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    G5 Sahel: «Nous espérons que les contributeurs répondront à leurs engagements»

    Marcel Amon-Tanoh, ministre ivoirien des Affaires étrangères. gouv.ci

    Samedi 1er décembre, la Côte d'Ivoire prend la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies pour un mois. Sur la table, de nombreux dossiers, africains notamment : Mali, élections en RDC, renouvellement du mandant de la Minusca en RCA... Sur ces dossiers, la Côte d’Ivoire estime avoir des choses à apporter. Le ministre ivoirien des Affaires étrangères Marcel Amon-Tanoh répond aux questions de Pierre Pinto.

    RFI : L’agenda de cette présidence ivoirienne du Conseil de sécurité des Nations unies s’annonce chargé, en particulier sur les dossiers africains. D’abord, sur le Mali, où en est finalement la coopération autour du G5 Sahel et que compte faire la Côte d’Ivoire dans ce dossier ?

    Marcel Amon-Tanoh : Le problème du G5 Sahel, c’est essentiellement le problème de son financement. La mobilisation des ressources n’est pas à la hauteur des attentes des Etats du G5 Sahel. Le président Alassane Ouattara, bien que n’étant pas pays membre du G5 Sahel, a pris son bâton de pèlerin, compte tenu de l’impact de la situation malienne dans la sous-région, pour plaider en faveur du financement du G5 Sahel. Donc nous avons bon espoir que, progressivement, les contributeurs qui ont pris des engagements répondront favorablement aux engagements qu’ils ont pris. Au niveau de la RDC, je pense que maintenant qu’il y a un candidat désigné du parti au pouvoir, les élections devraient se tenir. Il y a des tensions, bien sûr, notamment au sujet de l’utilisation de matériel électronique. Il y a également le fait que, très rapidement, après qu’il y a eu un candidat unique de l’opposition, cette candidature se soit déjà délitée un peu, puisque des poids lourds se sont retirés de cet accord. Mais nous avons bon espoir que globalement les choses se déroulent normalement et c’est vrai que le Conseil de sécurité restera très attentif à la question de la RDC pendant le mandat de la Côte d’Ivoire au mois de décembre. Il y a également la question de la Centrafrique. La Centrafrique est dans une situation différente. C’est un pays post-conflit. La Côte d’Ivoire a traversé cette situation de post-conflit. Ce que nous essayons de faire, à la demande du président Touadéra, c’est d’apporter notre expertise et notre expérience pour leur dire comment nous, Côte d’Ivoire, avons réussi à sortir de cette crise aussi rapidement que nous l’avons pu. Le président Touadéra est très intéressé et très attentif à cela. Egalement, la Côte d’Ivoire préside le Comité des sanctions et donc nous veillons à ce que les sanctions soient respectées par l’Etat centrafricain, parce qu’en général quand on respecte les sanctions on en sort beaucoup plus vite. Nous avons subi cette expérience des sanctions, de l’embargo. C’est par le respect des engagements qui nous étaient imposés que nous avons pu rapidement sortir de l’embargo et des sanctions.

    Quel retour d’expérience vous faites aux pays qui accueillent aujourd’hui des opérations de maintien de la paix en Afrique notamment ?

    L’Onuci est un succès à cause de sa durée déjà. Cela a duré treize ans. Et cela a duré peu de temps, parce que la Côte d’Ivoire a compris que, très rapidement en sortant de la crise, il fallait se doter d’une vraie capacité d’assurer nous-mêmes la sécurité de notre territoire et la sécurité de nos citoyens. Mais cela est lié aux capacités financières. Si très rapidement, vous n’améliorez pas la fiscalité, la perception des recettes - douanières notamment , vous n’avez pas la capacité de financer les opérations liées à la sécurisation rapide de votre territoire.

    La COP24 se déroule en Pologne dans quelques jours. Parfois, la Côte d’Ivoire est épinglée par certaines ONG pour la déforestation notamment. Comment concilier cette forte croissance que connaît la Côte d’Ivoire et les enjeux écologiques d’aujourd’hui ?

    La déforestation est liée à plusieurs phénomènes. Chez nous ici, il y a d’abord l’agriculture extensive. Il y a les feux de brousse, il y a l’occupation illicite de certaines forêts, classées notamment, etc. Et puis il y a le temps aussi, il y a la sécheresse. Le ministre des Eaux et forêts vient de faire adopter en Conseil des ministres une politique de réhabilitation, de préservation et d’extension des forêts et cette politique va voir, bien sûr, à replanter un certain nombre d’arbres, etc., et aussi introduire une nouvelle vision qui est l’agroforesterie. C’est-à-dire qu’en même temps qu’on replante, en dessous on plante du cacao, des plantes alimentaires fruitières… Et c’est une nouvelle politique qui va aider à reforester plus rapidement et qui va encourager, peut-être, les gens à ne pas déforester, parce qu’il y a l’exportation de bois qui a beaucoup contribué aussi à la déforestation en Côte d’Ivoire. Donc maintenant, il y a une politique pour gérer la déforestation, accorder moins de permis, etc., de sorte que, je pense que la politique de la Côte d’Ivoire va progresser rapidement vers une réduction importante du phénomène de déforestation.

    Il y a deux semaines à peu près, une réforme de l’Union africaine a été adoptée. Certains estiment que la montagne a accouché d’une souris.

    Quand vous avez l’Union africaine, qui jusque-là était financée à un peu plus de 70% par l’Union européenne, quelle est sa crédibilité ? Donc on a mis en place un dispositif, cela fait partie des axes de la réforme et c’est un axe important, qui veut que maintenant tous les produits qui ne sont pas africains, qui sont importés par notre pays, sont taxés à 0,2% en faveur du financement, du fonctionnement de l’Union africaine dans le fonctionnement du Fonds pour la paix. C’est une avancée majeure. Même s’il y a un certain nombre de pays qui résistent encore, nous pensons qu’au fur et à mesure nous arriverons à les convaincre. Nous devons saluer le leadership du président Kagame.

    Beaucoup de partenaires de la Côte d’Ivoire regardent le pays avec une certaine inquiétude à l’approche de 2020. Qu’est-ce que vous leur dites ?

    Je leur dis que 2020 se passera bien. Vous savez, nous sommes tous marqués par ce que nous avons traversé ces dix dernières années, tous, autant que nous sommes, à tous les niveaux. Et j’irai droit au but. Les acteurs principaux sont le président Bédié et le président Ouattara. Je ne vois pas les présidents Bédié et Ouattara être prêts à assumer le risque d’une nouvelle déstabilisation de leur pays. Ils sont trop responsables, ils sont trop sages pour en prendre le risque et aucun sacrifice n’est trop grand pour la Côte d’Ivoire. Moi, personnellement, je peux peut-être aller à contre-courant de l’opinion générale et ambiante. Je suis plutôt confiant pour 2020 parce que je connais les deux acteurs principaux.


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