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    A la Une: restitution ou libre-circulation ?

    Le ministre français de la Culture, Franck Riester, début novembre 2018. AFP/Karim Sahib

    Il s’agit de la question des œuvres d’art africain pillées pendant la colonisation ou bien acquises à bas prix. Le 23 novembre dernier, le rapport rendu en France par deux universitaires, Bénédicte Savoy du Collège de France, et Felwine Sarr, de l’université de Saint-Louis au Sénégal préconisait une restitution généralisée et progressive de ces œuvres d’art à leurs pays d’origine. Mais avant-hier dimanche, le ministre français de la Culture, Franck Riester, a jeté un pavé dans la mare…

    En effet, pointe La Nouvelle Tribune au Bénin, « Franck Riester a clairement pris fait et cause pour une circulation des œuvres d’art. “Les jeunes Africains doivent avoir accès à leur patrimoine… Il ne s’agit pas de vider les musées français, a-t-il dit, mais de travailler étroitement avec eux sur l’objectif de faire circuler les œuvres”. En clair, poursuit le quotidien béninois, ce ministre ne veut pas que les pays africains rentrent en possession de leurs biens culturels volés par la France. Ces œuvres d’arts volées doivent faire l’objet, selon lui, d’“échanges, de prêts et de dépôts à long terme”. »

    Le débat est donc lancé en France. Le président Emmanuel Macron veut impliquer dans ce vaste enjeu les autres ex-puissances coloniales européennes : il propose de réunir à Paris au premier trimestre 2019 l’ensemble des partenaires africains et européens pour définir le cadre d’une politique d’échanges d’œuvres d’art.

    Là, on ne parle plus de restitution…

    « Restituer est une obligation »

    En tout cas, sur le continent, l’immense majorité des intellectuels et scientifiques concernés de près ou de loin se prononcent en faveur de la restitution.

    Ainsi pour le philosophe camerounais, Achille Mbembe, dans une tribune publiée par Le Monde Afrique, « le rapport de Sarr et Savoy propose une série de recommandations honnêtes, raisonnables et réalistes, dont la mise en œuvre, étalée dans le temps, requiert un dialogue critique soutenu entre les institutions muséales françaises et africaines. Sans a priori ni préjugés, un tel dialogue pourrait ouvrir la voie à un nouveau moment culturel franco-africain de portée mondiale. […] On ne peut pas, poursuit Achille Mbembe, d’un côté, vouloir tourner la page, fermer un chapitre douteux et passer à autre chose dans la relation avec l’Afrique et, de l’autre, confisquer ses œuvres en soutien à un indécrottable complexe raciste de supériorité qui, partout dans le monde contemporain, semble reprendre du poil de la bête. […] Restituer ne saurait être ni un geste de charité, ni un geste bénévole. Restituer les œuvres africaines aux Africains est une obligation, s’exclame encore le philosophe camerounais, le point de départ d’un nouveau régime de circulation, sans condition et, sur l’ensemble de la planète, du patrimoine général de l’humanité. »

    Le journaliste Macaire Dagry dans Fraternité Matin est sur la même ligne : « que nous ayons ou pas des infrastructures pour recevoir et conserver ces objets qui nous appartiennent, il faut que ceux-ci soient restitués dans leur totalité aux pays africains dont ils sont originaires. A l’origine, ils n’étaient pas considérés comme des œuvres d’art, c’était des objets de culte ou de vie ayant une valeur symbolique particulière. Mais qu’importe, poursuit Macaire Dagry, qu’ils demeurent en Afrique comme de simples objets sans aucune valeur artistique. Ils redeviendront ce qu’ils étaient avant leur pillage. »

    D’autres priorités ?

    Enfin, autre son de cloche, autre opinion, celle du journaliste Michel Koffi, toujours dans Fraternité Matin : « les politiques nationales, sur le continent, ont d’autres urgences à honorer, estime-t-il : nourrir des populations aux démographies galopantes, les loger, leur trouver un emploi, bref, il y a des combats énormes, difficiles à gagner contre des infamies de tous ordres, plutôt que de s’occuper de… masques ! […] Si les moyens nous manquent cruellement, conclut-il, quelle idée de revendiquer ce dont on ne saurait s’occuper ? »

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