GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 5 Décembre
Jeudi 6 Décembre
Vendredi 7 Décembre
Samedi 8 Décembre
Aujourd'hui
Lundi 10 Décembre
Mardi 11 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

    Kosovo: le projet de se doter d’une véritable armée irrite la Serbie

    Des membres de la Force de sécurité du Kosovo (KSF) montent la garde lors de l'inauguration, le 5 octobre 2018, d'un complexe commémoratif dédié aux 157 membres de l'Armée de libération du Kosovo, tués par les forces serbes pendant la guerre au Kosovo. Armend NIMANI / AFP

    Le Kosovo veut se doter d’une véritable armée, mais ce projet suscite naturellement la colère de la Serbie. Le gouvernement de Pristina multiplie les pas en ce sens, mais cela complique encore un peu plus le dialogue sur la difficile « normalisation » des relations entre Belgrade et Pristina. De quoi est-il exactement question ?

    Le Kosovo veut depuis longtemps disposer d’une véritable armée, considérant qu’il s’agit là d’une compétence normale pour un Etat véritablement souverain. Quand le petit pays avait proclamé son indépendance, en 2008, cette option avait pourtant été formellement écartée, d’autant qu’une mission de l’Otan, la Kfor, est toujours chargée de veiller à sa sécurité. L’année suivante, en 2009, le Kosovo a néanmoins créé des « Forces de sécurité », qui regroupent quelque 2 500 hommes, équipés d’armes légères, mais dont le mandat n’a jamais été clairement défini : ce ne sont pas des auxiliaires de la police, et nul ne sait très bien dans quelles circonstances elles doivent intervenir. Ce sont ces Forces de sécurité qu’il est désormais question de transformer en une véritable armée. Le 19 octobre, le Parlement du Kosovo a voté trois textes de loi engageant ce processus. Les textes, proposés par le gouvernement de Ramush Haradinaj, ont été adoptés à la quasi-unanimité. Même l’opposition les a soutenus, seuls les députés représentant la communauté serbe s’y opposant. Ces textes prévoient notamment que les forces de sécurité doivent désormais veiller à protéger « la souveraineté et l’intégrité territoriale du Kosovo », une référence directe aux projets de « correction des frontières », qui figurent depuis l’automne sur la table des négociations menées entre Belgrade et Pristina.
     
    Justement, Belgrade s’indigne vivement de cette décision ?
     
    Tout à fait. La Serbie ne reconnaît toujours pas l’indépendance du Kosovo, et considère ce pas vers la création d’une véritable armée, comme une « provocation ». Sur pression directe de Belgrade, une centaine de Serbes ont même quitté les Forces de sécurité du Kosovo, dont un dixième des effectifs doivent pourtant, en théorie, être issus des minorités nationales du pays. Jusqu’à présent, les partenaires occidentaux du Kosovo étaient plutôt réticents à le voir se doter d’une armée, mais il semble bien que les Etats-Unis, notamment, ne s’y opposent plus.
     
    Cette création progressive d’une armée du Kosovo ne simplifie pas le dialogue entre Belgrade et Pristina, mais où en est ce processus ?
     
    Bien malin qui pourrait vraiment le savoir ! Les chefs des deux Etats, le Serbe Aleksandar Vucic et le Kosovar Hashim Thaçi, se sont croisés à Bruxelles dans une ambiance glaciale la semaine dernière, avant de se retrouver à nouveau dimanche à Paris, à l’occasion des cérémonies du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918 et une nouvelle rencontre doit avoir lieu dans les prochains jours. C’est en réalité une partie complexe qui se joue : d’une part, Pristina multiplie les provocations, comme la création de cette armée ou l’augmentation, la semaine dernière, des droits de douane sur les marchandises importées de Serbie, mais d’autre part, les deux dirigeants sont bien décidés à conclure un accord « global » entre leur deux pays. Avant d’en venir aux immanquables compromis, qui seront d’ailleurs difficiles à faire passer auprès des opinions publiques des deux pays, leur intérêt est donc de faire monter les enchères, dans une classique logique de marchandage. Soucieux de leur image de marque internationale, désireux d’apparaître comme des « faiseurs de paix », Vucic et Thaci excellent également à allumer des incendies qu’ils s’empressent aussitôt d’éteindre. La logique du pompier pyromane a pourtant déjà bien souvent entraîné les Balkans vers la catastrophe.

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.