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    RDC: les vérités de Fridolin Ambongo, nouvel archevêque de Kinshasa

    L'archevêque Fridolin Ambongo, de la Conférence épiscopale (Cenco), lors de la signature de l'accord, le 1er janvier 2017 à Kinshasa. REUTERS/Kenny Katombe

    Depuis le 1er novembre, la puissante Église catholique congolaise a une nouvelle figure de proue. C'est Fridolin Ambongo, 58 ans, qui succède à Laurent Monsengwo, 79 ans, à la tête de l'archidiocèse de Kinshasa. Que pense-t-il de la machine à voter que le pouvoir veut imposer le 23 décembre prochain ? Est-il aussi critique que son prédécesseur à l'égard du régime de Joseph Kabila ? En ligne du Vatican, le nouvel archevêque de Kinshasa répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Votre élévation au rang d’archevêque tombe juste avant les élections du 23 décembre. Quelle est votre priorité dans les semaines à venir ?

    Fridolin Ambongo : Il ne faudrait pas que le processus électoral et les divisions politiques puissent diviser le peuple de dieu qui est dans l’archidiocèse de Kinshasa.

    Le 8 août 2018, le président Joseph Kabila a renoncé à briguer un troisième mandat. Y êtes-vous pour quelque chose ?

    Dans la mesure où cette décision du président Joseph Kabila obéit aux dispositions de la Constitution et à l’Accord de la Saint-Sylvestre, nous pouvons dire que, pour le travail que nous avions abattu comme médiation, je crois qu’on peut dire oui.

    Vous avez joué un rôle…

    Oui.

    Les marches catholiques du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018 ont été brutalement réprimées. Il y a eu des morts. Sont-ils morts pour rien ?

    Je crois qu’ils ne sont pas morts pour rien. Et à cause de leur sacrifice, la situation a évolué dans la bonne direction.

    Dans l’Accord de la Saint-Silvestre 2016, dont vous êtes l’un des maîtres d’œuvre, étaient prévues de nombreuses mesures de décrispation de l’espace politique. Où en est-on aujourd’hui ?

    Effectivement, il y a eu beaucoup de ratés dans la mise en application de l’Accord de la Saint-Sylvestre, notamment sur le retour des exilés. Mais nous constatons que, sur ce plan-là, il y a eu plutôt une sorte de crispation au lieu de la décrispation qui était attendue.

    Vous pensez à Moïse Katumbi ?

    Nous pensons à Moïse Katumbi, la manière dont le dossier de Jean-Pierre Bemba a été traité et d’autres qui ont été exclus de la course comme [Adolphe] Muzito et tant d’autres.

    Jean-Pierre Bemba a tout de même été condamné pour subornation de témoins. Du coup, sa candidature n’a pas été validée par les autorités congolaises…

    A ma connaissance, jusqu’à maintenant, Jean-Pierre a été condamné en première instance pour subornation. Il a fait appel et jusque-là, ce dossier n’est pas encore clôturé. Les juges en appel ne se sont pas encore prononcés et ce qui me surprend, c’est qu’au niveau du pays, ce dossier est considéré comme une condamnation définitive. Donc là, je n’arrive pas à comprendre la motivation réelle de la Cour suprême.

    Vous pensez que c’est une décision injuste ?

    Je crois que c’est une décision politique. Oui.

    Le 10 septembre dernier, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a écrit une lettre à la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) pour manifester ses inquiétudes. De quoi s’agit-il ?

    C’est parce que la question de la machine à voter est une question qui risque ou bien de bloquer la tenue de ces élections, ou bien on tient les élections, mais le résultat ne sera pas accepté par les autres. Et notre intervention auprès de la SADC, tout comme nous le faisons auprès de la classe politique du Congo, c’est que cette question de la machine à voter soit traitée par la tripartite -la majorité, l’opposition, la Céni [Commission électorale nationale indépendante]-, pour qu’on puisse trouver un consensus, mais que ça ne devienne pas un obstacle pour la tenue des élections.

    La Céni a prévu un temps de passage d’une minute par électeur devant cette machine à voter. Est-ce que c’est crédible ou pas ?

    Pour nous, c’est très difficile à croire. Tous ceux qui ont eu affaire avec cette machine estiment qu’une minute, c’est trop peu. D’autant plus qu’il s’agit de trois élections couplées. Mais nous constatons que les uns et les autres s’obstinent dans leur position. Cela n’évolue pas, malheureusement.

    Et quand vous dites que « les uns et les autres s’obstinent », c’est-à-dire que le pouvoir veut maintenir la machine à voter alors que l’opposition menace de boycotter ?

    C’est tout à fait ça. Oui.

    Et alors votre position à vous. Faut-il envisager un système hybride : moitié machine à voter, moitié bulletin papier ?

    Mais s’il y avait vraiment de la bonne volonté de la part de la classe politique au Congo, je crois qu’on aurait déjà trouvé une solution intermédiaire. Par l’exemple, pour l’élection présidentielle où il n’y a pas trop de candidats, on pourrait utiliser le papier. Et pour les autres élections, on pourrait utiliser la machine parce que là, il y a trop de candidats. Cela pourrait être une solution intermédiaire. Mais il faut encore qu’il y ait la volonté politique, avec l’intention de trouver un compromis.

    Dans le fichier électoral, 6 millions d’électeurs sont enregistrés sans empreinte digitale. Est-ce que cela vous inquiète ?

    Cela nous inquiète. 6 millions, si vous prenez rien que ça, ça peut changer les résultats des élections. Tout ça doit être clarifié avant la tenue des élections pour créer un climat de confiance.

    Y a-t-il dans les prisons congolaises des cas emblématiques ?

    Par rapport au dialogue et à l’Accord de la Saint-Sylvestre, il y a toujours le cas de Diomi Dongala.

    Le patron de la Démocratie chrétienne…

    Oui, le patron. Il y a Diomi Dongala, il y a maître [Jean-Claude] Muyambo qui sont encore en prison jusqu’à maintenant. Ce sont des cas qui ont été pris en compte. On en avait parlé pendant le dialogue de la Cenco.

    De 2016…

    De 2016. Il n’y a rien qui est fait de ce côté-là, tout comme vis-à-vis de ceux qui sont en exil.

    Il y a quelques mois, votre prédécesseur Laurent Monsengwo a eu cette phrase : « Il faut que les médiocres dégagent ». Etes-vous d’accord ?

    Je comprends ce que le cardinal Laurent avait voulu dire. Sans peut-être revenir sur cette expression, la réalité fait que le peuple congolais a besoin d’une nouvelle place politique qui lui ouvre de nouveaux horizons.

    Et vous-même allez vous garder votre fameux franc-parler ?

    Je ne sais même pas si j’ai un franc-parler, mais je ne crois que mon arrivée à Kinshasa va changer ma nature.


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