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    A la Une: la volte-face de l’opposition en RDC

    Félix Tshisekedi (G) et Vital Kamerhe (D). Photo-Montage/RFI

    A peine 24 heures après avoir été signé, l’accord sur un candidat unique de l’opposition à la présidentielle congolaise de décembre a donc volé en éclat, avec le retrait d’Etienne Tshisekedi et de Vital Kamerhe.

    « Déception. Étonnement. Incompréhension », s’exclame le site congolais Cas-Info. « Si l’explosion de la colère des militants des deux principaux partis de l’opposition et le ton ferme des ténors de leurs formations politiques sont pour beaucoup dans ce revirement spectaculaire, le rétropédalage, à 360°C, de "Fatshi" (le surnom de Tshisekedi) et de "VK" (Vital Kamerhe), va, c’est certain, laisser des traces, estime le site congolais. Il risque même, si ce n’est déjà le cas, de porter un coup fatal à l’ensemble de l’opposition et en particulier aux intéressés eux-mêmes lors des prochaines élections. Le raté a de quoi faire sourire, mais il laisse de nombreuses questions en suspens, pointe encore Cas-Info : que va devenir le candidat commun Fayulu que les deux poids lourds de la coalition viennent purement et simplement de déplumer. Autre question, que vont faire Jean-Pierre Bemba et surtout Moïse Katumbi ? En tout cas, la tragi-comédie de Genève a de quoi fournir des munitions au dauphin de Joseph Kabila et au FCC, la formation au pouvoir, qui n’en demandaient pas tant. »

    En effet, déplore Le Potentiel à Kinshasa, « l’opposition congolaise continue d’évoluer en ordre dispersé en faisant le lit du candidat du pouvoir. Ce qui ne réjouit pas tous les Congolais qui aspirent au changement en se débarrassant du système Kabila, vieux de 17 ans. »

    Un accord voué à l’échec…

    « Chassez le naturel, il revient au galop, renchérit le site Objectif Infos. Les démons de la division logent encore dans les esprits des opposants congolais qui ne se soucient logiquement plus de l’intérêt général. (…) Maintenant voilà : à quelque neuf jours du début de la campagne électorale, deux blocs se fabriquent au sein de l’opposition : le bloc "boycott" que devra piloter Fayulu aux côtés de Katumbi, Bemba, Muzito et Matungulu, et le bloc Tshisekedi-Kamerhe, le camp de ceux qui croient encore à la possibilité de gagner le scrutin présidentiel avec la machine à voter associée aux électeurs sans empreintes digitales. »

    Afrikarabia pour sa part n’est guère étonné : « Cet accord contre nature, qui a désigné comme candidat unique le plus petit dénominateur commun, ne pouvait qu’être voué à l’échec, alors que les ténors de l’opposition étaient soit hors-jeu (comme Bemba et Katumbi) ou écartés de la course par l’accord de Genève (comme Tshisekedi et Kamerhe). Comment mettre sur la touche les principaux partis d’opposition, comme l’UDPS ou l’UNC, seuls à pouvoir mobiliser des militants sur le terrain ? Et surtout, comment ne pas avoir anticipé la déception des militants ? A l’UDPS, on a l’impression que c’est le secrétaire général qui dicte les ordres au président… ubuesque, lorsque l’on veut diriger un pays. »

    Bref, conclut Afrikarabia : « Un revirement qui impose un brusque retour à la case départ, avec une opposition en 1 000 morceaux et un candidat de la majorité présidentielle qui n’aura aucun mal à sortir vainqueur de l’unique tour de scrutin de la présidentielle du 23 décembre. »

    Dommage !

    Dans la presse ouest-africaine, c’est l’incompréhension…

    « Tshisekedi et Kamerhe deux "judas" qui crucifient l’opposition », lance le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou. « C’est dommage, poursuit le journal, vu le prix payé par le peuple congolais, par l’Eglise qui s’est échinée à obtenir l'accord de la Saint-Sylvestre, par les militants qui ont bravé les balles pour manifester, dommage, et on enrage, car tout ça pour ça ! A cause de deux individus dont la panse dépasse la pensée. »

    « Le rêve était trop beau pour durer ! », soupire pour sa part Wakat Sera. « Ceux qui ont jubilé, visiblement trop tôt, l’ont fait sans tenir compte de l’ego surdimensionné des autres stars de l’opposition politique qui pensent chacun être la meilleure et la mieux positionnée pour accéder aux fonctions suprêmes. Les vertiges du trône faisant le reste, l’opposition congolaise demeure elle-même, c’est-à-dire incapable de viser l’intérêt commun. Faut-il en rire ou en pleurer ? »

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