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    UFC-Que choisir porte plainte contre Western Union et MoneyGram

    Une enseigne d'agence Western Union. Getty Images/Roberto Machado Noa

    L'association française de défense des consommateurs UFC-Que Choisir s'attaque à deux mastodontes : Western Union et MoneyGram. Les deux leaders du marché des transferts internationaux pratiquent en effet des tarifs prohibitifs, en particulier pour les sommes envoyées en Afrique. Le constat n'est pas nouveau mais l'UFC-Que Choisir a décidé de porter plainte auprès de la justice française pour « pratiques commerciales trompeuses ».

    Ce n’est pas une découverte. La politique des prix des deux leaders mondiaux du transfert d’argent est bien documentée. En 2014, un rapport de l’ONG britannique Overseas Development Institute disait que les frais facturés par Western Union dépassent la moyenne mondiale de 7,8% du montant envoyé et 15% pour MoneyGram.

    Mais en Europe, nous dit UFC-Que Choisir, la France se distingue. Un migrant d’origine marocaine qui voudrait envoyer depuis la France une somme dans son pays d’origine paiera 16% de plus que depuis un autre pays européen. Ainsi, pour un envoi de 170 euros, la facture s’élève à 11,40 euros. Pour l’Algérie, c’est deux fois plus ! Alors qu’il s’agit des deux premières destinations des fonds en provenance de la France.

    Un prix difficilement explicable

    Des marges très intéressantes pour les leaders mondiaux qui contrôlent les deux tiers du marché mondial. Les deux géants américains sont accusés de profiter de leur position dominante pour appliquer des frais très importants. Le défunt Koffi Annan avait même parlé de « super-racket » puisque 1,85 milliard de dollars destinés à l’Afrique se perdent en divers frais facturés. UFC-Que Choisir insiste sur les frais sur le change.

    Si les frais forfaitaires sont affichés en guichet ou sur le site, les frais de change eux ne sont mentionnés nulle part avant la transaction. Or, ils représenteraient un quart du coût total ! 110 millions d’euros rien que pour la France.

    C’est autant d’argent qui échappe aux poches des populations destinataires. Western Union assume : elle précise qu’elle achète des devises aux taux interbancaires et offre à ses clients des taux moins intéressants. Mais c’est nécessaire, pour pouvoir financer ses investissements et améliorer le service.

    Encore faudrait-il clairement en indiquer le montant !

    Une marge de manœuvre délicate

    Ces dernières années, Western Union et Moneygram ont été interpelés, notamment par le G20, entrainant une légère baisse des frais. Mais Il est facile de se rattraper sur les fameux taux de change pour préserver de confortables marges. Ce qu’il faudrait, c’est de la régulation, mais avec cette plainte au pénal de l’UFC-Que Choisir, on comprend que le combat pour plus de transparence est encore une gageure.

    Au début du mois, le Parlement européen a voté en faveur d’un encadrement des transferts d’argent entre les pays européens. Mais entre l’Europe et le reste du monde, c’est encore le statu quo.

    Des concurrents qui peinent à rivaliser

    Difficile de rivaliser vraiment avec la présence tentaculaire de Western Union... Son réseau qui compte près de 40 000 guichets flanqués de jaune et noir sur le continent africain ne disparaîtra pas de sitôt. Tant que la majorité n’aura pas accès à un compte bancaire, cette offre sera incontournable.

    Mais les mécontents de Western Union et consorts montrent leur intérêt pour de nouveaux acteurs apparus ces dernières années avec l’essor du numérique, et du mobile qui se passe de présence physique et donc de frais fixes importants.

    UFC-Que Choisir cite l’exemple de Transferwise, qui a déjà 3 millions de clients à qui elles proposent des comptes multidevises pour réaliser des opérations de change au taux du marché dans plus de 40 monnaies étrangères.

    WorldRemit, une start-up britannique, affiche elle, des commissions limitées de 4 % à 5 % du montant envoyé. Et puis, il y a des acteurs africains qui proposent une diversité de services : du porte-monnaie électronique à l’envoi d’argent sous forme de biens de consommation et de services... le « cash-to-goods ».

    En attendant que la plainte aboutisse - ou pas - l'UFC-Que Choisir renvoie vers un guide pratique pour bien se repérer dans la nébuleuse des transferts d’argent : on peut le trouver sur son site internet.

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