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    Ebola en RDC: «Dialoguer avec certains groupes armés pour accéder aux malades»

    Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, lors de sa visite conjointe en RDC avec le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesu. 7 novembre 2018. un.org

    Au Congo Kinshasa, le ministère de la Santé révèle que le virus Ebola a tué plus de 200 personnes depuis le mois d'août dernier. « Pour lutter contre ce fléau, il ne faut pas hésiter à dialoguer avec certains groupes armés », dit en substance Jean-Pierre Lacroix. Le secrétaire général adjoint aux Nations unies pour le maintien de la paix rentre d'une tournée au Nord-Kivu. En ligne de Kinshasa, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier et s'exprime aussi sur la fameuse machine à voter.

    RFI : Contre l’épidémie Ebola au Nord-Kivu est-ce que l’OMS et la Monusco peuvent encore faire davantage ?

    Jean-Pierre Lacroix : Oui, certainement. Je crois que, s’agissant du virus lui-même – je suis moins bien placé que le directeur général de l’OMS pour en parler –, mais le constat c’est qu’il y a eu des progrès qui sont faits et de nombreuses vies qui ont été sauvées grâce au travail contre Ebola. Il faut continuer, il faut intensifier les efforts. La lutte n’est pas terminée, même si elle donne des signes plutôt encourageants. Maintenant, il y a un défi sécuritaire. Parce que ces groupes armés font souffrir terriblement la population, mais en plus, leur activité gêne considérablement le combat contre Ebola. Donc nous travaillons à améliorer la réponse sécuritaire.

    Et concrètement, Jean-Pierre Lacroix, Beni, par exemple - la ville de Beni au Nord-Kivu -, c’est à a fois l’épicentre de l’épidémie et l’épicentre de la rébellion ADF-Nalu. Est-ce que ce n’est pas une terrible coïncidence ?

    D’abord, il y a le dialogue quand c’est possible, parce que la réponse sécuritaire musclée est nécessaire parfois, mais parfois nous pouvons aussi engager les groupes [au dialogue]. Nous l’avons fait avec certains groupes, notamment Maï-Maï, ce qui a permis à nos collègues congolais et de l’Organisation mondiale de la Santé d’avoir accès à des villages très proches, voire même des Maï-Maï ou voire même contrôlés par certains groupes, de manière à ce que la population puisse avoir accès à des traitements, à de la prévention Ebola. Là aussi, cela a été très important. Cela a pu, je crois, sauver de nombreuses vies. L’autre approche complémentaire, c’est faire plus pour affaiblir les groupes, comme particulièrement les ADF avec lesquels le dialogue est très difficile, voire impossible et qui, en plus, sont particulièrement brutaux. Donc il va falloir faire des opérations de ce type, aller affaiblir les capacités de ces groupes-là où ils sont. Et cela requiert plusieurs choses. Un : une planification très étroite avec une étroite coopération des forces congolaises. Deux : il faut de l’information. Nous devons savoir plus sur ces groupes. Leurs emplacements, leurs modalités, leur équipement, leurs soutiens. Nous nous y employons. C’est difficile. Vous savez, le terrain est compliqué. Ce sont des groupes qui sont eux-mêmes très flexibles, très mobiles... Un petit peu, si vous me permettez cette comparaison, comme le virus Ebola lui-même. Et trois : il est fondamental que, lorsque nous nous attaquons à ces groupes de cette manière, nous fassions tout pour éviter les victimes civiles, ceux qu’on appelle parfois d’une manière un petit peu froide et détachée des victimes collatérales.

    En septembre dernier, à la tribune de l’ONU à New York, Joseph Kabila a dénoncé : « Les résultats largement mitigés de la Monusco au plan opérationnel. J’exige, a-t-il dit, le début effectif et substantiel du retrait de cette force ».

    Après les élections – je pense qu’elles sont dans quelques semaines –, je crois qu’il est important de s’inscrire dans une perspective graduelle de sortie. Il va falloir travailler à la redéfinition, au réajustement, au recentrage peut-être des actions des Nations unies et du maintien de la paix en République démocratique du Congo. Et je le dis encore, dans une perspective de sortie graduelle. Maintenant, quelle va être le timing, quelles seront les étapes, qu’est-ce qui se passera dans six mois, dans un an, dans deux ans, dans trois ans ? C’est un peu tôt pour le dire. D’abord, encore une fois, c’est le Conseil de sécurité qui décide. Et deuxièmement, ce travail, nous allons vraiment nous y engager à fond, après les élections qui sont vraiment très proches de nous maintenant.

    En quelques semaines, Jean-Pierre Lacroix, près de 500 000 Congolais ont été expulsés d’Angola. Ils vivent aujourd’hui dans le dénuement le plus complet. Le gouvernement congolais annonce un plan d’urgence. Mais est-ce que c’est suffisant ?

    Oui, je crois que c’est une situation très préoccupante. Effectivement, le secrétaire général des Nations unies s’est exprimé à ce sujet. Nous sommes prêts à aider nos partenaires, nos collègues humanitaires. Il faut aussi, peut-être, davantage de ressources, de financements supplémentaires. C’est une situation qui nous préoccupe beaucoup et pour laquelle il faut une mobilisation accrue pour que l’aide humanitaire puisse parvenir à cette population en difficulté.

    Vous parlez de ces élections du 23 décembre. Les autorités congolaises affirment qu’elles peuvent assurer la logistique toutes seules sans l’aide de la Monusco. Est-ce que cela veut dire que d’ici le 23 décembre aucun véhicule, aucun avion de la Monusco, ne participera à l’organisation de ces élections ?

    L’élection c’est d’abord l’affaire des Congolais. Nous ne sommes jamais, nous n’avons jamais été dans l’esprit de nous imposer ou de faire de l’ingérence. Il y a eu déjà beaucoup qui a été fait avec l’appui de la Monusco. L’enregistrement des électeurs est un processus qui a largement fait appel au soutien logistique de la Monusco et je pense que ce soutien est essentiel pour permettre que 44 millions d’électeurs aient pu être enregistrés, ce qui est fondamental. Et nous sommes disponibles pour faire plus et y compris dans le domaine logistique, si on nous le demande.

    La machine à voter ne risque-t-elle pas d’être un obstacle au bon déroulement du vote à venir ?

    Nous sommes conscients du fait qu’un certain nombre de responsables d’opposition expriment des préoccupations, donc nous entendons toutes ces préoccupations et craintes. Mais je pense qu’il faut regarder plus loin. Je crois qu’il faut regarder vraiment aux conditions d’ensemble, à la préservation d’un espace qui permette à chacun de s’exprimer. Aucune solution n’est parfaite. J’ai vu des bulletins de vote papier congolais, ce n’est pas non plus idéal. Ce sont des feuillets, si je me souviens bien, qui font des dizaines et des dizaines de pages de la taille d’un journal du soir français, avec tout ce que cela implique en termes de logistique, en termes de contraintes de transport, etc. Donc je crois qu’il faut regarder au-delà et la machine à voter a été un choix congolais. Il faut travailler pour que, encore une fois, dans les modalités qui ont été définies par les autorités congolaises, le scrutin se déroule de la meilleure manière qui soit possible.


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