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    L'Afrique se met au champagne

    Dian Diallo est le premier Guinéen à faire du champagne, un demi-sec qui porte son nom. ©Dian Diallo.com

    Le champagne, produit français par excellence, s’exporte partout dans le monde, et de plus en plus en Afrique. Le continent en a importé plus de trois millions de bouteilles l’an dernier. Les plus importants marchés étant l’Afrique du Sud et le Nigéria. Des entrepreneurs africains se lancent dans l’aventure de faire un champagne destiné à une élite africaine. Les Africains du champagne.

    Dans un hangar quelconque au milieu des vignes, une chaîne tourne à plein régime en cette veille de fin d’année. 500 bouteilles du premier champagne portant le nom d’un Africain sortent d’ici chaque heure et sont ensuite empaquetées dans des cartons prêts à partir. « Celui-là est destiné pour le marché parisien. L’export justement on a déjà fait les commandes. Et il y a une autre commande qui va arriver très rapidement. »

    Dian Diallo, c’est le nom de ce champagne demi-sec, mais d’abord celui du premier Guinéen à faire du champagne à s’être associé à un vigneron du cru, Yves macque pour exporter près de 10 000 bouteilles vers le continent. Une opération gagnant-gagnant, d’après l’un des fils d’Yves Jacques.

    « Il va permettre aussi de faire découvrir le champagne dans d’autres régions du monde. Des marchés auxquels on n’a pas accès. Beaucoup de petits vignerons qui vendent à la propriété et qui n’ont pas la force d’export du négoce ou des grandes marques. Et donc avoir un autre partenaire c’est aussi important. Et donc avoir Monsieur Diallo en Afrique c’est aussi un endroit nouveau pour nous ».

    L’histoire de Dian Diallo et le champagne d’Yves Jacques commence, il y a 4 ans. L’ancien représentant pour de grandes maisons du champagne veut faire sa propre marque. Il multiplie rendez-vous avec les vignerons et études de marché pour faire un champagne calibré pour des consommateurs africains.

    « Le goût a été façonné de manière à plaire à une clientèle africaine. ». C’est-à-dire ? « C’est-à-dire que les Africains ont une préférence pour les champagnes doux et fruités. Cette cible, - les Africains et les Antillais- a un goût particulier pour ces champagnes doux et fruités étant donné qu’il y a une classe moyenne qui émerge en Afrique et qui est dans une dynamique de consommer de plus en plus des produits de luxe et donc l’idée c’était évidemment de s’adresser à ces consommateurs. »

    Dian Diallo n’est désormais plus le seul africain à s’être lancé dans le champagne. L’entrepreneur gabonais, Albert Bouango a fait, lui, la stratégie inverse, en ne créant pas sa marque, mais en s’adossant à de grands vignerons, et cela n’a pas été simple.

    « Aujourd’hui pour intégrer le gotha du vin bordelais, et même en champagne, il faut un réseau assez ficelé... J’ai dû chercher pendant quatre ans pour avoir des partenaires. Et ça n’a pas été facile. »

    Le parcours du combattant ne s’arrête pas là. Le champagne et le vin à l’export vers l’Afrique sont ensuite soumis à des taux douaniers prohibitifs selon ces professionnels. Un frein pour ce marché prometteur. Sur le continent, plus de trois millions de bouteilles de champagne ont ainsi été importées l’an dernier.

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