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    Sahara occidental: «Il y a des changements évidents dans l'exécutif algérien»

    La chercheuse Khadija Mohsen Finan enseigne à l'université Paris-1 © IRIS

    Au bout de 43 ans, le conflit du Sahara occidental va-t-il enfin trouver une solution ? C'est le fol espoir du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui a réussi à convaincre les quatre principaux acteurs intéressés à se retrouver autour d'une table, le 5 décembre prochain à Genève. Pourquoi l'Algérie accepte-t-elle de venir à cette table ronde ? La chercheuse Khadija Mohsen Finan enseigne à l'université Paris 1 et vient de publier Dissidents du Maghreb, aux éditions Belin. En ligne de Tunis, elle répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Six ans après les discussions de Manhasset aux Etats-Unis, une nouvelle table ronde est annoncée le 5 décembre à Genève et pour la première fois l’Algérie et la Mauritanie acceptent d’y participer. Est-ce que c’est une avancée ?

    Khadija Mohsen-Finan : Oui. C’est une avancée. Cela permet, en effet, de sortir de ce tête-à-tête, de ces négociations stériles qui n’ont rien donné jusque-là. Cela permet aussi d’impliquer les pays limitrophes du Sahara, d’autant qu’on le veuille ou non, l’Algérie joue un rôle évident dans ce conflit et que la Mauritanie est un pays quand même très concerné par ce conflit. Donc cela me paraît être un élément susceptible de créer une dynamique nouvelle.

    Et qu’est-ce qui vous fait dire que l’Algérie joue un rôle évident dans ce conflit ?

    L’Algérie est quand même le tuteur du Front Polisario depuis 1975 et lui a offert un sanctuaire très symboliquement situé dans la ville de Tindouf qui était revendiquée par le Maroc. Et d’autre part, lui a offert sa diplomatie. C’est évident que l’Algérie – et ils ne s’en cachent pas d’ailleurs –, appuie le Front Polisario au nom du droit des peuples à s’autodéterminer.

    Jusqu’à présent, l’Algérie a toujours refusé de s’impliquer dans les négociations en avançant l’idée que c’était une affaire entre Marocains et Polisario. Est-ce qu’elle est en train de changer de stratégie ?

    Je n’irais pas jusque-là. Je ne sais pas ce qui se passe exactement en Algérie et il y a peu de gens qui le savent véritablement. Mais je crois que le fait de ne pas les appeler négociations a permis à l’Algérie de venir. Je crois aussi qu’il y a des changements évidents au niveau de l’exécutif algérien et que l’armée, le nouvel exécutif ou l’exécutif qui se prépare à prendre les rênes du pouvoir aimerait peut-être approcher différemment les choses et s’impliquer dans ce conflit. Il se peut qu’il y ait un changement du côté algérien.

    Dans un communiqué, l’Algérie accepte de prendre part à cette table ronde en sa qualité d’Etat voisin, mais demeure convaincue que seule une négociation directe entre Maroc et Polisario peut conduire à une solution.

    Oui, mais je pense que si on peut faire bouger les lignes jusque-là, et on sait que de toutes les manières ce que va dire le Front Polisario est très déterminé par l’Algérie, je pense que ce n’est pas mal que l’Algérie s’implique dans un premier temps, quelle que soit la rhétorique qui enrobe sa venue à Genève en décembre prochain.

    Depuis l’invitation lancée par Guterres et Köhler l’Algérie est prise au piège, affirme la presse marocaine. Qu’est-ce que vous en pensez ?

    Je pense que l’Algérie ne peut plus répéter inlassablement qu’elle ne peut pas faire partie des négociations, parce qu’il ne s’agit pas de négociations. D’un autre côté, l’Algérie ne peut pas s’exclure de ces discussions, car ces discussions ont un caractère régional. Or, si l’Algérie entend jouer un rôle clé dans les relations régionales, elle ne peut pas ne pas y être. Donc ce n’est pas faux de dire que l’Algérie aujourd’hui ne peut pas ne pas y aller et je pense que l’Algérie ira en traînant les pieds.

    Entre deux maux, elle choisit le moindre ?

    Entre deux maux elle choisit le moindre. Elle peut aussi participer à ces discussions sans être véritablement active. Mais en mettant en avant le fait qu’elle peut jouer un rôle clé dans cette recherche de règlement de cette issue, elle montre qu’elle est capable de dynamisme, alors que le Maroc s’enferme toujours dans ce plan de paix qu’il a proposé en 2007.

    Une opération séduction de la part d’Alger ?

    Peut-être. Comme savaient le faire traditionnellement les Algériens en matière de diplomatie, d’ailleurs.

    Mais peut-être aussi pour simplement jouer un rôle de figurant le 5 décembre à Genève, non ?

    C’est possible. Il est possible qu’ils ne disent rien et qu’ils restent silencieux, se contentant d’être là. Mais on va voir comment vont évoluer les choses en Algérie d’ici là. Quel va être le poids de l’armée dans l’exécutif ? Qui, de l’armée, va être effectivement en charge de ce dossier ? Est-ce que c’est Gaïd Salah qui va être en charge ? Cela change quand même la donne.

    Parce que le général Gaïd Salah vous paraît plus réaliste que d’autres ?

    Il me paraît plus pragmatique. On est en train de présenter Bouteflika à un prochain mandat et on ne veut pas montrer que l’Algérie est immobile. On veut montrer que l’Algérie est encore capable de jouer un rôle régional, qu’elle s’intéresse à la vie de la région et qu’elle peut la déterminer.

    Sur le fond, le Polisario réclame toujours un référendum d’autodétermination, tandis que le Maroc propose toujours un plan d’autonomie. Qu’est-ce qui peut changer à Genève ?

    La nouvelle équipe onusienne invite les protagonistes aujourd’hui à plus de pragmatisme. Et je pense que c’est tout à fait nécessaire, ne serait-ce que pour la sécurité de la région, mais aussi, d’un point de vue humanitaire, en prenant en considération les populations sahraouies qui vivent divisées entre le Sahara sous administration marocaine et les familles qui sont encore à Tindouf.

    Côté américain, le principal négociateur c’est John Bolton. Depuis l’époque où il conseillait le médiateur américain James Baker, il connait très bien le dossier et il est protagoniste. Est-ce qu’il est plus proche des Marocains ou plus proche du Polisario ?

    J’ai l’impression que John Bolton n’est proche ni des Marocains ni du Front Polisario. Je pense qu’il aurait été pour un référendum d’autodétermination après une période d’autonomie, comme le disait le plan de paix de James Baker. Mais comme cela a été écarté, il est obligé de prendre les choses autrement. Cela veut dire prendre en considération l’entité sahraouie. Maintenant de là à dire qu’il serait pour un Etat sahraoui, un Etat supplémentaire dans la région, je ne le pense pas.


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