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    Xavier Harel, co-auteur de la BD «L'argent fou de la Françafrique»

    Couverture de la bande dessinée «L'argent fou de la Françafrique». Editions Glénat

    Mettre l'économie en dessin. C'est le pari du dessinateur Julien Solé et du journaliste Xavier Harel, qui publient aux éditions Glénat une bande dessinée sur l'affaire des biens mal acquis sous le titre : L'argent fou de la Françafrique. Qui est derrière les ONG qui traquent les régimes pétroliers du Golfe de Guinée ? Quel rôle ont joué les présidents Sarkozy, Hollande et Macron ? Xavier Harel, journaliste indépendant, qui a travaillé notamment dans le quotidien économique La Tribune, est notre invité.

    RFI : Dans cette bande dessinée, vous racontez de façon très fluide l’affaire des biens mal acquis qui implique depuis plusieurs années des pays pétroliers du golfe de Guinée comme la Guinée équatoriale, le Gabon, le Congo-Brazzaville. En 2009, sortent en France des articles de presse disant que ces ONG sont les faux nez d’intérêts anglo-saxons qui veulent évincer la France du golfe de Guinée. Est-ce qu’il n’y a pas un fond de vérité ?

    Xavier Harel : Oui, ça, ça été beaucoup écrit pour essayer de décrédibiliser Sherpa et Transparency International ou même le CCFD. Moi, j’ai beau creuser, je n’ai jamais trouvé quoi que ce soit de véritablement convaincant, même lors du procès récemment de Teodorin Obiang Nguema.

    On a parlé de liens de ces ONG avec le milliardaire américain George Soros.

    Oui, ça aussi à nouveau, j’ai du mal à comprendre parce que George Soros, avec Open Society, est quelqu’un de très investi pour faire avancer la démocratie, les droits de l’homme, la transparence. Très bien, il est milliardaire et alors ? J’ai toujours été surpris par ces arguments parce qu’ils ne vont pas jusqu’au bout. C’est-à-dire que si, effectivement, Georges Soros était le bras armé d’intérêts privés, ce qui est possible, on peut l’imaginer, mais alors quels sont ces intérêts privés ? Qui est derrière Georges Soros pour faire avancer ces intérêts en Afrique ? Moi, je n’ai toujours pas trouvé.

    Ce que vous racontez dans cette BD, c’est que plus l’enquête judiciaire avance, plus certains témoins sont menacés. Il y a même eu un incendie meurtrier, écrivez-vous.

    Oui, tout à fait. Il faut rendre hommage aux parties civiles, Benjamin Toungamani, Bruno Ossébi, Grégory Mintsa, qui se sont constitués parties civiles pour faire avancer cette procédure et certains en subissent des menaces terribles. C’est notamment le cas de Benjamin Toungamani, qui a été menacé au téléphone. Ce qui est amusant, qui est assez cocasse disons, c’est qu’au bout d’un moment, il en avait tellement marre qu’il est allé au commissariat de police de son quartier [en France] pour déposer une main courante et dire qu’il était menacé régulièrement au téléphone. Et l’une des personnes qui l’appelait pour le menacer de mort appelle alors qu’il est au commissariat. Et donc la police enregistre le PV. Après, il y a Bruno Ossébi, qui est mort dans un incendie au Congo Brazzaville, ses deux filles et sa femme aussi sont mortes dans l’incendie. William Bourdon [l’avocat-fondateur de l’ONG Sherpa], lui aussi, fait l’objet de menaces répétées, récurrentes. Evidemment, les enjeux sont très importants, les enjeux financiers et diplomatiques sont importants.

    Vous racontez comment le parquet de Paris a mis des bâtons dans les roues des plaignants pendant les présidences Chirac et Sarkozy pour éviter que les plaintes ne prospèrent. Peut-on en dire autant sous la présidence Hollande ?

    Non tout à fait, ça a été une différence notable de ce point de vue là, c’est que, effectivement, sous Sarkozy ou sous Chirac, il y a eu énormément d’efforts du parquet pour étouffer l’affaire alors que, sous Hollande, les parties civiles ont noté qu’il n’y avait pas eu d’intervention, en tout cas, contre les enquêtes qui ont été engagées. Le volet congolais de l’enquête sur les biens mal acquis est bientôt terminé. Celui sur le Gabon également. Donc on devrait logiquement avoir des procès dès l’année prochaine, j’imagine.

    Je n’ai pas vu citer Emmanuel Macron dans votre livre. Pas de dessins de lui, pas de citations de son nom non plus.

    Peut-être que l’histoire nous permettra de corriger ce manquement, mais pour l’instant disons qu’il n’y avait rien à raconter, sauf à dire que la justice suivait son cours. Finalement, comme personnage de cette histoire, il n’y avait pas de raison de le faire apparaître pour l’instant.

    En octobre 2017, c’est la victoire pour ces ONG puisque Teodorin Obiang Nguema, le fils du président équato-guinéen, est condamné à trois ans de prison avec sursis par un tribunal français pour blanchiment de bien social et recel de détournement de fonds publics, et vous écrivez que, plus que Teodorin Obiang Nguema, c’est tout un système de corruption qui est condamné.

    Oui, parce que la décision de la présidente du tribunal est absolument extraordinaire à lire, parce qu’elle ne se contente pas de dénoncer Teodorin Obiang Nguema, elle dénonce l’ensemble des intermédiaires qui ont participé à ces détournements. Et ce sont de grands intermédiaires français, c’est la Société Générale, c’est la Banque de France. La Banque de France a laissé transiter par ses comptes plus de 100 millions de dollars qui ont été détournés du Trésor public équato-guinéen. [La présidente du tribunal] met en cause également les responsables politiques français. Elle explique que Robert Bourgi est venu dans son bureau, dans le cadre de l’instruction, pour expliquer qu’il avait remis une mallette d’un million de dollars à Dominique de Villepin pour que le président de la Guinée équatoriale puisse avoir rendez-vous avec Jacques Chirac et que ce rendez-vous a bien eu lieu. Tout cela était parfaitement connu des autorités françaises et cela a pu perdurer parce qu’il y a énormément de financement politique.

    Est-ce qu’en fait les chefs d’Etat pétroliers du golfe de Guinée ne sont pas plus poursuivis parce qu’ils ont commis peut-être l’imprudence de placer leur fortune en France, un pays où il y a des juges d’instruction qui travaillent, et pas aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, où peut-être les juges n’ont pas cette même combativité, ou en Suisse ?

    Il y a deux choses. Aux Etats-Unis, il faut voir que le fils de Teodoro Obiang Nguema a été poursuivi par la justice américaine. Il avait acheté une villa de 35 millions d’euros à Malibu et elle a été saisie par la justice américaine, c’est un premier point. Il faut voir qu’au Canada, les enquêtes ont été ouvertes contre la famille Bongo, contre la famille Sassou. Il faut voir qu’en Suisse, des poursuites aussi ont été engagées pour restituer des avoirs détournés. Il faut voir qu’en Espagne, aujourd’hui, la famille Obiang Nguema est également poursuivie pour des biens mal acquis en Espagne. Aujourd’hui, il reste probablement encore quelques paradis fiscaux où on doit pouvoir dissimuler son patrimoine sans trop de craintes, mais il est aujourd’hui de plus en plus difficile d’afficher ostensiblement un train de vie complètement délirant, qui est en tout cas sans rapport avec votre niveau de vie officiel.

    Mais tout de même, la France n’est-elle pas le seul pays où le délit de détournement public à l’étranger existe ?

    A ma connaissance, quand on prend le cas du Canada, ils ont ouvert des enquêtes pour recel de détournement de fonds publics. L’Espagne, c’est la même chose. Vous vous demandez d’où vient tout cet argent, surtout quand vous connaissez les conditions économiques et sociales qui prévalent dans ces pays. La vie n’est pas rose tous les jours au Gabon ou au Congo, et pourtant ce sont des pays qui pompent du pétrole depuis plus de 50 ans. Où est passé l’argent ?


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