Les Etats-Unis concrétisent leur retrait de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015. Après un premier train de sanctions en août, Washington accentue la pression sur Téhéran, en rétablissant un second volet de mesures punitives (qui seront annoncées dans le détail ce lundi 5 novembre à 13h30 TU). Mais, c'est déjà certain : l'administration Trump cherche à asphyxier l'économie iranienne.

    Première cible : le secteur énergétique et en particulier le pétrole. Même si l'Iran a l'une des économies les plus diversifiées de la région, sa dépendance aux hydrocarbures reste forte. Les exportations de pétrole assurent 40% des recettes de Téhéran, selon la Banque mondiale. C'est donc un gros manque à gagner, d'autant que ces sanctions ne concernent pas que les Américains.

    Certes, les Etats-Unis sont les seuls à sortir de l'accord de 2015, mais ils exercent une sorte de chantage sur les pays tiers : les entreprises qui continueront à importer du pétrole iranien n'auront plus accès au marché américain. De quoi faire réfléchir ! Pour Total, c'est même déjà tout vu : le groupe français a annoncé son retrait de l'Iran dès le mois d'août. De l'autre côté des Alpes, le géant gazier italien Eni, dont le contrat d'achat de 2 millions de barils de pétrole chaque mois expire à la fin de l'année, n'a pas signé de nouvel accord.

    Le système bancaire dans le viseur

    Washington s'attaque aussi au système financier et le même principe s'applique. Les entités qui engageront des transactions avec les banques iraniennes inscrites sur la liste noire se verront refuser l'accès au système financier américain.

    Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a aussi martelé que le système Swift serait lui aussi concerné. Or, cela couperait le banques iraniennes du circuit financier international.

    Et cela s'ajoute aux sanctions déjà prises en août dernier visant l'achat de dollars par le gouvernement iranien ou encore les achats et les ventes pour un montant important de rials, la monnaie iranienne.

    En s'attaquant au système financier, Donald Trump touche au cœur de l'économie iranienne qui ne pourra plus irriguer les autres secteurs. Même des activités qui ne sont pas directement visées par les sanctions pourront être affectées, faute parfois de pouvoir être payées.

    Quid des transactions pour les biens humanitaires ?

    Certains secteurs sont toutefois épargnés. En théorie, les transactions à des fins humanitaires ne porteront pas à sanctions, notamment en ce qui concerne l'alimentation et le matériel médical. Mais l'inquiétude monte. Gérard Araud, l'ambassadeur de France à Washington, souligne que « les banques ont tellement peur des sanctions qu'elles ne veulent plus rien avoir à faire avec l'Iran ». Il faut dire que Steven Mnuchin n'est pas rassurant. Le secrétaire au Trésor a averti les établissements financiers qu'ils devraient faire attention à ne pas procéder à des transactions déguisées.

    Devant l'imminence de l'entrée en vigueur de ces mesures, le guide suprême iranien s'en est pris vertement à Donald Trump sur Twitter, ce week-end. Ali Khamenei assure néanmoins : « Le pouvoir de contraindre des Etats-Unis, en utilisant leur puissance économique et militaire est en déclin. » Mais beaucoup de questions se posent encore sur les conséquences des sanctions américaines.

    Un « véhicule spécial » pour contourner les sanctions

    Le fait est que le retour des sanctions a déjà plongé l'Iran dans une récession et l'an prochain, l'économie devrait se contracter de 3,6%, selon le FMI.

    Mais l'impact dépendra en partie de l'efficacité des moyens mis en place pour contourner l'embargo. Les Européens veulent protéger leurs acteurs économiques tout en faisant en sorte que Téhéran ne se retire pas de l'accord de 2015. Bruxelles a annoncé la mise en place d'un système de troc destiné notamment aux transactions pétrolières. Mais des doutes persistent sur la date. Ce « véhicule spécial », (Special purpose vehicle, SPV) ne sera peut-être pas opérationnel avant début 2019. Et certains experts estiment qu'il ne peut pas être utilisé pour de grandes quantités de pétrole.

    Mais cela ne veut pas dire que l'Iran n'exportera plus une goutte de brut. Huit pays bénéficieront d'une dérogation temporaire. La Turquie, l'Irak et la Corée du Sud disent figurer sur la liste. La Chine, l'Inde et le Japon devraient également en faire partie. Des Etats épargnés parce qu'ils réduisent progressivement leurs importations.

    Par ailleurs, et au-delà des éventuels systèmes de troc, l'Iran pourrait continuer à écouler sa production en le mélangeant à du pétrole irakien ou en la vendant en toute discrétion. Depuis plusieurs jours, les tankers iraniens éteignent leur transpondeur pour éviter les systèmes de localisation, selon les experts du site Tanker Tracker.

    Cela dit, la production de pétrole iranien a déjà beaucoup chuté. Les exportations estimées sont passées de 2,5 millions de barils par jour en avril à 1,6 millions en septembre. Alors, quelle sera la conséquence sur le prix du brut ? Pour l'instant, d'autres producteurs, comme l'Arabie saoudite, vont augmenter leur production, mais certains acteurs du marché se demandent si le royaume n'épuise pas ses capacités de réserve.

    En bref, le prix des carburants en hausse en France, en raison des taxations cette fois, Emmanuel Macron assume sa politique.

    Le président s'est exprimé dans les colonnes de journaux du nord de la France, face à la grogne, il fait un geste. Il demande au gouvernement d'accompagner une aide au transport pour les personnes qui font plus de 30 km pour se déplacer.

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