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    En réponse aux gilets jaunes, Emmanuel Macron cible les travailleurs modestes

    Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une allocution spéciale à la Nation, après quatre semaines de manifestations des gilets jaunes. Palais de l'Elysée, à Paris, le 10 décembre 2018. Ludovic Marin/Pool via REUTERS

    Les annonces d’Emmanuel Macron pour calmer la colère des Gilets jaunes étaient très attendues lundi soir et à l’arrivée, elles sont loin de contenter tout le monde. Emmanuel Macron a répondu aux retraités et surtout aux travailleurs modestes en accélérant la mise en place de certaines mesures.

    D'abord, la hausse des revenus des « travailleurs au Smic »... prévue initialement pour la rentrée 2019.

    Ce n'est pas une hausse du salaire minimum. Le gouvernement a toujours repoussé cette option. Ce ne sont pas les entreprises mais bien l'Etat qui paiera à travers une augmentation de la prime d'activité. Cette allocation qui complète les revenus des travailleurs pour les inciter à garder un emploi plutôt que de recourir aux aides sociales.

    Ce coup de pouce exceptionnel figurait au programme du candidat Emmanuel Macron en 2017. Les smicards devaient toucher l’équivalent d’un 13e mois de salaire, soit 100€ de plus chaque mois.

    Le gouvernement voulait étaler cette mesure jusqu'à fin 2021 mais la crise des gilets jaunes a changé les plans ! C'est donc dès le début 2019 que cette hausse de 100 euros sera effective.

    L'avantage, c'est qu'elle cible les foyers modestes puisque la prime d'activité - versée actuellement à 3,2 millions de ménages - est calculée selon leurs ressources et leur composition.

    Les travailleurs modestes « ciblés » aussi avec la mesure sur les heures supplémentaires

    Le gouvernement va supprimer les cotisations sociales sur ses salaires. Cela doit se traduire par un plus gros montant au bas de la fiche de paie pour les 9 millions de salariés du privé qui ont recours aux heures supplémentaires, notamment les quelque 66% des ouvriers.

    Là encore, le Président veut cibler les classes populaires. L'Etat a pris soin de les défiscaliser aussi ces heures supplémentaires pour ne pas être vu comme donnant d'une main ce qu'il reprend de l'autre par l'impôt.

    C'est le retour des mesures mises en place par Nicolas Sarkozy il y a dix ans sous le slogan « travailler plus pour gagner plus ».

    Les patrons applaudissent cette mesure supprimée sous le quinquennat de François Hollande.

    Justement, Emmanuel Macron a confirmé qu'il demanderait aux entreprises de mettre également la main à la poche

    Les chefs d'entreprise qui le peuvent sont appelés à verser une prime exceptionnelle en cette fin d'année. Elle ne sera soumise à aucun prélèvement de l'Etat que ce soit pour l'entreprise ou le salarié. Elle est facultative. Emmanuel Macron s'en remet donc à la bonne volonté des patrons.

    Avec deux risques:

    - celui d'une inégalité entre salariés: certains toucheraient des primes plus ou moins importantes, d'autres non.

    - le risque d'un effet d'aubaine. Avec des employeurs qui se diraient: « je paye cette prime aux salariés...« ça me coûtera moins cher que d'augmenter les salaires qui sont eux soumis à cotisations » »

    Face aux retraités aussi, Emmanuel Macron a dû bousculer l'agenda des réformes

    La hausse de la CSG sur les retraites, cette mesure ultra-impopulaire qui a poussé de nombreux retraités à rejoindre les gilets jaunes, est annulée pour les personnes qui touchent une pension de moins de 2000 euros. Cela représente en moyenne 25 à 40 euros de plus par mois. Une mesure de « justice sociale » a dit Emmanuel Macron.

    Il reste une question : comment l'Etat va-t-il financer tout cela ?

    Le président n'en a rien dit.

    Si on additionne les mesures annoncées hier avec les précédentes, sur la suppression des taxes sur les carburants et l'énergie, la facture serait d'environ 10 milliards d'euros.

    On ne peut qu'imaginer ce que l'Etat va faire pour ne pas laisser trop filer le déficit. A moins qu'il s'y soit déjà résolu.

    Est-ce qu'Emmanuel Macron va revenir sur les très généreuses baisses de charges aux entreprises prévues l'an prochain ? Est-ce qu'il va revoir le rythme des baisses d'impôts sur les sociétés prévues aussi l'an prochain ?

    Le président doit rencontrer des grands patrons cette semaine et prendre une décision rapide car c'est la semaine prochaine que le projet de Loi de finances avec toutes ces mesures favorables aux entreprises revient devant l'Assemblée nationale. Avant que ne s'ouvre ensuite le grand débat national promis et maintenu par le pouvoir.

    A coup sûr, il y sera question de la fiscalité. Lundi soir, le président a confirmé qu'il ne rétablirait pas l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF)... Mais des voix s'élèvent à nouveau pour demander au moins que les grosses fortunes contribuent au travers par exemple d'une taxe plus importante sur les successions.


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