GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 8 Décembre
Dimanche 9 Décembre
Lundi 10 Décembre
Mardi 11 Décembre
Aujourd'hui
Jeudi 13 Décembre
Vendredi 14 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent

    Parmi les victimes, deux sont décédées et une troisième est en état de mort cérébrale selon le procureur de Paris. Selon des témoins des tirs, Chérif C., auteur présumé des coups de feu, a crié «Allah Akbar.
    Le casier judiciaire de Chérif C. comporte 27 condamnations en France, en Allemagne et en Suisse.
    Le chauffeur du taxi qu'il a «emprunté» pour sortir du coeur de la vielle ville, a été entendu par les enquêteurs et a apporté des précisions sur l'arsenal dont disposait le tireur.

    Togo: «Nous avons affaire à un régime qui fait tout à l'envers»

    L'opposante togolaise Brigitte Adjamagbo Johnson. ©Brigitte Adjamagbo Johnson

    Au Togo, les quatorze partis de la Coalition de l'opposition boycottent les législatives du 20 décembre prochain et renoncent ainsi à toute présence dans la future Assemblée nationale. Pourquoi ce choix lourd de conséquences ? Derrière ce renoncement, y a-t-il un SOS lancé aux deux médiateurs de la Cédéao, les présidents Nana Akufo-Addo du Ghana et Alpha Condé de Guinée ? Brigitte Adjamagbo-Johnson est la coordonnatrice de cette Coalition de l'opposition. En ligne de Lomé, elle répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Pourquoi boycottez-vous les législatives du 20 décembre ?

    Brigitte Adjamagbo-Johnson : Nous ne boycottons pas les élections du 20 décembre, nous sommes dans la logique de tout faire pour que ces élections soient arrêtées et qu’ensemble nous préparions des élections consensuelles, démocratiques et transparentes, tout comme le recommande la feuille de route de la Cédéao.

    Et à quelles conditions pourriez-vous participer à des législatives ?

    À condition que ce soit préparé au sein d’une Céni paritaire où chaque parti serait représenté par huit membres et où il y aurait un président neutre.

    Votre principale revendication, c’est la limitation à deux mandats présidentiels avec effet rétroactif, pour que le président Faure Gnassingbé ne puisse pas se représenter en 2020, mais d’ici à mars 2020, vous avez encore quinze mois pour essayer d’obtenir cela. Alors en attendant, pourquoi n’allez-vous pas à ces législatives pour essayer de peser sur le futur débat parlementaire en vue d’une éventuelle révision de la Constitution ?

    Voyez-vous, nous avons affaire à un régime qui fait tout à l’envers. En réalité, les Togolais n’ont pas demandé des élections. Les Togolais ont avant tout demandé des réformes pour parvenir à l’alternance. Alors la Cédéao, qui est intervenue comme médiateur, nous a proposé comme solution à la fois les réformes puis des élections législatives. Et il est prévu que les réformes aient lieu avant les élections, mais à ce jour les réformes n’ont pas pu avoir lieu parce que le régime n’en veut pas. Les élections, [les hommes du régime] veulent les organiser unilatéralement et organiser, comme ils en ont l’habitude, des élections frauduleuses. La feuille de route prévoyait également que les détenus, ceux qui sont détenus arbitrairement, soient libérés. Et bien, je peux vous dire qu’à ce jour nous avions 44 détenus, mais que, tout récemment, on en a pris encore au moins 12. Vous voyez bien que, dans ses conditions, il n’y a vraiment pas de quoi vouloir aller à quelque élection que ce soit.

    Dans la chambre actuelle, vous avez une minorité bloquante qui empêche le pouvoir de réviser la Constitution à la majorité des quatre cinquièmes. Alors demain, si vous boycottez, le pouvoir ne pourra-t-il pas faire tout ce qu’il veut ?

    Mais ce qu’il y a de nouveau dans le contexte actuel, c’est que nous sommes dans un processus de règlement de crise qui est encadré par la Cédéao. Alors nous, nous prenons nos responsabilités en tant que Togolais parce que nous sommes les premiers concernés, mais nous attendons également que la Cédéao prenne ses responsabilités.

    En Guinée Conakry, le regretté Siradiou Diallo, qui s’opposait au général Lansana Conté, disait souvent : « la fraude c’est condamnable, mais il vaut mieux avoir une minorité de députés que pas de députés du tout ».

    Ce que je peux vous dire, c’est que le peuple togolais est décidé à ne pas laisser organiser, de toute façon, des élections frauduleuses et nous allons tout faire pour que ce processus-là soit arrêté.

    Et si il y a élection quand même, vous renoncez à toute présence à la chambre des députés ?

    Il n’y aura pas élection, le peuple est déterminé à les empêcher et dans tous les cas, ce serait sans conséquence.

    Vous dites sans conséquence à ceci près que s’il y a élection, il n’y aura plus de députés de l’opposition.

    Qu’il y ait élection, ce ne sera pas ça qui mettra fin à la détermination des Togolais à en découdre avec ce régime, à mettre fin à plus de cinquante ans de règne.

    Au terme d’une médiation Cédéao, les deux chefs d’Etat Nana Akufo-Addo du Ghana et Alpha Condé de Guinée encouragent les autorités à organiser des législatives avant la fin de l’année. C’est précisément ce que font les autorités. Est-ce que cela n’est pas décevant pour vous ?

    Non, non, ce n’est pas du tout décevant dans la mesure où les mêmes chefs d’État ont préconisé avant les élections que les réformes soient faites. Et dans la mesure où les mêmes chefs d’État ont bien dit, nous ont fait savoir, qu’il n’y aurait pas de fétichisme de dates et que les dates qui ont été annoncées l’ont été tout simplement à titre indicatif, cela qui veut dire que les deux protagonistes doivent pouvoir s’entendre pour aller aux élections lorsque les conditions seront réunies.

    La médiation ouest-africaine a démarré après les grandes marches d’août à octobre 2017, mais aujourd’hui il n’y a plus ces grandes marches, est-ce votre…

    En ce qui concerne les marches, je crois que vous vous trompez, le peuple a montré qu’il reste déterminé. Nous avons renoué avec les marches. Il y en a eu déjà deux fois en moins d’une semaine et ne vous en faites pas, nous en préparons d’autres.

    Et j’allais dire peut-être que la journée « Togo mort » de ce mardi n’a pas été autant suivie que vous le souhaitiez ?

    Ah oui, vous faites allusion au bilan de la journée Togo mort. On peut dire que le bilan est mitigé, mais nous sommes convaincus que ça n’entame en rien la détermination des Togolais. Au contraire, nous interprétons ce bilan mitigé comme une demande des Togolais d’actions plus élargies qu’une opération Togo mort. Et c’est vers ça que nous irons dans les jours à venir.

    Alors vous annoncez vouloir empêcher les législatives du 20 décembre. Concrètement, allez-vous essayer d’empêcher les gens de voter au risque d’affrontements avec les forces de l’ordre ?

    Nous utilisons les moyens en notre possession pour faire en sorte que cette campagne n’ait pas lieu et que le processus électoral soit stoppé.

    Y compris au risque d’affrontements avec les forces de l’ordre ?

    Si affrontements il y a, je pense que ce sera le régime qui en sera responsable.

    Par communiqué, les deux présidents facilitateurs du Ghana et de la Guinée lancent un appel pressant à toutes les parties, donc y compris à vous-même, pour qu’elles s’abstiennent de toute violence et pour qu’il y ait le dialogue.

    Nous sommes dans cette logique et nous en appelons encore une fois aux facilitateurs. Nous savons qu’ils ont un agenda chargé, mais nous sommes convaincus qu’ils prendront leurs responsabilités et qu’ils interviendront avant que la situation ne dégénère.

    Et quand Nana Akufo-Addo et Alpha Condé vous demandent de vous abstenir de toute violence, qu’est-ce que vous leur répondez ?

    Nous leur répondons que c’est ce que nous avons fait depuis le début du processus de médiation et nous restons dans la même disposition d’esprit, pourvu que l’on intervienne à temps pour faire en sorte que le Togo ne bascule pas dans le chaos.

    Êtes-vous en train de nous dire que vous espérez une médiation de dernière minute avant les législatives du 20 décembre ?

    Mais absolument. Ce serait logique qu’ils interviennent pour dire « basta, ça suffit, ce n’est pas ce que la feuille de route prévoit ce que vous êtes en train de faire ». Il y a trois axes dans la feuille de route. Il y a les mesures d’apaisement à travers la libération des détenus et la levée de l’état de siège dans les villes qui sont assiégées, il y a les réformes et il y a le processus électoral. Quand on fait le bilan à ce jour, aucun des trois axes n’est vraiment respecté et quand on creuse pour voir à qui la faute, et bien, on est bien obligés de reconnaître que c’est le régime qui ne veut pas de cette feuille de route et qui a tout fait pour qu’elle ne soit pas appliquée.


    Sur le même sujet

    • Appels sur l'actualité

      [Vos réactions] Togo: l'opposition fait-elle le bon choix?

      En savoir plus

    • Togo

      Togo: dialogue politique au point mort à deux semaines des élections législatives

      En savoir plus

    • Togo

      Togo: l’opposition à nouveau dans la rue contre les réformes constitutionnelles

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.