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    Nobel 2018, le docteur Mukwege: «quand on ajoute l'indifférence à l'impunité»

    Docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la Paix 2018. Sébastien Bonijol/RFI

    Le docteur Denis Mukwege reçoit officiellement ce lundi à Oslo son prix Nobel de la paix 2018. A la veille des élections, le plus célèbre des gynécologues congolais, celui qui, soigne depuis presque 20 ans dans le Sud-Kivu des femmes victimes de violences sexuelles, dénonce l'échec de la stratégie de la communauté internationale et l'impunité qui perdure dans son pays. Il est l'invité ce matin de notre envoyée spéciale à Oslo, Sonia Rolley.

    RFI : Qu’est-ce que ça change pour vous d’obtenir ce prix Nobel ?

    Denis Mukwege : Pour nous, ça nous encourage beaucoup puisque pendant longtemps, on a travaillé dans le déni. Et ça, ça fait très mal quand on voit les vérités qu’on voit à l’hôpital sur les femmes, les blessures aussi bien physiques que psychologiques qu’elles portent et que cette souffrance n’est pas reconnue. Je crois que même pour nous les soignants, c’était très difficile à porter. Nous espérons qu’avec ce prix Nobel, des décideurs seront atteints et sauront ce qu’il se passe.

    Est-ce que vous pensez que c’est vraiment une méconnaissance par rapport à ce qui passe ou une forme d’indifférence ?

    Je pense beaucoup plus à une indifférence. Je crois que cette indifférence, il faut la stigmatiser. On ne peut pas être indifférent quand une partie de notre humanité souffre. Et vous savez chaque fois que notre monde a été indifférent, nous savons toujours là où ça nous a menés. Quand je vous dis le déni, en fait en République démocratique du Congo jusqu’à aujourd’hui, c’est plutôt cette culture du déni par rapport à toutes les souffrances que subissent les femmes, qu’elles soient au Kasaï ou dans les Kivus. Dans les Kivus cette année, il y a eu plus de quatre viols massifs. Qui en parle ? Personne. On ne peut pas combattre le mal puisqu’on n’accepte pas que le mal existe. C’est tout simplement inacceptable.

    En 1996, vous aviez déjà ressenti cette indifférence de la communauté internationale à Lemera quand votre hôpital est attaqué par l’armée rwandaise et ses alliés à l’époque. C’est le début de la guerre du Congo. Est-ce que ce n’est pas un peu décevant de voir que finalement 22 ans plus tard, vous êtes en train de revivre les mêmes situations ?

    Qu’un hôpital soit attaqué, pour moi, c’était inacceptable. J’étais le responsable à ce moment-là. C’était la conception que j’avais des lois internationales et sincèrement à cette époque-là je pensais que le monde ne pouvait pas être indifférent quand on tire sur des malades dans leurs lits. On a gardé silence et 22 ans après, c’est vrai que les choses n’ont pas changé. Vous comprenez lorsqu’il y a l’indifférence qu’on y ajoute l’impunité où les gens se croient tout autorisés, le drame, c’est ce que nous vivons en République démocratique du Congo aujourd’hui. Lorsqu’on voit en fait la poursuite des massacres à l’est de la République démocratique du Congo et spécialement dans le territoire de Beni… je crois que cette population attend désespérément d’être protégée. Quel est le rôle de la Monusco ? C’est la protection des civils.

    A 15 jours des élections en RDC, est-ce que vous avez un message particulier à faire passer ?

    Tout a été fait pour organiser une parodie d’élection et pas des élections libres, transparentes et crédibles. Je suis désolé, nous espérons qu’après le 23 décembre, le Congo ne va pas sombrer dans le chaos. Je crains beaucoup que s’il y a déjà des protestations avant les élections, qu’après les élections, les gens soient surchauffés. Aujourd’hui, je crois que la communauté internationale devrait prendre sa responsabilité et quand même prendre une position et ne pas accompagner sachant que nous allons dans le mur.

    Pourtant, il y a un investissement massif de la communauté internationale au Congo. Plus d’un milliard par an qui a été investi dans ce pays pour que la démocratie s’instaure. Est-ce que pour vous, c’est un échec ?

    Je crois que quand vous voyez les cinq objectifs, par exemple, que c’était fixé la transition. Moi je dirais que c’est seulement la réunification du pays qui a été réalisée. Mais la pacification, créer des institutions fortes, une armée intégrée. Ca n'a n’ont pas été atteint. Il ne faudrait pas qu’on soit étonné. Quand on sait qu’une communauté internationale accompagne le processus démocratique au Congo depuis maintenant 20 ans, je crois qu’il y a lieu de se poser question. Je crois que c’est un constat d’échec. Et puis à l’est de la République démocratique du Congo, il se passe des atrocités. Il faut des remises en question et trouver d’autres solutions plutôt que continuer à investir à perte.

    Est-ce que vous seriez prêt à jouer un rôle dans le pays ? Certains aimeraient vous voir à la tête d’une transition citoyenne, d’autres aimeraient vous voir prendre la tête d’une institution ou autre.

    Ce sont des avis, mais moi je crois que ce que je fais déjà : m’occuper des femmes qui subissent toutes ces atrocités. Je crois que je fais ma part.

    Le gouvernement vous reproche parfois justement de trop vous intéresser au champ politique ? De ne pas rester justement médecin ?

    Je suis un citoyen. Et ma Constitution me permet de donner mon point de vue. Ce que je vois à l’hôpital, c’est la conséquence de la mauvaise gouvernance. C’est la conséquence de l’absence de l’Etat de droit. Vous connaissez plusieurs personnes parmi nos dirigeants qui sont là parce que tout simplement ils ont été chef de milice. Des milices qui ont tué, des milices qui ont violé. Comme récompense, ils se retrouvent ministre ou chef militaire. Et moi, je pense que lorsque les gens commettent des actes comme ça et ne répondent pas à la justice, c’est que finalement ça devient un mode d’accession au pouvoir. Moi, si je m’oppose à ça, c’est vrai que ça ne me fait pas que des amis.


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