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    Depuis le départ de Blaise Compaoré, le Burkina Faso vit «un grand bond en arrière»

    Eddie Komboïgo en mai 2015. AFP

    Au Burkina Faso, voilà quatre ans que Blaise Compaoré a été renversé après 27 ans de pouvoir sans partage. Pourtant, son parti, le CDP, n’est pas fini. Aux législatives de novembre 2015, il est arrivé troisième. Aujourd’hui, le CDP se met en ordre de bataille en vue de la présidentielle de 2020. Est-ce toujours Blaise Compaoré qui tire les ficelles depuis son exil d’Abidjan ? De passage à Paris, Eddie Komboïgo, le président du CDP, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès, répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Le Burkina Faso du temps de Blaise Compaoré était-il mieux ou moins bien qu’aujourd’hui ?

    Eddie Komboïgo : Je pense que nous avons fait un grand bond en arrière sur tous les aspects. L’aspect politique, les aspects économiques, les aspects sociaux. Depuis le départ, ceux qui sont partis en se disant insurgés ont cru avoir un changement qualitatif. Mais ils sont en train de reconnaitre que la gestion d’antan était meilleure que celle d’aujourd’hui.

    Vous dîtes que si les gens votent pour vous en 2020, il n’y aura plus d’attaques terroristes. Est-ce que ce n’est pas démagogique ?

    Ce n’est pas ce que j’ai dit. J’ai dit simplement que pour arrêter ces forfaitures, ces attaques barbares dans nos frontières, il faut travailler à l’unité des Burkinabè dans un premier temps. A réconcilier le peuple pour que le peuple puisse appuyer une armée forte, bien équipée, bien préparée pour ce genre de chose. Deuxième chose qu’il faut également, c’est de travailler à ce qu’il y ait un renseignement conséquent et préventif. Et enfin, il faut qu’il y ait une économie qui soit relancée et que cela occupe les jeunes qui sont appelés à ces basses besognes.

    Alors que du temps de Blaise Compaoré, le Burkina Faso faisait médiation entre Bamako et les rebelles du Nord-Mali : Iyad Ag Ghali était par exemple, reçu à Ouagadougou. Est-ce qu’en échange Blaise Compaoré n’avait pas négocié la sanctuarisation du territoire burkinabè ?

    Moi je pense qu’il faut poser la question à Blaise Compaoré. Moi, c’est Eddie Komboïgo. Je pense également qu’il n’existe aucun pays dans le monde qui ne cherche pas à développer son service de renseignement et à négocier quand il est nécessaire de négocier pour avoir la paix dans son pays. Je n’ai pas géré, j’étais simplement député de 2012 à 2014, mais je pense que ceux qui ont géré pendant l’époque de Blaise Compaoré sont ceux qui aujourd’hui au pouvoir. Si c’était le cas, ils auraient la solution.

    Vous dites aussi que du temps de Blaise Compaoré, l’économie se portait mieux. Mais n’est-ce pas justement à cause de la détresse économique et sociale que les gens sont descendus dans la rue et ont renversé Blaise Compaoré en octobre 2014 ?

    Non, il faut resituer les choses. Les gens sont descendus en demandant qu’il n’y ait pas un pouvoir à vie lié à la révision de l’article 47 qui donnait la possibilité à Blaise Compaoré de reconduire un nouveau mandat. Je pense qu’après 27 ans, ils avaient certainement raison parce que les uns et les autres disent que 27 ans de pouvoir, c’est un peu trop et qu’il fallait arrêter à tort ou à raison. Mais nous constatons qu’aujourd’hui la relève que nous attendions, une relève qualitative qui fasse monter l’économie et qui puisse donner de l’emploi aux jeunes. Nous attendons encore… Ces derniers temps, nous avons constaté qu’il y a 473 écoles qui ont été fermées mettant à la rue 64 000 élèves et plus de 2 100 enseignants. Qu’est-ce qu’ils deviennent, ces gens-là ?

    Nous constatons également que la vie devient de plus en plus chère. Vous venez de constater qu’on a augmenté le prix du carburant, le prix de l’eau a augmenté également. Nous pensons que le CDP [Congrès pour la démocratie et le progrès] est le meilleur parti qui peut ramener une meilleure qualité de vie aux Burkinabè.

    Blaise Compaoré a eu tort de vouloir réviser l’article 47 de la Constitution pour pouvoir se maintenir ?

    Ce n’est pas ce que j’ai dit. J’ai dit qu’à ce moment, ceux qui sont sortis souhaitaient qu’on ne révise pas l’article 47. Nous, nous sommes partis pour voter une loi qui devait consacrer la modification de l’article 47. Je vous dis que jusqu’à la fin du monde, vous ne saurez pas qu’elle aurait été l’issue de ce vote-là parce que nous n’avons pas pu voter.

    Vous ne répondez pas par « oui » ou par « non». Vous vous dérobez à cette question.

    Pas du tout. Je réponds à votre question, M. Boisbouvier.

    Le putsch avorté de septembre 2015 mené par le général Diendéré. Vous êtes pour ou vous contre ?

    Nous avons dit que la prise de pouvoir par la force n’est pas l’arme du CDP. Le CDP compte revenir au pouvoir en reconquérant le cœur des Burkinabè en allant aux urnes. Leur manière d’avoir l’autorité pour pouvoir bien gérer un pays. C’est d’avoir les voix des Burkinabè. C’est pourquoi le CDP n’entend pas de conquérir le pouvoir autrement que par les urnes.

    Pourtant au moment de ce putsch sur France 24, l’un de vos camarades, Léonce Koné qui était vice-président de votre directoire du CDP, a légitimé le putsch en disant à propos du régime de transition : « Quand on se comporte de cette manière, ces choses arrivent. »

    C’est son analyse, mais ce n’est pas l’analyse du CDP.

    Il était l’un des patrons du CDP quand même.

    Je suis le président du CDP et je ne l’ai pas. Après moi, il y a un premier vice-président qui ne l’a pas dit. Il faut une instance…

    Est-ce qu’il n’a pas dit tout haut ce que vous pensiez tout bas ?

    Il faudrait qu’une instance se réunisse. Il aurait fallu que le bureau exécutif national du CDP se réunisse pour rapporter la position du CDP. Cette réunion n’a jamais eu lieu.

    Beaucoup disent que malgré ces imperfections, le régime issu de l’insurrection de 2014 à au moins une qualité, c’est de défendre la liberté d’expression.

    Si, mais la liberté d’expression est battue en brèche aujourd’hui quand on sait qu’il y a des membres de la société civile qui sont attrapés et enfermés. Je vais vous citer trois personnes : Pascal Zaïda, Naïm Touré et Safiatou Lopez qui nous ont combattus à l’époque, mais qui aujourd’hui ne peuvent même plus s’exprimer.

    En décembre 1998, sous le régime de Blaise Compaoré, notre confrère Norbert Zongo a été assassiné. Aujourd’hui, François Compaoré, le frère du président de l’époque, est un des quatre inculpés dans l’enquête judiciaire. Est-ce qu’au moins aujourd’hui les journalistes n’ont pas la vie sauve ?

    La vie sauve, mais jusqu’à présent je ne crois pas qu’il y ait une juridiction qui a reconnu la culpabilité de François Compaoré ni de qui que ce soit.

    Pour vous, l’affaire Norbert Zongo n’a rien avoir avec le régime de Blaise Compaoré ?

    Ce n’est pas à moi de le dire. Il appartient aux juridictions de dire le droit.

    Est-ce que ce n’est pas un peu de langue de bois ?

    Ce n’est pas un peu langue de bois, puisque j’ai moi-même été emprisonné en 2015, arrêté et faussement accusé d’avoir soutenu le putsch. Après deux ans d’instruction, la justice m’a blanchi complètement.

    Pour la présidentielle de 2020, qui sera le président du parti CDP ? Son président, c’est-à-dire vous-même ?

    Le CDP a demandé de choisir. Il appartiendra aux instances de choisir le candidat du CDP pour la présidentielle également pour les législatives.

    A l’issue de votre dernier congrès en mai dernier, Blaise Compaoré est le président d’honneur de votre parti et doit valider le nom du futur candidat pour 2020. Est-ce à dire que depuis son exil d’Abidjan, il reste l’homme qui tire toutes les ficelles du CDP ?

    Non, nous pensons que Blaise Compaoré est un homme qui a donné quasiment la moitié de sa vie à servir le Burkina et qui a géré le pays pendant 27 ans et qui est pétri d’une certaine expérience. Nous avons voulu lui faire honneur en lui permettant également de donner son avis sur le choix du prochain candidat à la présidentielle. Mais nous pensons que c’est un homme très réservé, très posé. Il ne s’immiscera pas d’une manière désordonnée comme vous le pensiez. Il laissera faire les instances.

    Mais d’après votre congrès du mois de mai dernier, il valide le nom de votre futur candidat. Il valide votre futur programme. Il a un vrai poids, c’est important, non ?

    C’est parce que nous ne voulons pas l’écarter. Nous souhaitons avoir également son avis. Le parti CDP reste le parti de Blaise Compaoré.

    Alors votre parti est divisé entre ceux qui veulent s’émanciper de Blaise Compaoré et ceux qui veulent y rester fidèles. Vous êtes dans la seconde catégorie : les fidèles ?

    Je ne vois pas un seul militant qui veut s’émanciper de Blaise Compaoré dans le CDP, nous avons dit que Blaise Compaoré ne souhaite pas revenir à la direction du parti encore moins la direction du pays. Blaise Compaoré est une personne ressource de grande qualité comme tant d’autres. Je veux parler de Mélégué Traoré, de Yéro Boly, de Topan Mohamed Sané. Pas mal d’anciens dirigeants, Bognessan Arsène Yé et d’autres qui sont là comme Alain Bedouma Yoda. Ce sont des personnes ressources toujours avec nous et qui peuvent nous pousser à aller de l’avant en évitant les erreurs du passé.

    Pour vous Blaise Compaoré, ça veut dire qu’il peut revenir dans l’action du quotidien comme il l’était avant octobre 2014.

    Il ne l’a pas demandé.

    La dernière fois que vous l’avez vu à Abidjan, qu’est-ce qu’il vous a dit ?

    Il m’a souhaité bon courage. Il sait que ce n’est pas facile. C’est la première fois que notre parti vit l’opposition. Il sait que nous avons des épreuves. Il a confiance en nous. Il faut continuer le travail.

    C’était juste après le congrès de mai dernier ?

    Juste après le congrès et une deuxième fois encore.

    Récemment ?

    Oui.

    Il ne veut pas revenir au pouvoir ?

    Il n’a pas demandé. Je ne crois pas que ça soit les ambitions de Blaise Compaoré. Non, il ne l’a pas dit. Par contre, revenir dans son pays, vivre comme un citoyen normal et contribuer par ces conseils avisés au développement du pays, ça oui.

    Oui, mais il est poursuivi par la justice de son pays notamment dans le dossier de Thomas Sankara ?

    Ecoutez dans le dossier Thomas Sankara, s’il doit répondre, il répondra. Si l’on estime qu’il faut une justice transitionnelle qui permettent aux uns et aux autres, pas de faire table rase, mais de dire la vérité sur la disparition de Thomas Sankara et qui permettent une réconciliation : nous sommes tout à fait favorable.


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