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    Sabrina Krief (vétérinaire): les gorilles sont «la seule population de grands singes en augmentation aujourd'hui»

    Gorille au dos argenté du Rwanda. Getty Images/The Image Bank/Andy Rouse

    C’est le chiffre le plus élevé jamais enregistré. Les gorilles des montagnes, qui vivent dans des aires protégées en RDC, au Rwanda et en Ouganda, sont maintenant plus de 1 000, contre 680 il y a 10 ans, en 2008. Ils passent ainsi d’espèce en danger critique, à espèce en danger, selon une étude de l’Union mondiale pour la nature (UICN) publiée ce mercredi 14 novembre 2018. Cette hausse du nombre d’individus s’explique par le succès des actions entreprises pour leur sauvegarde. Toutefois, le combat n’est pas encore gagné, les menaces restent nombreuses : braconnage, réduction de leur habitat, maladies introduites par l’homme... Pour en parler, Sabrina Krief, vétérinaire et professeure au Museum national d’histoire naturelle, est notre invitée.

    RFI: Comment protège-t-on les gorilles des montagnes ?

    Sabrina Krief: Cette population est partagée en sous-population entre la République Démocratique du Congo, le Rwanda et l’Ouganda. Ils sont principalement répartis dans des parcs nationaux et donc, c’est vraiment à l’aide des rangers mais aussi de la contribution des populations locales qu’on peut réduire les menaces. Les menaces principales sont le braconnage mais aussi la fragmentation et la réduction de leur habitat.

    Y a-t-il des actions menées qui ont particulièrement porté leurs fruits ?

    Grâce à l’écotourisme, les populations locales qui vivent autour ont vu des bénéfices à protéger ces populations de grands singes et ainsi à faire en sorte que le braconnage aussi soit réduit. Par conséquent, ils ont vraiment travaillé de concert avec les gouvernements pour tenter de réduire le braconnage. Il y a, en effet, d’une part, ces pièges qui sont posés pour attraper du petit gibier et qui parfois touchent aussi les gorilles mais il y a aussi le braconnage qui a lieu directement envers les gorilles, éventuellement pour la viande de brousse.

    Malgré tout, les menaces et les inquiétudes restent vives parce que ces gorilles vivent en particulier dans le parc national des Virunga qui, encore aujourd’hui,  est soumis à une violence importante et à des rébellions. Par ailleurs, on l’a appris cette année, il y a une demande de la part du gouvernement congolais de déclasser le parc et son statut de patrimoine mondial de l’humanité pour une exploitation du pétrole.

    Vous parlez des gouvernements. Y a-t-il eu une volonté politique particulière, ces dix dernières années, de préserver ces gorilles ? Est-ce que c’est aussi cette raison qui a permis d’augmenter la population des gorilles ?

    Oui, bien sûr. Le tourisme de vision des gorilles pour l’Ouganda, le Rwanda et la République démocratique du Congo est une source de revenus vraiment importante. L’’investissement qui a été fait pour pouvoir amener ces touristes voir les gorilles, le partage des bénéfices avec les populations locales et l’argent investi pour protéger ces gorilles, grâce notamment à des rangers, ont eu des effets positifs. Aujourd’hui, cette population de grands singes est la seule qui est en augmentation. Tous les autres grands singes sont en déclin.

    Le territoire protégé dans lequel vivent ces gorilles des montagnes est relativement restreint. Est-il suffisant, aujourd’hui ?

    Nous savons, aujourd’hui, qu’une partie des grands singes vivent en dehors de ces aires protégées mais pour ce qui concerne les gorilles de montagne, ils ne sont présents qu’à l’intérieur de ces aires protégées. Ceci étant, ce qui est capital, c’est de préserver ces aires protégées. Si les Virunga venaient à avoir une partie de leur territoire qui soit déclassée et qui ne soit plus protégée, cela pourrait avoir un impact fort sur la biodiversité et sur les gorilles en particulier.

    Il faut savoir aussi que ce parc est sujet, chaque année, à des rébellions mais aussi à des actes qui sont très violents envers les rangers, des éco-gardes très dévoués pour la protection de ce parc. Il y a eu récemment, cette année encore, des kidnappings, des enlèvements de touristes et, par conséquent, c’est vraiment capital que ces aires protégées persistent et soient des refuges.

    Est-ce que le changement climatique a aussi un impact sur les populations de gorilles des montagnes ?

    Le changement climatique pour ces populations de grands singes qui vivent en altitude, peut avoir des effets. Malgré tout, si les aires protégées restent relativement importantes, on peut espérer, qu’en montant, les gorilles puissent aller vers des zones qui sont plus protégées mais, évidemment, tout autour de ces aires protégées, il y a une autre menace importante, à savoir l’agriculture et ces terres qui servent à nourrir une population qui est en forte densité.

    Petit à petit, les terres gagnent sur la forêt et petit à petit, les terres s’érodent. Des terres qui étaient extrêmement fertiles quand elles étaient proches de la forêt perdent petit à petit en fertilité. C’est donc là aussi un risque, dû au changement climatique, qu’il y ait une modification des terres et que, de plus en plus, on ait besoin de mettre des pesticides, etc…

    Quelles actions faut-il encore entreprendre ou peut-être quelle action, si l'on doit en citer une, pour que les gorilles ne soient plus un jour une espèce en danger ?

    En fait, la bonne nouvelle c’est que nous aussi, en tant que consommateurs, nous pouvons aider à la préservation des gorilles et des grands singes en général. Ils vivent tous en forêt tropicale et notre consommation peut agir en utilisant des produits bio, équitables ou encore en essayant de réduire notre consommation de produits qui viennent de la déforestation. Nous avons un rôle important comme par exemple de bien faire attention à ne pas avoir une avidité de téléphones portables puisqu’une partie des ressources qui permettent de créer les téléphones portables et des composantes que l’on y trouve viennent des aires où vivent les gorilles.


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