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    A la Une: la mort d’Amadou Koufa

    Soldats maliens en juillet 2018 (image d'illustration). REUTERS/Luc Gnago

    La mort du chef jihadiste Amadou Koufa a été confirmée samedi par les autorités françaises et maliennes à l'issue d'une opération militaire conjointe contre une base, dans la forêt de Wagadou dans le centre du pays, abritant le commandement de la katiba d’Ansar Dine du Macina, dirigée par le même Amadou Koufa. La chute du leader jihadiste marque une étape essentielle dans la lutte anti-terroriste. Et les réactions ne manquent pas dans la presse malienne et au-delà. « Partie donc, la figure tutélaire d’un djihad du cru !, s’exclame l’éditorialiste malien Adam Thiam sur Maliweb. Amadou Koufa cherchait à recruter de manière opportuniste et parfois sans grande cohérence : le suprématisme peul, l’égalité entre les tribus, la lutte des classes, les crispations identitaires, le rejet de l’Etat malien, la trahison des clercs. Tout cela, au profit d’une hypothétique théocratie (…) ! En outre, poursuit Adam Thiam, Koufa était une passerelle solide entre le Centre et le Nord, entre un islam fondamentalement soufi qui se méfiait de lui et la katiba Ansardine de Iyad Ag Ghali dont il revendiquait l’amitié et reconnaissait l’autorité. Il sera difficile de trouver pour le Centre un successeur naturel de l’envergure du défunt prédicateur. Mais l’hémorragie ne s’arrêtera pas forcément, pointe l’éditorialiste. On l’a vu, au Burkina Faso, la mort de Malam Dicko a comme décuplé la détermination de sa katiba à s’imposer. De plus, au Centre du Mali, le ver est peut-être dans le fruit : les petites unités motorisées qui sillonnent la région sont autant de franchises de la terreur qui, en réalité, comblent la retraite de l’Etat plus qu’elles ne vainquent celui-ci ou ne convainquent les populations. (…) Et ce ne sont pas les Mirage 2000 ou les lance-roquettes qui en seront la solution, relève encore Adam Thiam. Surtout que dans cette partie jadis prospère, la guerre la plus dévastatrice a le visage des champs asséchés, des troupeaux sans débouchés, des écoles fermées, d’une jeunesse sans emploi. Conclusion, pointe l’éditorialiste malien : Koufa mort fait une sacrée différence et porte un coup plus que dur au projet de déstabilisation du Mali. Mais Koufa mort ne pacifie pas automatiquement le Centre. Tant que les possibles effets boomerangs de l’opération qui l’a tué ne sont pas anticipés. Et tant que son chef touareg, Iyad Ag Ghali, lui, est vivant. »

    S’il suffisait de couper la tête…

    Prudence également dans la presse burkinabè…

    « Il serait imprudent, estime L’Observateur Paalga, de penser que les violences vont automatiquement s’arrêter au Mali par ce simple fait. On ne le sait que trop, la mort des émirs décuple parfois la hargne et la colère de leurs talibés qui peuvent se révéler beaucoup plus cruels que leurs maîtres. (…) S’il suffisait de couper seulement les têtes des organisations pour régler le problème, bien des incendies terroristes auraient été circonscrits depuis belle lurette, que ce soit en Afrique ou ailleurs. »

    En effet, complète Le Pays, « la majorité des groupes armés qui combattent aujourd’hui dans le centre du Mali ne déposeront pas les armes tant que les problèmes liés à l’occupation des terres, à l’injustice et aux abus dont ils se disent victimes n’auront pas été réglés. Quant aux fidèles d’Amadou Koufa, rien ne dit qu’ils vont abandonner la lutte et renier les idéaux du salafisme. Ils pourraient être tentés bien au contraire d’intensifier les attaques contre les symboles de l’Etat, et contre les +apostats+ y compris les Français, pour venger le martyr et démontrer que cette fois-ci au moins, le serpent n’est pas mort avec son venin. »

    Représailles ?

    Qui plus est, renchérit Aujourd’hui, toujours à Ouaga, « attention à la colère du mentor de Koufa, Iyad Ag Ghali, le parrain des katibas du Sahel. De la rencontre entre les deux hommes en 2000 dans une mosquée de Markaz à Bamako, à l’avènement en mars 2017 du GSIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, Koufa et le Front de libération du Macina sont devenus des pièces importantes dans le puzzle djihadiste du fondateur d’Ansar Eddine. Le Burkina, le Mali et le Niger doivent donc prendre garde aux représailles qui sont une marque du GSIM, qui font que son millier d’ouailles, son corps expéditionnaire disséminé dans le Sahel, peut frapper n’importe où dans la sous-région. »


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