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    A la Une : Gilets jaunes, et maintenant ?

    Des «gilets jaunes» protestant contre la hausse des prix du carburant et du pétrole se rassemblent devant l'hôtel Negresco sur la promenade des Anglais à Nice, dans le sud-est de la France le 15 novembre 2018. VALERY HACHE / AFP

    La presse dans son ensemble s’interroge ce matin : après les actions de ce week-end, les Gilets jaunes vont-ils poursuivre le mouvement et comment ?

    « Que va-t-il se passer maintenant ?, s’interroge La Croix. La question est bien sûr, sur toutes les lèvres. Car personne n’imagine que cette éruption protestataire va retomber comme un soufflé. " Au départ, on ne devait se mobiliser que samedi. Mais dans ma région, comme partout en France, beaucoup de gens sont restés sur place et ont dormi dans leur voiture pour continuer durant toute la journée du dimanche. C’est le signe qu’un " mouvement d’ampleur est né ", assure Christophe Ouanoughi, responsable du collectif " Colère Vosges ", né en janvier pour protester contre l’instauration du 80 km/heure sur certaines routes. Et qui, désormais, est pleinement engagé dans le mouvement des Gilets jaunes. » L’une des figures historiques du mouvement, « Jacline Mouraud, est consciente, comme d’autres, de la nécessité de structurer le mouvement, pointe encore La Croix. " Nous sommes en train de désigner des référents dans chaque département, affirme-t-elle. Et ensuite, il faudra choisir des figures nationales pour aller négocier avec le gouvernement ". Mais négocier quoi ?, s’interroge le journal. Voilà un point sur lequel les gilets jaunes ont, au-delà de la question de la baisse du prix des carburants, des avis divers. " On veut la suppression de toutes les taxes pour augmenter le pouvoir d’achat ", avance Christophe Ouanoughi. " On demande la démission de Macron ", renchérit Jacline Mouraud tandis que, dans le Vaucluse, un leader local souhaitait la " dissolution " de l’Assemblée nationale. »

    Impasse politique

    Hier, l’exécutif a réagi, relève Le Figaro. « Il a finalement opté pour l’apaisement. En clair, montrer que le pouvoir n’est pas sourd. Une façon d’éviter que le mouvement ne s’enkyste ? Dès hier dimanche, les ministres sont sortis, en chœur, de leur silence. À commencer par Édouard Philippe, invité du journal télévisé de France 2, qui a dit prendre " au sérieux " ces mobilisations, tout en réclamant que " la liberté d’expression " ne débouche pas sur " l’anarchie ". Bien qu’il ait affirmé avoir " entendu " la " colère ", la " souffrance ", le " sentiment de déclassement, d’abandon, que ressent une partie de la population ", le Premier ministre a assuré que " le cap serait tenu ". »

    Commentaire du Figaro, nous sommes dans une « impasse politique : la jacquerie du 17 novembre contient en germe une exaspération qui, faute de décisions politiques, pourrait mener à une rupture irréparable. Emmanuel Macron mais aussi l’opposition doivent trouver, et vite, les réponses économiques et culturelles à cette classe qui n’a plus de moyenne que le nom. C’est du peuple qu’il s’agit ; c’est lui la charpente de notre maison démocratique. " Le populisme, c’est la mesure de l’échec des élites ", aime à dire Hubert Védrine. Les " gilets jaunes " nous avertissent que, depuis trop longtemps, nous persistons dans une impasse politique. »

    Casse-tête

    Pour sa part, Libération parle de « casse-tête : comment expliquer à des salariés, ou des artisans, ou des agriculteurs, gagnants à peine plus que le Smic, qu’ils ont grand tort de se plaindre de la hausse des carburants ? Surtout quand leur situation géographique les contraint à utiliser tous les jours leur voiture ? C’est le casse-tête politique   et humain   auquel se heurte le gouvernement. Tout n’est pas sympathique, ni logique, dans le mouvement des " gilets jaunes ". Mais un fait demeure : sans compensation suffisante, les classes populaires et moyennes se retrouvent en première ligne pour supporter les sacrifices liés à la transition énergétique. En commençant par exonérer les plus riches et amoindrir les acquis sociaux des salariés, le macronisme a exacerbé le sentiment d’injustice qui se dégage de cette funeste séquence gouvernementale. Il le paie d’une impopularité cruelle, qui le ramène aux déconvenues sondagières de ses prédécesseurs. (…) En sortir ?, s’interroge aussi Libération. Le recul pur et simple ferait plus de mal que de bien, en ruinant pour longtemps la stratégie de réduction des émissions polluantes. La négociation, en revanche, paraît la seule voie légitime. »

    Après la colère au bord des routes, la colère dans les urnes ?

    Parce qu’attention, prévient Le Journal de la Haute-Marne, « Edouard Philippe et sa majorité entendent démontrer qu’on ne change pas de stratégie au gré des manifestations de rue, comme cela s’est souvent fait auparavant. C’est une forme de courage politique, qui se paie d’ailleurs en impopularité. Mais il est des moments où le " rester droit dans ses bottes " est ressenti comme de la surdité ou de la provocation. Tôt ou tard, il faudra bien aller au-devant de la France d’en bas, et souvent de très bas. »

    Attention, renchérit L’Est Eclair, « faire le pari de laisser les gilets jaunes s’exprimer et s’épuiser reste un pari dangereux. Si le calme revient, ce sera au prix d’une amertume et d’une rancœur qui chercheront à s’exprimer autrement. Et la colère dans les urnes   d’autres gouvernements en ont fait la cruelle expérience   cela peut être bien pire que lorsqu’elle s’exprime sur le bord des routes. »

    Les métropoles : nouvelles citadelles médiévales…

    Enfin, on revient au Figaro qui a longuement interrogé le géographe Christophe Guilluy. Il voit dans ce mouvement des Gilets jaunes, une cristallisation de l’opposition entre France périphérique et France des métropoles : « les métropoles sont de nouvelles citadelles médiévales, affirme-t-il, avec une bourgeoisie qui se claquemure derrière ses remparts, et entend même instituer bientôt des péages urbains   le retour de l’octroi ! Dans ces espaces clos, les habitants ont simplement besoin de liaisons pour sortir - avions, TGV - et la voiture est, pour eux, obsolète. Inversement, poursuit Christophe Guilluy, aujourd’hui les catégories populaires vivent de plus en plus loin de l’emploi et ont un besoin vital de leur voiture. Dans la chasse à la voiture menée par les élites se manifeste une forme d’inconscience des difficultés réelles de ces concitoyens et même un mépris de classe. La réaction du monde politique d’en haut est d’accuser les classes populaires de ne pas avoir conscience de l’enjeu écologique ! Les conflits sociaux ont toujours existé, pointe le géographe, mais c’est la première fois dans l’histoire qu’il y a une perte de contact aussi grande entre le haut et le bas de la société. C’est une véritable désaffiliation. Aujourd’hui Paris est beaucoup plus éloigné de l’hinterland français que de Londres, Barcelone ou Amsterdam, et la situation est la même dans les autres pays occidentaux. Autant de facteurs qui favorisent les mouvements spontanés et incontrôlés comme les " gilets jaunes ". »

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