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    La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et qui renforce ses pouvoirs et ceux de l'armée, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi 23 avril l'Autorité nationale des élections. Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire, que 11,17% des électeurs se sont prononcés contre cette réforme et que le taux de participation a atteint 44,33%.

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    «Congo Files»: «Une certaine lenteur, [...] pas une volonté délibérée d’entraver»

    Des centaines de faux comptes Facebook ont induits les enquêteurs de l'UNPOL en erreur après l'assassinat des experts onusiens Zaida Catalan et Michael Sharp. RFI

    Les « Congo Files » documentent les pistes et options levées par les enquêteurs de l’ONU ainsi que les multiples entraves qu’ils ont rencontrées entre mars 2017 et septembre 2018. Leur exploitation a fait l’objet d’une collaboration entre plusieurs médias internationaux : RFI, « Le Monde », « Foreign Policy », « Süddeutsche Zeitung » et la télévision suédoise SVT. Dans ces documents, plusieurs agents de l’Etat, collaborateurs des services de sécurité et officiers de l’armée, sont pointés du doigt. Le numéro un du parquet militaire en République démocratique du Congo, le général Tim Mukuntu, a été nommé auditeur général de l’armée congolaise en juillet dernier. Que pense-t-il de cette fuite de milliers de pages de documents confidentiels de l’ONU relatifs à l’assassinat de ses deux experts Michael Sharp et Zaida Catalan en mars 2017 ? Il répond aux questions de Sonia Rolley.

    Quelle est votre réaction par rapport à cette fuite de documents de l’ONU ?

    Je n’ai pas pris connaissance de ce rapport d’enquête d’UNPOL [police des Nations unies]. Il y a des documents de l’ONU qui circulent qui ne sont pas mis à notre disposition alors que nous travaillions avec les mécanismes qui ont été mis en place par le secrétaire général des Nations unis. Mais les journalistes y ont accès, nous on n’y a pas accès. Ce n’est pas normal.

    Dans ces documents sont notamment mentionnées un certain nombre d’entraves auxquelles les enquêteurs des Nations unies ont fait face, et notamment de la part de la justice militaire congolaise. Que répondez-vous en fait à ces accusations ?

    Comme lesquelles ?

    Les enquêteurs des Nations unies disent à plusieurs reprises avoir le sentiment, en tout cas sur les premiers mois, que la justice militaire congolaise n’est pas suffisamment impliquée et qu’elle cherche aussi à mettre l’ONU sur une fausse piste, et à cacher certains faits ?

    Parlons des faits, pas des impressions.

    L’un de vos subordonnés, le magistrat instructeur à l’époque, leur avait fourni des numéros en affirmant qu’ils venaient d’un des portables des miliciens, sans dire que ces numéros appartenaient à plusieurs députés de l’opposition.

    En tout cas, je n’ai pas cette information. Ce qui est vrai, c’est que, quand je suis nommé auditeur général [en juillet 2018], je constate que les enquêtes n’avancent pas. C’est pour cela que je me suis dit, il faut que j’aille à Kananga pour voir ce qui ne va pas et qu’on puisse faire avancer les enquêtes. J’ai posé des questions sur l’évolution de l’enquête. Je n’ai pas eu toutes les réponses que j’ai souhaitées. C’est ce qui m’a déterminé d’aller à Kananga pour faire avancer certaines choses. Quand j’arrive à Kananga, je discute avec les experts de monsieur Robert Petit [procureur canadien nommé par l’ONU pour soutenir la justice militaire congolaise] qui me disent : voilà, nous avons souhaité faire ceci, nous avons souhaité entendre celui-ci, celui-là et, nous ne l’avons pas encore fait. Et moi, j’ai tout fait pour que toutes les personnes qu’il souhaitait entendre, que toutes les informations auxquelles il voulait avoir accès, qu’il y ait accès. Une certaine lenteur, peut-être, mais pas une volonté délibérée d’entraver quoi que ce soit.

    Quand justement, dans une note confidentielle de l’ONU, est noté que l’appareil sécuritaire s’ingère dans les affaires de la justice militaire congolaise, arrêtant certaines personnes soupçonnées d’être impliquées et que ces prévenus et même des témoins sont amenés à Kinshasa, débriefés par les services de sécurité, ramenés à Kananga, puis ramenés à Kinshasa. Est-ce que cela ne constitue pas une entrave ?

    Peut-être qu'il y a une mauvaise compréhension de certaines choses.
    Ce qui s’est passé à l’époque, c’est qu’il y a eu des officiers de police judiciaire de différents services qui ont travaillé en commun pour que certains puissent apporter les éléments d’informations nécessaires pour faire avancer les enquêtes et que, grâce à eux, on a pu arrêter certains personnages-clés dans cette affaire. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire.

    Mais quand Thomas Nkashama, l’inspecteur de la Direction générale des migrations (DGM), est arrêté, il est détenu pendant un an au secret à l’Agence nationale de renseignements (ANR), et n’est jamais ramené devant la justice militaire. Pourtant, on le voit bien, c’est un personnage-clé…

    C’est possible que ce soit un personnage-clé, tout dépend de la théorie sur laquelle on travaille. Ce qui est vrai, nous avons d’une part les gens qui ont participé aux préparatifs du voyage. D’autre part, heureusement que nous avons pu mettre la main sur des gens qui ont participé à l’exécution. Quel rapport y a-t-il entre les préparatifs le 11 et ce qui s’est passé le 12 ?

    A partir du moment où il y a des agents de l’Etat ou collaborateurs des services qui mentent aux experts sur la situation sécuritaire dans un endroit et qui les amène dans un endroit où ils sont tués, qu’il y a des échanges, des communications entre ces agents et certains des personnages-clés...

    Vous [journalistes] pouvez faire des raccourcis, moi, j’ai le malheur lorsque j’avance un fait de devoir le prouver publiquement et de manière contradictoire. Donc c’est un peu plus compliqué.

    Oui, mais en l’occurrence si les services de sécurité ont décidé d’arrêter les deux inspecteurs de la DGM, Jose Tshibuabua et Thomas Nkashama, l’an dernier. On n’arrête pas ces gens parce qu’ils ne sont pas des personnages intéressants pour l’enquête.

    Non. Ce qui est vrai, j’ai lu attentivement les transcriptions de cette conversation auxquelles j’ai pu avoir accès grâce à vous, pour constater qu’en tout cas, Thomas Nkashama dans sa traduction donne des informations qui ne sont pas correctes.

    C’est le seul qui ment aux experts sur son identité. C’est le seul qui ment aux experts sur son identité en disant qu’il s’appelle Tom Perriello, ce qui somme toute en fait une duplicité supplémentaire par rapport aux autres comme Jose Tshibuabua ou Betu Tshintela qui ne cachent pas leur identité, éventuellement leur fonction puisqu’eux sont agents ou anciens agents de renseignements ?

    Il y a des gens comme nous qui ne peuvent pas se permettre de faire des raccourcis parce que chaque fait que nous relevons, nous devons le prouver de manière contradictoire.

    L’ancien chef de milice, Jean Bosco Mukanda, est impliqué dans ce meurtre alors qu’il était l’informateur de l’armée. Comment expliquez-vous que Jean Bosco Mukanda ait été considéré aussi longtemps comme un simple témoin quand notamment du côté des Nations unies, il y avait autant de soupçons qui portaient sur lui ?

    Jean Bosco. Dès que je suis arrivé à Kananga, j’ai lu ses procès-verbaux, j’ai lu ses déclarations antérieures. Ma conviction personnelle était que certaines précisions qu’il donnait ne pouvaient l’être que par une personne qui était présente. C’est quelqu’un qui essayait de manipuler les services pour faire accuser d’autres personnes, en pensant que les personnes qu’il accusait ne pourraient pas se retourner contre lui. Parce que pour se retourner contre lui, il faut d’abord que ces personnes avouent elles-mêmes avoir été auteurs de ces actes. Or, par réflexe de défense, par instinct de survie, comme disent les Japonais, c’est faire hara-kiri. S’agissant de sa collaboration avec les FARDC [Forces armées de la République démocratique du Congo], nous allons également circonscrire cette collaboration pour comprendre ce qui s’est passé exactement. Nous avançons et je suis sûr qu’avec le travail que nous faisons avec monsieur Robert Petit, le secrétaire général aura un rapport autre que celui qui a été fait il y a une année. On évolue quand même.

    Le colonel Mambweni, devant la cour, a prétendu qu’il était à Tshikapa. Or, les éléments de preuve à la disposition des Nations unies montrent bien qu’il n’était à Tshikapa sans moyen de communication, mais qu’il était bel et bien à Kananga, voire sur la route de l’aéroport, voire même sur la route qu’ont pris les experts aux environs du meurtre…

    Nous sommes en train de faire une analyse de ces relevés. La semaine dernière, j’ai eu une réunion avec monsieur Robert Petit par rapport à ça. Il y a des choses que nous sommes en train de faire par rapport à ça. Nous vérifions tout. Vous, vous avez déjà conclu, nous nous n’avons pas encore conclu. Nous sommes encore en train de travailler. Nous conclurons. Si ce que vous dites est vrai, nous allons le vérifier et nous allons en tirer des conséquences. Donc il n’y a rien que nous allons occulter. Nous vérifierons chaque détail. Mais nous ne tirons pas de conclusion que peut-être vous pouvez vous permettre de tirer parce que, toute conclusion que moi je tirerai, je dois défendre le plus objectivement cette conclusion-là. Il y a des éléments qui me permettent de soutenir, c’est le travail que nous faisons. Nous sommes encore en plein travail. Il faut nous laisser travailler. Ne nous jugez pas trop tôt quand nous allons conclure, à ce moment-là vous verrez s’il y a des choses. Vous avez en tout cas toutes les informations, tous les médias, même vous personnellement, vous m’avez aidé, vous m’avez fourni des éléments qui m’ont permis quand même d’avancer. Je vous remercie donc. Si vous avez des éléments, ils sont les bienvenus. Nous allons les vérifier.


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