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    Incendie en Californie: retour à Paradise

    Jacob Saylors, 11 ans, marche sur les restes brûlés de sa maison à Paradise, en Californie, le 18 novembre 2018. Sa famille a perdu une maison au même endroit suite à un incendie 10 ans auparavant. AFP/Josh Edelson

    Un mois après l’incendie « Camp Fire » à Paradise, en Californie, que deviennent les dizaines de milliers de sinistrés ? Les pompiers ont mis deux semaines à circonscrire totalement le feu plus meurtrier et dévastateur de l’histoire californienne. Selon le dernier bilan, 85 personnes ont été tuées dans l'incendie. Paradise, ville de 26 000 habitants avant le drame, est presque entièrement détruite aujourd’hui. Les évacués eux viennent d’être autorisés à revenir dans leur ville dans l’espoir de retrouver des objets personnels. Presque toutes les maisons sont réduites en cendre. Sans domicile la plupart des réfugiés vivent depuis un mois, dans une grande précarité. Un camp humanitaire vient même d’être mis en place.

    de notre envoyé spécial,

    Le vacarme des tronçonneuses et des bulldozers a remplacé le ballet macabre des médecins légistes à Paradise. Un mois après le mega-incendie meurtrier, les réfugiés autorisés à revenir découvrent une ville presque entièrement détruite. Paysage lunaire, désert parsemé de ruines, de tronc d’arbres brûlés, de voitures calcinées... Seules les cheminées en pierre sont encore debout.

    Les équipes de recherches découvrent chaque jour les restes de nouvelles victimes dans les décombres de Paradise, ravagée par les incendies. REUTERS/Terray Sylvester

    Les pieds dans les cendres de sa maison, Mitch, 25 ans revient ici pour la première fois depuis qu’il a fui avec sa famille… au milieu des flammes. « Il fallait partir aussi vite que possible. On a juste pris le peu qu’on a pu. On est dévastés, un peu perdus. On n’a plus rien. Notre maison est totalement détruite. On a retrouvé quelques trucs mais presque tout a disparu ».

    Mitch est hébergé en Arizona chez la grand-mère de sa femme. Un mois après la catastrophe, trouver un toit reste le principal défi des 50 000 évacués du Camp Fire.

    De l’autre côté de la rue, Debby, une retraitée vivant seule avec ses chiens est en train d’installer une caravane dans ce qu’il reste de son jardin, elle n’a plus les moyen de vivre à l’hôtel. « Je n’ai nulle part ailleurs ou aller, nous explique t-elle. Ailleurs, c’est trop cher. C’est moins cher d’acheter cette petite caravane et de revenir à la maison même si sans eau ni électricité. La ville sera reconstruite mais ce ne sera jamais le Paradise que j’ai connu. J’ai grandi ici, j’y ai vécu pendant 55 ans, mais je n’ai vraiment pas envie de rester ici. Je veux dire, regardez tout autour, qui voudrait habiter ici ? A moins de ne pas avoir le choix »

    Autour d’elle en effet, tout a brûlé, plus aucun magasin, plus aucun voisin. Les sinistrés plus pauvres de Paradise s’entassent à quelques km de là.

    A Chico dans un camp humanitaire de la Croix Rouge, ils sont plus de 500 à vivre dans des camping-cars, sous des tentes, ou dans un hangar sur des lits de camp. C'est le cas de David, la soixantaine. « J’en suis à mon 4e abri. Mais ça va, je m’adapte. Au moins ici on nous donne à manger, la nourriture est gratuite, j’en profite ».

    « Au début quand survient un désastre, l’objectif de la Croix Rouge est double : abriter et nourrir les populations , nous explique Jennifer Bahney, porte-parole de la Croix rouge. Mais plus le temps passe plus nous devons ajouter des services notamment médicaux et psychologiques car ce camp s’agrandit et s’inscrit dans la durée ».

    Sans beaucoup d’aide de l’Etat, souvent sans assurance, beaucoup de ces réfugiés du pire incendie de l’histoire californienne n’ont aucune idée du temps qu’ils devront passer dans ce camp humanitaire, autre visage de la première puissance mondiale.

    Les pompiers californiens luttent contre les flammes à Paradise, le 9 novembre 2018. REUTERS/Stephen Lam

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