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    Le «Made in Comores» freiné par de nouvelles taxes

    Une vue de Moroni, la capitale de l'archipel des Comores. TONY KARUMBA / AFP

    Les produits comoriens à l’honneur lors de la 4e édition de la foire « Made in Comores » à Moroni la semaine dernière. Une initiative de l’Union des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture de l’archipel. Le ministre de l’Économie s’y est rendu promettant publiquement des baisses douanières à venir. Des propos contredits dans les faits par l'instauration d'une nouvelle taxe douanière entrée en vigueur au 1er novembre dernier, au grand dam des entrepreneurs. Reportage de notre correspondante à Moroni, Anziza M’Changama.

    Le patronat interroge la cohérence du gouvernement qui assure soutenir les entrepreneurs et producteurs comoriens alors que les ministres des Finances et de la Production ont signé un arrêté conjoint imposant depuis le 1er novembre dernier de 1,5 à 3 millions d’euros de taxes annuelles supplémentaires à l’exportation.

    Mahamoud Ali Mohamed, président de l’organisation patronale des Comores précise :« Quand on a eu la note, moi-même j‘ai appelé le ministère des Finances. Et ce que j’ai compris du conseiller des ministres des Finances, quand j’ai essayé de lui en parler, j’ai compris qu’il n’avait pas pris le temps de faire les calculs pour voir comment cela impactait le commerce et l’économie du pays. Nous avons quelques producteurs ici qui arrivent à exporter leurs produits, on est en train de mettre en place une taxe qui va les priver d’une grosse partie de leurs recettes. Ils vont le répercuter sur le consommateur. Si l’État met en application cet arrêté, c’est le consommateur qui va en pâtir. »

    Une position gouvernementale qui embarrasse Bianrifi Tharmidhi, le ministre de l’Economie venu soutenir le « Made in Comores ».

    « Au niveau des impôts, nous allons effectivement, parce que nous avons un objectif : faire de ce pays un pays émergent, et donc nous allons modifier certaines dispositions de barrières douanières pour ouvrir le commerce comorien à la structure mondiale c’est tout, pour la démonstration et la promotion du savoir-faire comorien ; dans le but que les consommateurs se rendent compte de leur génie de créativité. Je parle en tant que ministre de l’Économie, pas en tant que ministre des Finances. Le ministre des Finances a des obligations budgétaires à assurer. »

    A la Chambre de commerce, on préfère rester optimiste. Ahmed Bazi, son président, prône l’effort tout en encourageant le dialogue avec les autorités.

    « L’important c’est de promouvoir la production nationale, c’est promouvoir aussi en même temps l’entrepreneuriat. Il y a toujours ces arrêtés qui sont contestés par une partie du secteur privé, mais l’essentiel c’est qu’il y a une volonté de part et d’autre de s’asseoir autour de la table et de négocier. Il nous appartient aussi, secteur privé, d’être force de propositions, de sortir de cet attentisme, d’attendre que des mesures soient prises pour réagir. Mais d’apporter aux autorités les mesures ou les propositions de réformes à faire et de réglementation. »

    Le patronat demande au gouvernement de surseoir à l’application de l’arrêté sur les exportations.

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