GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 15 Avril
Mardi 16 Avril
Mercredi 17 Avril
Jeudi 18 Avril
Aujourd'hui
Samedi 20 Avril
Dimanche 21 Avril
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent

    Le Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga a présenté jeudi sa démission au chef de l'Etat Ibrahim Boubacar Keïta, qui l'a acceptée, selon un communiqué de la présidence. Cette démission intervient à quelques heures de l'examen par l'Assemblée nationale d'une motion de censure du gouvernement déposée par des députés de l'opposition, mais aussi de la majorité.

    Anicet Georges Dologuélé: en RCA, «l'urgence, c'est qu'il y ait la paix et la quiétude»

    George Dologuélé, candidat malheureux à l'élection présidentielle en Centrafrique. REUTERS/Siegfried Modola

    En Centrafrique, le représentant de l'ONU avoue son impuissance après les affrontements qui ont fait au moins soixante morts, dont deux prêtres, le 15 novembre dernier à Alindao, dans le centre du pays. « La présence des casques bleus n'est pas assez dissuasive », reconnaît le chef de la Minusca. Pourquoi de telles violences ? Que penser de la présence militaire russe dans ce pays ? A la tête de l'Union pour le renouveau centrafricain (Urca), le député Anicet-Georges Dologuélé est le chef de file de l'opposition centrafricaine. En ligne de Bangui, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Le 15 novembre, dans la ville martyre d’Alindao au centre du pays, au moins 60 personnes, dont deux prêtres, ont été tuées lors de combats entre un ancien groupe Seleka, l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC), et des milices anti-balaka. Est-ce le retour à la case départ?

    Anicet-Georges Dologuélé : Pendant quelques mois, je veux dire depuis juin, il y avait une relative accalmie due un peu à une combinaison de facteurs : la Seleka qui est en train de se réorganiser et de se réconcilier, de l’autre côté, un début de déploiement des FACA [Forces armées centrafricaines]. Donc pendant quelques mois, nous avons observé une petite accalmie et là ça s’embrase. Avant Alindao, il y a eu Bambari, il y a eu Batangafo. Alors là, à Alindao, ça a été une catastrophe. Des gens qui sont brûlés vifs, des prêtres tués. Ça a été vraiment un massacre alors que ce qui a déclenché l’étincelle, c’est juste l’assassinat d’un Peul. Donc vraiment, cela ne méritait pas cette suite.

    Comment expliquez-vous cette résurgence de la violence et une telle cruauté même ?

    Le gouvernement s’est berné d’illusions en pensant que tous les problèmes étaient réglés. Donc des précautions n’ont pas été prises, un pour accélérer la feuille de route de l’Union africaine ; deux pour vraiment mettre en place un système d’alerte pour permettre que le déploiement des FACA soit plus efficace ; et enfin, pour mettre en place un véritable système de collaboration pratique sur le terrain entre les FACA et la Minusca [Mission ONU en RCA]. Dans le cas d’Alindao, les soldats de la Minusca n’ont pas du tout bougé. Ils ont été attentistes. Il y a un problème dans ces règles d’engagement de certains contingents [de la Minusca], il y a un fossé entre le mandat de la Minusca, qui l’oblige à protéger les populations, et les règles d’engagement de certains contingents, qui n’interviennent que s’ils sont directement attaqués. Dans le cas présent, les contingents n’ont pas du tout bougé.

    Et c’est plus la faute aux FACA, les Forces armées centrafricaines, ou à la Minusca, la mission des Nations unies ?

    Non, les FACA n’étaient pas déployées à Alindao. Les FACA sont plutôt à Bambari. Pour le moment, ceux qui sont formés et armés ne sont pas un grand nombre. Donc ils sont déployés par petits nombres dans certaines localités pour un peu servir de force de dissuasion. Mais dans le cas d’Alindao, il n’y avait pas de FACA.

    Vous dites qu’il faut « accélérer la feuille de route » de l’Union africaine qui est médiatrice dans votre pays. Mais en même temps, il y a une médiation parallèle de la Russie. On est un peu perdus ?

    Nous, au niveau des partis politiques, nous nous sommes réunis avec la société civile. Nous avons présenté un mémorandum. Cela fait seize mois que cette feuille de route a été signée. Il n’y a pas grand-chose qui se passe. Et certainement parce que de part et d’autre, il n’y a pas une réelle volonté d’avancer positivement sur cette feuille de route. Donc nous avons souhaité que nous, partis politiques et la société civile, nous puissions être parties prenantes parce que nous tournons en rond. Maintenant s’il y a un pays qui veut de manière bilatérale donner un coup de pouce à cette feuille de route, je pense que c’est plus positif de discuter directement avec la présidence de la Commission de l’Union africaine et d’agréger les forces au lieu qu’il y ait plusieurs initiatives.

    Il faut « agréger » des médiations ?

    Oui, je pense. Nous l’avons écrit et nous l’avons dit aux uns et aux autres.

    Et quand le président Faustin-Archange Touadéra dit sur RFI que le seul cadre de négociation, c’est l’Union africaine. Le croyez-vous ?

    Il faut plutôt le prendre aux mots, c’est-à-dire s’il le dit, en tant que président de la République, il faut donc que lui, toujours en tant que président de la République, puisse voir avec les bilatéraux qui veulent rentrer dans la négociation pour que cela se fasse dans un cadre unifié.

    Et la présence militaire russe à Bangui, qu’en pensez-vous ?

    Les Russes sont arrivés avec l’accord du Conseil de sécurité des Nations unies pour former les FACA au maniement des armes. Maintenant, le président de la République, le gouvernement ont certainement démarré des négociations bilatérales avec la Russie. Nous souhaitons simplement que les contrats, les accords qui sous-tendent cette situation soient mis sur la place publique pour permettre, notamment à nous députés, de comprendre ce qui se passe.

    Il n’y a pas que ces instructeurs. Il y a aussi une société de sécurité privée russe qui opère dans le pays. Et la France dénonce, en pensant très fort à la Russie, toute « manipulation intéressée de puissance opportuniste ». Qu’en pensez-vous ?

    La seule chose que je peux vous dire, c’est que nous ne souhaitons pas que le gouvernement encourage une compétition négative de puissances en Centrafrique. Nous avons besoin de la France, nous avons besoin de la Russie. Et on donne l’impression de commencer à établir des préférences. Alors que nous avons besoin de tout ce monde. Moi, je pense que c’est malsain de la part d’un gouvernement aussi faible qui gère un pays aussi démuni de créer les conditions pour ce type de querelles, alors que nous avons besoin de tout le monde.

    Est-ce qu’en retirant leur dispositif Sangaris [opération militaire de l'armée française en République centrafricaine du 5 décembre 2013 au 31 octobre 2016], les Français n’ont pas créé un appel d’air dont profitent aujourd’hui les Russes ?

    Je me souviens quand le ministre français de la Défense était à Bangui et qu’il est passé à l’Assemblée nationale, j’avais pris la parole pour lui dire : Monsieur le ministre, « vous partez beaucoup trop tôt ».

    Cela, c’est ce que vous avez dit à Jean-Yves Le Drian il y a deux ans, le 31 octobre 2016, à Bangui ?

    Oui, à la tribune de l’Assemblée nationale.

    Ce 17 novembre, les autorités centrafricaines ont livré à la Cour pénale internationale un chef de guerre anti-Balaka, Alfred Yekatom Rombhot, surnommé « Rambo », qui s’était fait élire député en 2016. C’est une première. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

    Il faut que les chefs de guerre sachent que, s’ils continuent à perpétrer des crimes sur les populations, il y a la justice qui peut frapper. J’espère qu’il n’y aura pas que Yekatom et qu’il y en aura d’autres pour que, effectivement, ce soit dissuasif et que les autres qui observent ça puissent demander à leurs hommes d’arrêter de massacrer la population et qu’on aille vers un dialogue véritable.

    Donc pour vous, le président Faustin-Archange Touadéra a voulu adresser un message à tous les présumés criminels de guerre. Et c’est une bonne initiative, vous la saluez ?

    Oui, c’est-à-dire que le cas de Yekatom était du flagrant délit, je veux dire que son arrestation n’a pas été très compliquée. Mais il y a certains chefs de guerre qui sont invités à Bangui au palais de la Renaissance, qui discutent avec le président et qui, de ce fait, pensent qu’ils ont acquis le passeport de l’impunité. Donc le geste que le gouvernement a fait, il faut que ce geste soit perçu par tous les autres [chefs de guerre] pour quelque chose qui peut les frapper à tout moment.

    La Centrafrique vient de mettre en place une Cour pénale spéciale, composée de magistrats nationaux et internationaux pour juger des criminels de guerre. Du coup, certains comprennent mal ce transfert à La Haye aux Pays-Bas ?

    Les questions de compétences des différentes juridictions à la limite n’intéressent pas la population, le peuple que nous sommes.

    Derrière le transfert, n’y a-t-il pas madame la procureure de la CPI, madame Fatou Bensouda, qui, après le fiasco Jean-Pierre Bemba, a peut-être voulu rassurer les Centrafricains sur sa volonté de juger les crimes commis dans leur pays ?

    Je ne donnerai pas mon avis sur Jean-Pierre Bemba. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est la situation de la population centrafricaine. Et tout le monde attend que cela cesse.

    Est-ce que l’acquittement de Jean-Pierre Bemba n’a pas été un traumatisme pour beaucoup de vos compatriotes, notamment beaucoup de femmes de Bangui ? Et est-ce que ce transfert aujourd’hui d’un nouveau criminel de guerre présumé ne met pas un peu de baume au cœur ?

    Vous savez que les populations vivent un tel traumatisme depuis 2013 que je ne sais pas s’il y a des éléments qui traumatisent beaucoup plus que d’autres. Mais c’est un stress permanent dans lequel vivent les populations.

    Le 26 octobre, le député du quartier PK5 de Bangui, Karim Meckassoua, a été destitué de son poste de président de l’Assemblée nationale. Pourquoi le président Touadéra l’a-t-il fait tomber à votre avis ?

    C’était un problème interne à la majorité présidentielle. Je ne sais pas s’il y a une insuffisance de dialogue entre le chef de l’Exécutif et celui du Législatif. Je ne sais pas s’il y a une perte de confiance. Je ne sais pas si cela rentre dans une logique de bagarres d’égos, de compétition entre les groupes parlementaires. Bref, les députés de la majorité sont extrêmement nombreux. Donc, arriver à destituer le président de l’Assemblée nationale, ce n’était pas très compliqué.

    Est-ce que le départ de Karim Meckassoua du perchoir ne peut pas compliquer la cohabitation entre chrétiens et musulmans ?

    Je ne pense pas parce que le président de l’Assemblée nationale avait été élu par une écrasante majorité de députés chrétiens. Les musulmans à l’Assemblée nationale sont à peine une dizaine sur les 140. Donc son élection, il ne la doit pas aux musulmans. Je ne pense pas que cela ait eu un impact sur ces questions religieuses.

    Vous avez mis Faustin-Archange Touadéra en ballottage en 2015. Est-ce que vous serez candidat en 2020 ?

    2020, c’est encore loin. L’urgence aujourd’hui, c’est qu’il y ait la paix et la quiétude dans le pays. Donc ce serait malsain de commencer à penser aux élections maintenant. Le président de la République au quotidien, à la radio, à la télé, partout, ses partisans ne parlent que de 2020. Ce qui est obscène parce que, alors que tout un pays est en stress maximum, ces gens-là ne parlent que de leur élection. Moi, je ne suis pas dans cette logique.

    Mais vous n’excluez pas d’être candidat ?

    Nous verrons le moment venu parce que je suis chef de parti et la vie politique est longue.


    Sur le même sujet

    • Géopolitique, le débat

      La RCA, tête de pont des ambitions russes en Afrique?

      En savoir plus

    • Centrafrique

      RCA: l'action de la Minusca en question après le massacre d'Alindao

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.