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    Report des élections en RDC: «Il y a peut-être des défaillances à occulter»

    Pierre Jacquemot, ex-ambassadeur de France à Kinshasa, chercheur à l'IRIS. RFI

    En RDC, les élections prévues dimanche 23 décembre sont reportées au 30 décembre. Pierre Jacquemot, ex-ambassadeur de France à Kinshasa, est chercheur à l'IRIS. Pour lui, si les autorités de RDC ont refusé l'aide de l'ONU, c'est peut-être pour occulter des défaillances...

    RFI : Etes-vous surpris par ce report ?

    Pierre Jacquemot : Non, parce que les difficultés d’organisation sont considérables au Congo pour conduire à bien un processus électoral. Donc un certain nombre d’arguments qui sont évoqués par le président de la Commission électorale sont relativement fondés. Il faut savoir qu’on est dans un pays qui fait quatre fois la France, 2,3 millions de kilomètres carrés, qui ne compte même pas 3 500 kilomètres de routes asphaltées. Donc, la logistique est objectivement une très forte contrainte, et comme il y a eu déjà beaucoup d’incidents, en particulier un incendie dans lequel il a été détruit 80% du matériel destiné à Kinshasa, 8 000 machines à voter qui ont été détruites, et puis 3 ou 4 millions de bulletins de vote... Tout ceci est de nature à expliquer la décision du report.

    De fait, officiellement ce report est provoqué essentiellement par la destruction de quelque 3,5 millions de bulletins de vote dans l’incendie du 13 décembre à Kinshasa. Mais cet incendie est suspect aux yeux d’un certain nombre d’observateurs…

    On peut suspecter tout et je pense que ces observateurs sont probablement assez fondés de penser qu’il s’agit d’un incendie provoqué par des individus qui veulent absolument que le processus électoral soit retardé. Il faut savoir que l’on est dans une situation de très grande violence. La violence s’exerce déjà dans un certain nombre de provinces du pays. Cette violence est d’ailleurs inscrite dans le système politique congolais, c’est un système qui a connu déjà en 2006, on se souvient, des affrontements entre les deux principaux protagonistes qui étaient Kabila et Bemba. Donc, chaque élection est un moment très difficile à gérer. Ce sont des élections sur un fond de violence endémique.

    On sait tous les problèmes logistiques pour acheminer les machines à voter dans les dizaines de milliers de bureaux de vote à l’intérieur du pays, beaucoup de camions sont embourbés par exemple. Qu’est-ce qu’un report d’une semaine peut changer à ce problème ?

    Oui, il y a toujours 100 000 machines à voter à déplacer sur 80 000 bureaux de vote. Il y a des provinces qui sont complètement coupées du reste du monde. Vous le dites, le Bas-Uélé. Aller à Kisangani devient extrêmement compliqué par la route. Donc les choses ne vont pas changer en une semaine. Simplement, comme tout le monde le sait, on attend ces élections depuis plus de deux ans et il est difficile d’envisager un nouveau report au-delà d’une semaine, parce que là on serait dans une situation de très grande gravité politique. Alors, qu’est-ce que ça va changer ? Pas grand-chose. Simplement, il y aura, on l’espère, des bulletins de vote pour voter à Kinshasa, c’est ça la différence.

    Justement, avec un report d’une semaine, est-ce que la Céni essaie de garantir le vote dans la capitale, quitte à être beaucoup moins regardante sur la situation du vote à l’intérieur du pays ?

    C’est possible. Ceci étant, il faut reconnaître qu’il y a parfois certains miracles dans ce pays, qui est victime d’un Congo « bashing ». Il arrive certains miracles. Déjà, de pouvoir déployer en quinze jours tout le matériel électoral, certes il y a eu des incidents, c’est déjà une assez grande performance, surtout qu’il n’y avait pas les hélicoptères et les avions de la Monusco. Donc, on peut se demander si la Céni n’est pas encore en mesure de produire un tel miracle dans la semaine qui vient, du point de vue de l’installation des équipements, des bulletins, de l’observation, du décompte, etc., même dans des régions éloignées du fin fond du Kasaï. La question, à mon avis, est le fond de violence que j’évoquais tout à l’heure.

    En novembre 2011, les observateurs de l’Union européenne avaient déclaré que la présidentielle de l’époque n’était pas crédible. Est-ce aussi pour cela qu’aujourd’hui le régime ne souhaite pas la présence de la Monusco pour aider à l’organisation de ce scrutin ?

    Oui, c’est possible. Ce refus de bénéficier d’observateurs étrangers, considérés comme impartiaux, et de se priver encore plus des moyens logistiques de la Monusco, c’est possible que ça soit justifié par l’envie d’occulter des défaillances dans le dispositif, c’est sûr. Ce qu’il faut savoir, c’est mon point de vue en tout cas, c’est que le clan Kabila, qui est au pouvoir depuis 17 ans, ne voudra absolument rien céder, et il ne peut pas admettre aujourd’hui perdre ces élections. Il ne peut pas admettre que son candidat Ramazani Shadary arrive second au premier tour, et comme on sait que c’est un scrutin à un seul tour, il sera battu, c’est absolument inconcevable pour la famille. Donc tout est fait pour maintenir ce clan, d’une manière ou d’une autre, ce clan qui a des intérêts multiples, en particulier économiques. Et donc tous les moyens sont bons, en tout cas, pour entraver une observation neutre, extérieure, étrangère du processus électoral et peut-être pour manipuler le dispositif électoral à son profit. C’est inconcevable dans le système congolais que le clan Kabila soit évincé du pouvoir. Il aurait beaucoup trop à perdre et son entourage tout autant.


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