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    Roumanie: une cathédrale qui divise

    La cathédrale du Salut de la nation roumaine en construction, à Bucarest, en Roumanie, le 17 septembre 2018. MIHAIL/Wikimedia commons

    Bucarest va inaugurer à la fin du mois l'édifice orthodoxe le plus haut du sud-est de l'Europe. La cathédrale du salut de la nation roumaine, c'est son nom, est sensée rassembler tout le pays, à grande majorité orthodoxe. Pourtant, elle divise fortement.

    En quoi ce projet de cathédrale est-il extraordinaire ?  

    Pour plusieurs raisons. En premier lieu pour ses proportions puisqu’il s’agit d’un mastodonte de 120 mètres de haut, pouvant accueillir 5 000 fidèles. Ensuite, pour son emplacement, la cathédrale fait en effet face au Parlement roumain, le fameux palais de Ceausescu, qu’elle dépasse d’ailleurs symboliquement en hauteur. La construction a été votée en 2004 et les travaux ont démarré en 2011 sur un terrain de 11 hectares offert par le gouvernement. D’après le patriarcat, il manquait un grand lieu de culte dans la capitale... Pourtant, celui-ci dispose, à deux pas du siège du Parlement, de sa propre butte et de l’une des plus grandes églises orthodoxes de la capitale. Mais cette cathédrale va constituer - en réalité - un véritable complexe. Le site va aussi compter une bibliothèque, un hôtel, un musée du christianisme roumain, des salons de réception, les médias du patriarcat et également la résidence du Patriarche. Les travaux se sont accélérés ces derniers temps pour l’inauguration qui doit avoir lieu, autre symbole fort, dans le cadre de la célébration du centenaire de l’union de la Grande Roumanie.

    Pourquoi le projet divise-t-il les Roumains, alors qu’environ 90% d’entre eux se déclarent orthodoxes ?

    La raison est notamment financière. « Pour l’instant », le coût des travaux dépasse les 100 millions d’euros. Attention, inauguration ne signifie pas fin des travaux ! Il s’agit pour l’instant d’une sanctification... Mais il restera encore toute la décoration intérieure et extérieure à faire, le tout prévu sur six ans, pour un montant prévisionnel de 400 millions d’euros. Aujourd’hui, l’Eglise préfère même ne pas se risquer à faire des estimations sur le coût des travaux à venir. Ce qui dérange, c’est qu’une grande partie de cet argent provient de l’état. 70% de la facture est payée par des fonds publics. Le reste sont des donations des fidèles car l’église roumaine engrange beaucoup d’argent. Pays pauvre, la Roumanie a dans le même temps des problèmes chroniques et criants en matière de santé, d’éducation, d’infrastructures et de justice. La cathédrale exaspère donc une partie de la population qui estime ce projet anachronique et disproportionné alors que les priorités ne manquent pas.

    Le rôle de l’église est aussi remis en cause

    Ce projet de cathédrale illustre les lignes de fracture importantes au sein de la société roumaine actuelle. Outre l’aspect financier, une partie de la population, notamment la jeunesse, s’agace de la proximité de l’Eglise avec le pouvoir mais aussi de sa mainmise sur les mœurs. Main dans la main avec l’église, les différents gouvernements successifs ont tenté de justifier ce projet faramineux, sans réellement convaincre. Le train de vie de l’église, sa proximité avec le pouvoir et certaines prises de position passent mal. Il ne faut pas oublier que l’église et le gouvernement viennent tout juste d’essuyer un sérieux revers à l’occasion du référendum censé interdire le mariage gay et que les gens ont boycotté. Signe que la confiance en l’institution semble s’éroder et que de plus en plus de monde remet en cause ce modèle qui prend le contrepied de la laïcité à l’occidentale.


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